2017, mardi 13 juin

Le cri de la laitue

Dans la circonscription où je vote, il y avait, pour le premier tour des législatives 2017, pas moins de 24 candidats, 2 pour chaque mois de l’année (4 en comptant les suppléant-e-s) … Parmi eux (et elles), il y avait un ou une « animaliste » plaidant pour la justice envers nos amis les bêtes à poils, à plumes, quadrupèdes ou bipèdes ailés, poissons de toutes les couleurs, insectes piquants ou non (certains vous flanquent carrément des sales maladies … Bien fait pour nous !), gastéropodes terrestres, voire bigorneaux et autres amphibiens. Je ne parle pas des microbes et des bactéries qui prolifèrent dans les siphons de nos éviers et sur la croute de nos célèbres et enviés fromages !

Donc, ces messieurs-dames « animalistes » défendent ces bestioles que l’Eternel jugea bon de créer avant nous (cf les premiers versets de la Genèse de l’Ancien Testament qui sont, mis bout à bout, l’époustouflant premier poème de notre littérature occidentale).

A vrai dire, certains des défenseurs de la gente animale non sapientisée, souhaitent que nous négligions le roastbeef et les cuisses de grenouilles sautées au beurre et fortement persillées et aillées pour des mets végétaliens qui épargneraient, s’ils se substituaient à nos mœurs sanguinaires, les tendres agneaux que le loup ne se fera pas faute de croquer et les vifs gardons dont le brochet fera son festin.

Il est vrai que nos lointains pré-ancêtres se gorgeaient de feuilles, de fleurs et de fruits qu’une riche canopée offrait à leur appétit jusqu’à ce qu’un grand coup de froid et, subséquemment, de sécheresse, les obligeât à chercher au sol, bipédie à la clef, les aliments que la cime des arbres ne fournissait plus. Et de te croquer feuilles et surtout graines des herbes que la sécheresse épargnait, lointains prototypes de nos céréales (voyez les molaires broyeuses de nos aïeux dégringolés de leurs arbres) ! Pauvres êtres velus (les films pré-historisants sont riches d’enseignement, surtout s’ils sont en cinémascope et même en trois dimensions !) menacés à nouveau de famine par la rivalité de quadrupèdes herbivores et voraces. Heureusement, quelques carnassiers les sauvèrent en cette rude course aux subsistances végétales ; car, en dépit des récriminations de nos « animalistes » contemporains, non seulement les carnassiers mirent le holà à la concurrence déloyale que les herbivores faisaient peser sur nos pré-ancêtres ayant abandonné leurs arbres, mais, de plus, ils les initièrent aux délices de la viande crue que fournissaient les charognes qu’ils abandonnaient après s’être repus de leurs prémices.

Pas folle, la guêpe (les guêpes sont aussi des animaux charognards, friands de viandes putrides et de fruits proches du pourrissement) ! Notre pré-ancêtre, devenu notre ancêtre pour de bon parce que descendu de son arbre, jugea que l’utilisation des ongles et des dents pour s’approprier des morceaux de bidoche abandonnée par de vulgaires quadrupèdes carnivores n’était pas digne de l’étincelle de pré-sapientia qui lui titillait la cervelle (en voie d’expansion sur le très long terme). Il se mit à casser des cailloux, pas « pour mett’e su’l passage des roues », mais pour avoir de quoi trancher un morceau d’aloyau qu’il pouvait ramener incontinent à ses femelles prégnantes restées au logis. Ainsi naquirent de beaux enfants, jusqu’à sept milliards, qui, deux-trois millions d’années plus tard, peuplaient la planète Terre. Il y a environ un demi-million d’années, la technique de l’alimentation carnée se perfectionna par la domestication du feu et l’invention consécutive du pot-au-feu.

Depuis, la pollution par dégagement de particules fines et de pets d’herbivores, carnivores et omnivores (sans compter le CO2 que rejettent leurs poumons) s’aggrave de jour en jour, surtout qu’après la révolution technologique de la pierre cassée puis taillée, il y a eu celle de l’agriculture ! Ça s’est passé environ 10000 ans d’ici, pour cause de réchauffement climatique (déjà !) avec la constitution de champs labourées et de prairies grasses dans lesquelles broutèrent des troupeaux de vaches, de chèvres et de moutons. Les dieux savent combien ça pète, ces bêtes-là !

Celles-là mêmes dont le sort émeut les « animalistes » se présentant aux élections législatives de 2017 ! Tout en dénonçant, à juste titre, l’abattage parfois cruel de ces troupeaux destinés à l’alimentation des hommes, ils préconisent la diminution, voire la disparition de la consommation de viande. Moins de troupeaux, moins de méthane (encore que les prouts végétalisés de 7 milliards d’hominidés soient à prendre en compte…), moins de pollution. CQFD !

Donc, le végétal primant dans nos assiettes est l’avenir de l’Homme tout autant que celui de la Femme. Retour aux sources.

Que dit le végétal dans tout ça ?

Si l’on en croit l’actuelle publicité d’une grande marque d’oléagineux, les plantes, par capitalistes interposés, sont fières de ne pas produire de CO2. Les « scientifiques » qui dénoncent les émissions de CO2 induites par la circulation de nos automobiles et de nos chaudières, cautionneraient-ils cette imbécilité d’ignorants ? Il faut le croire puisque nos vieux profs de « sciences nat. » qui nous ont bourré le mou en prétendant que les plantes qui se nourrissent de CO2 en produisent aussi puisqu’elles respirent, n’ont qu’à mettre une croix sur leur enseignement vieux jeu : la vieille science aux greniers sinon aux poubelles de l’histoire ! Et place aux conneries rayonnantes de notre destinée future !

Bon. Admettons que l’argument CO2, en pour ou en contre, ne tienne pas face à la victoire annoncée (pas aux législatives, en tous cas …) de nos « animalistes » plus ou moins végétaliens. Mais notre bienveillance, mais notre sollicitude, mais notre pitié devant la souffrance végétale ?

En ce beau « temps des cerises » retrouvé, qui songe, en mordant dans leur rouge et juteuse pulpe, à la souffrance qu’elle endure ? Et cette pomme de terre, dont on fignole le dépiautage avant de la tronçonner férocement avec l’acier de nos couteaux pour finalement l’ébouillanter, ses plaies encore toutes suintantes d’amidon, dans l’huile brûlante de nos friteuses ? Ô temps barbares, plus féroces que le Moyen-Age qui, au moins, épargnait la pomme de terre !

Et toi, tendre laitue dont on a arraché les entrailles à celles de la terre nourricière, dont on a tenté de noyer les feuilles avant de les lacérer pour les tremper dans l’amère vinaigrette, qui, lorsqu’elles sont broyées par les dents impitoyables des gourmets en laissant s’échapper leur douce laitance, qui entend ton ultime plainte ?

Arsa arsa2.png

2017, dimanche 23 avril

Vite et sans panique

Mes remerciements vont

à Ahmed qui sans hésiter m’a menée auprès de l’équipe performante de la Pitié-Salpêtrière,

à cette équipe de médecins, infirmiers, soignants et agents de vie quotidienne qui m’a prise en mains du 28 mars au 5 avril 2017,

à Marie-Laure qui fut une « visiteuse hospitalière » souriante, dévouée et efficace.

Dans la soirée du 28 mars, alors que je terminais mon dîner, j’ai trouvé que le morceau de gâteau que je mâchais n’était pas bon, qu’il avait une consistance déplaisante, que pour le rouler dans ma bouche puis le déglutir, j’éprouvais de la difficulté. Il restait un biscuit sur l’assiette que j’ai prise pour la mettre au réfrigérateur. C’est alors que j’ai vu mon bras droit qui pendait lamentablement le long de mon flanc … Dans la salle d’eau, il résistait à mon intention qu’il mette ma main droite sous le robinet pour la laver.

Je suis allée m’assoir sur une des banquettes dans la partie du studio plongée dans l’obscurité ; et j’ai pensé à ce qu’il fallait faire … Me reposer ? Attendre demain matin ? Aller immédiatement à l’hôpital ? Il me semblait que ce bras qui pendait, inerte, trahissait un AVC qu’il faut traiter dans les 5 ou 6 heures qui suivent pour éviter des complications graves. Je pensais à cela sans aucune panique.

Je me suis levée, j’ai mis mon manteau, j’ai pris mon sac et j’ai, avec la main gauche, fermer la porte à clef. Mon intention était d’aller à l’hôpital de La Pitié-Salpêtrière qui est proche de mon domicile. Le soir, les accès donnant sur le boulevard Auriol sont fermés. Il faudrait que je prenne des petites rues pour rejoindre le boulevard de l’Hôpital et la seule entrée ouverte la nuit pour gagner les urgences de La Pitié. En sortant de mon immeuble, j’ai vu que le bar voisin était encore ouvert. Je suis entrée et, à ce moment-là, j’ai constaté que je ne pouvais plus parler de façon intelligible. Le patron a tout de suite compris. Il a dit aux deux consommateurs qui étaient encore-là qu’il leur confiait la boutique et m’a embarquée dans sa voiture. Je n’arrivais pas à mettre la ceinture ni à proférer une seule phrase cohérente, ce qui m’a énervée. Arrivés à l’entrée de La Pitié, on nous a laissé passer sans difficulté, mon chauffeur ayant immédiatement signalé qu’il me menait aux urgences. Je devais avoir la tête de l’emploi !

Aux urgences, Ahmed, m’a installée dans la salle d’attente, a récupéré ma carte d’identité qu’il a confiée à l’accueil ; puis il est reparti s’occuper de son bar. Comme d’habitude, je n’avais ni carte vitale ni rien permettant d’attester que j’étais assurée sociale, sauf un bout d’ordonnance que j’ai porté à l’accueil, sans pouvoir réussir à énoncer les explications que j’avais en tête ; on m’a assurée que tout était en règle et que je n’avais qu’une chose à faire : retourner dans la salle d’attente jusqu’à ce qu’on s’occupe de moi.

Pour patienter, j’ai pris le livre que j’avais dans mon sac (un livre sur les paroisses de Paris au Moyen-Age !...) Je lisais une phrase correctement sauf qu’à la fin de cette phrase, je ne savais plus très bien quel en était le début.

Très vite, un interne m’a appelée. Je n’avais pas de problème pour marcher ; il n’y avait que ce bras qui pendait et l’élocution qui ne permettait pas qu’on comprenne ce que j’avais à dire. Au questionnaire sur mon état de santé, sur les médicaments que je prenais, j’étais incapable de répondre de façon compréhensible pour un tiers et pour moi-même. Un moment, pourtant, j’ai réussi à énumérer presque facilement ces fameux médicaments dont habituellement je ne retiens guère les noms, laissant l’habitude de les prendre se substituer à la maîtrise de leurs dénominations et de leurs posologies détaillées … Puis mon verbiage est redevenu inintelligible pour un quelconque auditeur. L’interne est sorti. J’ai pris mon agenda et un stylo ; sur les dernières pages du mois de décembre, j’ai écrit la liste des médicaments ; j’ai plutôt tenté de l’écrire de la main gauche … L’aspect de l’écriture et les mots tracés m’indiquaient clairement, si je puis dire, que la bouillie de mes paroles valait bien celle de mon écriture !

L’interne est revenu avec un aide-soignant et un fauteuil roulant. J’ai, en cet équipage, traversé toute la salle d’attente pour me retrouver dans une grande pièce médicalisée. Installée désormais sur un brancard, je me suis retrouvée torse nu avec, je pense, une batterie d’électrodes. A vrai dire, j’étais très consciente de ce qui se passait autour de moi et en même temps ma mémoire n’a pas capté tous les détails du déroulé des premiers soins qui m’étaient prodigués. Il y a eu une prise de sang à l’intérieur de l’avant-bras gauche (quinze jours après j’en avais toujours la marque) ; il y a eu une pose de cathéter sur l’avant-bras droit inerte et, sans doute, au bout des tuyaux, une poche de quelque chose … Des sédatifs peut-être. Des anticoagulants ?

Il y avait une femme assise auprès de moi – était-ce celle de la prise de sang ? Je ne sais pas – quand en face de nous une porte à double battant s’est ouverte devant deux ou trois jeunes gens bruyants et se disposant à entrer. La femme a agité la main en leur ordonnant de se retirer et d’attendre. Puis elle a dit, me semble-t-il, « Qu’est-ce qu’il ne faut pas voir ! » d’un ton à la fois enjoué et désabusé. Une autre femme souriante s’est approchée de moi en me disant : « Comme on se retrouve ! Nous nous sommes vues à l’accueil tout à l’heure. Je peux prendre votre bague ? » Elle l’a retirée de mon annulaire gauche qui était parfaitement conscient, lui, des gestes qu’il faisait ! Puis elle s’est installée avec mon grand sac en faux croco (dix euros au marché de Château-Renard !) à l’autre bout de la pièce. En la voyait fourrager longuement dans ce sac, en sortir une masse de choses, ouvrir des pochettes, examiner portefeuille et porte-monnaie, je n’avais pas envie de protester – j’en aurais été bien incapable étant donné que ma parole était devenue sans signification – mais je me sentais rassurée ; je ne savais pas pourquoi elle faisait cela, de même que j’attendais sur mon brancard sans savoir ce que serait la suite des évènements ; mais je faisais partie pour l’instant du décor familier de ces femmes qui à un moment ou un autre s’occupaient de moi. N’étais-je pas venue aux urgences pour qu’on s’occupe de moi ? Et même si l’attente était longue - d’ailleurs par quoi pouvais-je estimer sa durée ? - c’était de moi qu’on s’occupait. Je ne m’impatientais pas.

Deux hommes sont apparus avec une étrange machine à roulettes, peinte comme une girafe à quoi elle ressemblait avec son cou replié mais qui se redressait pour les examens qu’elle permettait de faire : un équipement radiologique ambulant ! A vrai dire, j’avais oublié cette visite. Mais quelques jours plus tard, alors que j’étais à l’étage de l’hospitalisation de l’Unité Neuro Vasculaire, j’ai vu le trio (deux hommes et leur machine-girafe coloriée) passer ; alors, seulement, je me suis souvenue qu’il m’avait rendu visite dans la première phase de ma prise en charge par les urgences.

La survenue de brancardiers m’a installée de position assise qui était la mienne jusque- là en position allongée, et cela pour plusieurs heures, avec parfois des transbordements d’un brancard à l’autre à l’aide de draps manipulés par des infirmiers et des aides-soignants. Cela pèse lourd un corps de malade auquel on demande de se laisser faire … Me voilà dans des couloirs dont je ne perçois que les plafonds, qui bifurquent, assez faiblement éclairés, avec à mes côtés un radiologue qui m’incite à rester calme. Je n’ai pas l’intention de m’agiter : je voudrais qu’on m’explique ce qui m’attend. Mais les mots ne veulent pas obéir aux questionnements que je souhaite faire !

Puis, je suis dans une pièce où j’apprends que je vais subir une IRM. Je connais ; mais pas pour le cerveau.

Mes souvenirs sont précis – les boules dans les oreilles car « ça fait beaucoup de bruit », me dit-on, et l’alarme qu’on me glisse dans la main pour prévenir en cas de panique pendant l’examen. Je sais que ce sera long ; cependant, même si la durée de cette IRM m’a paru effectivement longue, cela ne m’a jamais semblé interminable. A la lecture que j’ai faite depuis du compte rendu de mon hospitalisation, je me rends compte que les interventions auxquelles j’ai été soumise pendant cette nuit du 28 au 29 mars 2017 ont duré longtemps (par exemple thrombolyse à 3 h et recanalisation par thrombectomie à 4h30)*. Or, je n’ai pas l’impression d’avoir dormi pendant toutes les procédures de soins et je n’ai pas non plus ressenti que cela durait si longtemps. Est-ce l’effet de ma pathologie du moment ou celui des médicaments administrés par perfusion ? Il faudra que je pose la question si l’occasion s’en présente.

Toujours est-il qu’à peine sortie de la machine de l’IRM, et pendant que le radiologue qui me conseillait tout à l’heure de rester calme m’annonce que je vais être entre de bonnes mains, je suis mise sur un nouveau brancard, couverte par je ne sais quoi et transbordée dans une camionnette-ambulance qui se lance à toute vitesse dans la nuit noire et dévale vers la Salpêtrière. Cela, je le comprends, même si, sur le coup, je ne réalise pas vraiment quel itinéraire nous parcourons. En fait, c’est très simple ; en sortant des urgences qui se trouvent à la Pitié et donnent sur l’avenue de la Nouvelle Pitié, nous l’avons prise à droite puis, en tournant à gauche à son extrémité, nous avons descendu la Rampe, plutôt raide, qui rejoint la Salpêtrière proprement dite. Cette Rampe est parallèle au bd Auriol qui, partant de la Place d’Italie, s’achève à la Seine. Elle change de nom et devient la rue Esquirol** à l’intersection avec l’Allée Le Vau qui se prolonge hors les murs de l’hôpital par une partie de la rue Bruand, du nom du constructeur de la superbe chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière. L’ambulance a longé le flanc ouest des installations de stomatologie puis, à peine coupée l’avenue de l’Hôpital Général, elle s’est engouffrée, à droite de notre route, sur le plan incliné bétonné qui mène au sous-sol des services de neurologie cérébrale BABINSKI***. C’est là que sont installés les équipements les plus performants de cette branche de la médecine et de la chirurgie et que se traitent, entre autres, les urgences neuro-vasculaires dont mon cas relevait.

Ce que j’appelle la salle des opérations était éclairé sans violence. Je garde l’impression que la lumière tirait vers le vert ; mais sans doute est-ce par la contamination que j’ai faite avec les tenues vert-pâle réservées aux blocs opératoires. Il y avait deux hommes, barbus, dont l’un portait déjà un masque. C’est lui qui m’a parlé puis expliqué le déroulé des évènements dont, manifestement, il était l’ordonnateur et le coordinateur. Il avait une voix claire et avenante. Je n’ai pas entendu parler l’autre qui a procédé à l’intervention corporelle proprement dite.

Il y avait quelques femmes coiffées de vert, assises près d’écrans dont, sans lunettes et couchée sur le dos, je ne pouvais suivre les images ; l’une d’elles n’avait pas la coiffe réglementaire, mais une sorte de haut turban drapé dans un tissu aux couleurs vives où dominait le rouge. C’était incongru et très seyant. Nue comme un ver, on me plaça sous une grande machine émaillée du beige radiologique. Placée comme j’étais, je ne voyais pas la caméra qui certainement permettait de suivre et surtout de commander les manœuvres opératoires. Une des femmes près de moi me dit qu’on allait raser mon aine droite et une partie du bas ventre, ce qui, selon elle n’était pas agréable. Ce fut le barbu taciturne qui s’en chargea pendant que l’autre homme, placé loin derrière moi, me recommandait de tenir ma tête bien droite et me prévenait qu’il y aurait des moments où je sentirai de la chaleur et qu’il ne fallait pas que je m’en effraye.

Une fois l’épilation terminée, le taiseux resta seul auprès de moi. Je n’ai pas senti l’incision par laquelle fut introduite la sonde exploratoire que tout au long de l’intervention il guida avec le plat de ses doigts. Lors de la coronarographie que j’ai subie en 1994, l’incision de l’artère fémorale avait provoqué un hématome d’autant plus impressionnant que quelques heures plus tard « un épisode de mort brève » par arrêt circulatoire entraîna un complet bouleversement dans la suite jusque-là prévue des évènements ! Cette fois-ci, rien du tout … Juste un minuscule petit pansement qui, une fois parti sous la douche, laissait sous le doigt une très légère protubérance vite disparue elle aussi. J’ai senti cette chaleur annoncée ; mais rien d’excessif. Puis les mains ont cessé de faire progresser la sonde et le chirurgien de sa voix avenante a dit : « C’est fini ! ». J’ai levé mon bras droit qui fonctionnait comme il faut et dit d’une voix claire un « Merci » sonore et de nouveau plein de sens.

L’équipe semblait s’ébrouer après la tension de l’intervention. Pendant qu’on me réinstallait sur un autre brancard après m’avoir enfilé une chemise de l’hôpital, j’ai entrevu le radiologue de la Pitié qui était venu jusqu’à BABINSKI prendre des nouvelles de l’AVC de la nuit ! Tout le monde, moi y compris évidemment, semblait soulagé et content du travail accompli et bien fait. Cette salle d’opération, cette équipe chirurgicale ont sans doute connu des fins d’intervention beaucoup moins optimistes que celle de cette nuit du 28 au 29 mars 2017.

J’ai été conduite en salle de réveil où je suis restée longtemps, souffrant d’une forte incontinence urinaire parce que, je l’ai su plus tard, l’intervention de « recanalisation par thrombectomie » exige un important approvisionnement du corps en eau … De petits inconvénients accompagnent la grande réussite du sauvetage complet d’un patient – en l’occurrence une patiente – frappé d’un AVC ! Une femme très souriante s’est approchée de moi dans la pénombre pour demander de mes nouvelles. Ses cheveux blonds, ondulés, encadraient son visage. Je l’ai pourtant immédiatement reconnue : c’était la belle enturbannée qui avait abandonné sa coiffe éclatante !

Plus tard, j’ai été transportée par des couloirs dont je ne voyais que les caissons des plafonds jusqu’à l’ascenseur qui m’a conduite au rez-de-chaussée du bâtiment dans un boxe du service des soins intensifs où je suis restée jusqu’au vendredi 31 mars.

Dès mon arrivée, après quelques examens systématiques de la température, de la tension, de la glycémie (en une semaine mes doigts furent tous « plus becquetés … que dés à coudre »****), ce fut la pose d’une sonde urinaire après une rapide échographie montrant que ma vessie était au maximum de ses capacités de rétention … Cet acte prosaïque se prolongea un tant soit peu parce que l’infirmier de service, au demeurant efficace et charmant, souhaitait initier une stagiaire à l’exercice en question. Ce fut un peu long, plutôt inconfortable ; mais en possession de tous mes moyens moteurs et surtout d’élocution, je décidais de ne pas faire un drame de cet intermède. A vrai dire, j’étais claquée et aspirais à dormir, ce qui, dans un service de soins intensifs, est problématique. Il y a toujours une prise de sang à faire, une tension artérielle à prendre, une perfusion à changer, une injection d’insuline à pratiquer, quand ce n’est pas, de jour et de nuit, une excursion au scanner ou à l’IRM ! Mais cela fait partie de l’accompagnement médical nécessaire à la guérison. Donc, je ne bronche pas !

Après un assoupissement plutôt qu’un vrai sommeil, les activités de la première équipe de jour me trouvèrent disposée à ne pas leur faire d’obstruction pourvu qu’on me fournît un téléphone ; il fallait que j’informe mon amie Marie-Claude, vivant à Blois et à qui je téléphone tous les matins pour prendre de ses nouvelles, et de mon hospitalisation nocturne, et du tour favorable que prenaient les suites de mon AVC. Il fallut répéter l’appel plusieurs fois car ma belle amie avait pris ce matin-là un rendez-vous chez le coiffeur … Elle n’a pas de portable …

Il n’est pas possible de s’ennuyer en soins intensifs de neurologie. Défile en effet un nombre impressionnant de personnes qualifiées qui vous demandent votre nom, votre date de naissance, celle exacte du jour présent … Quelques jours plus tard alors que j’étais à l’étage supérieur, celui de l’hospitalisation ordinaire, j’ai répondu que nous étions le 1er avril et que ce n’était pas une blague ! Histoire de détendre l’atmosphère …

Mais ces visiteurs demandent aussi de citer le plus possible de noms de fruits commençant par P, ou de retenir les couleurs de 5 objets dont ils vous montrent les images avant de les escamoter, ou de faire du calcul mental, ou d’autres choses permettant de tester la parole, la mémoire, la réactivité, la gestuelle du patient … L’une de ces personnes aidant à évaluer les conséquences d’un tel AVC m’a dit que j’étais sa meilleure élève ; ce qui allait dans le même sens que la remarque faite par téléphone à mon amie Marie-Claude, enfin mise au courant, que cet AVC ne me laisserait aucune séquelle. Je pense que cette information fut donnée par la même dame médecin que j’ai vue en coup de vent et qui m’a dit qu’il fallait informer les éventuelles futures victimes d’AVC, et surtout les témoins de ces accidents, de la nécessité de faire intervenir les équipes soignantes sans délai, comme ce fut le cas pour moi.

Le récit que j’ai entrepris de faire de ce qui m’est arrivé le 28 mars 2017 vers 21h30, alors que j’étais seule, répond en partie à cette impérieuse nécessité de faire savoir qu’en cas d’AVC, c’est la rapidité de l’intervention médicale qui est la meilleure garantie d’une sortie d’accident sans trouble majeur.

En 2003, j’ai perdu ma jeune sœur d’un cancer. Au cours de la cérémonie funèbre, j’ai pris la parole pour dire que si les membres de l’assistance étaient sollicités par des organismes de santé pour répondre à des enquêtes, il fallait accepter de répondre sincèrement car cela permettait d’établir par des statistiques, de bon aloi pour une fois, les profils des personnes à risques pour telle ou telle affection et que l’établissement de ces profils permettait la prévention qui fait reculer la morbidité et améliore l’état sanitaire de la population. Moi-même, je réponds depuis plusieurs dizaines d’années – au moins trente ans – à une enquête menée par l’INSERM pour prévenir le cancer du sein.

Ce récit s’inscrit donc dans cette logique sinon de prévention du moins de connaissance du bon geste à faire afin de limiter l’impact de l’AVC.

Dans l’après-midi du 29 mars, j’ai eu le grand plaisir de recevoir la visite de Marie-Laure, la fille aînée de Marie-Claude. Elle habite dans la région parisienne. Elle a perdu son mari récemment et deux de ses amies ont été victimes d’un AVC fatal … Elle m’apportait quelques babioles de confort, eau de toilette, petit savon, … et le livre du Dr Jill Bolte Taylor, neuro-anatomiste américaine, qui raconte, dans Voyage au-delà de mon cerveau, l’accident vasculaire dont elle fut victime en 1996 et sa longue rééducation. Elle me proposait, surtout, d’aller chez moi pour m’en rapporter des objets de toilette, du linge, un peignoir, quelques livres et surtout mon téléphone portable et son chargeur. Mais pour aller chez moi qui se trouve être très proche de l’hôpital, il faut la clef … Or, dans mon précieux sac en faux croco que j’avais récupéré, il n’y avait point de clef … La dame qui explorait ce sac la veille au soir avait mis tous les objets précieux – la clef bien entendu, mais aussi la monnaie, le permis de conduire, l’assurance, les cartes de train, les tickets de métro, … et la bague ! – au coffre de l’hôpital, bien en sûreté. Chapeau !

Une signature. Un commissionnaire qui apporte la clef … Voilà Marie-Laure en route pour la rue Clisson où elle récupère ce dont j’avais besoin, où elle fait la vaisselle, car tout était resté en plan, éteint les ordinateurs, arrose les pots de fleurs, ferme les volets … et va voir Ahmed pour le rassurer sur mon sort. Et rapporte une boîte de chocolats pour l’équipe de l’après-midi ! A son retour, nous papotons un peu ; puis elle reprend le chemin de sa banlieue. Coup de téléphone : elle a emporté mon précieux trousseau de clefs ! Je la dissuade de revenir et lui souhaite bon voyage car, le lendemain, elle part voir des amis dans l’ouest de la France. Mon téléphone me permet de joindre un de mes voisins qui a un double de mes clefs. Il le déposera chez Ahmed ; et quand mon hospitalisation prendra fin, je n’aurai aucun problème pour rentrer chez moi. Jill Bolte Taylor fut privé pendant longtemps des ressources de son cerveau A, celui de la conceptualisation, en particulier, et du temps chronologique (je suis agrégée d’histoire …), et elle fit l’expérience de la prédominance de son cerveau B, celui de la jouissance de l’instant présent qui prend la dimension de l’éternité quand il est seul à réagir. Je n’en étais pas là ; mais je décidais de prendre la vie du bon côté sans me soucier des emmerdements ni des emmerdeurs ! Serment d’ivrogne ? On verra bien !

Le kinésithérapeute***** vint aussi me voir ; mais il ne pût pas grand-chose pour moi puisque la sonde urinaire m’interdisait les déplacements !

Je suis restée au service des soins intensifs du mercredi au vendredi. A la mi-journée du 31 mars, j’ai gagné l’étage supérieur, toujours avec ma sonde qui réduisait considérablement mon espace de liberté. Toutefois, en fin d’après-midi, avant de terminer son service, l’infirmière a accepté de retirer cette entrave à la libre disposition de mon corps. Cela dit, je dus recourir au bassin puisque l’autorisation de me lever ne m’avait pas été donnée ni par un médecin, ni par le kiné. La nuit du vendredi au samedi (premier avril) fut particulièrement déplaisante avec les bassins et la nécessité de boire beaucoup : le mythe de Sisyphe à l’envers et en moins philosophique !

Le samedi matin, j’ai eu l’autorisation de me lever. J’ai pris une douche et me suis habillée. Il faisait un temps superbe ; mais je ne suis pas sortie. J’ai réservé la promenade pour le lendemain et le surlendemain.

Le parc de la Salpêtrière est un lieu enchanteur avec ses beaux arbres et ses chants d’oiseaux, dont l’équipe de jardinage entretient avec soin les massifs qui débordent de couleurs et de parfums en ce début de printemps. Je le connais bien pour l’avoir traversé souvent en allant de chez moi à la gare d’Austerlitz d’où je pars pour le val de Loire. Mais le plan vigie-pirates et l’état d’urgence ont fermé la sortie monumentale donnant sur le bd de l’Hôpital en contrebas de l’entrée de l’hôpital de La Pitié et, du même coup, le raccourci que j’empruntais pour aller à la gare.

Il y a, au milieu de cet écrin préservé par l’extension des bâtiments hospitaliers, un des plus beaux monuments du XVIIème siècle de Paris, la chapelle royale dédiée à Saint-Louis, grandiose sans faire naître un sentiment d’écrasement, lumineuse et recueillie… Ces deux jours consacrés pour partie à la promenade m’ont permis de rafraîchir ma mémoire. Entre la clôture isolant l’hôpital du bd Auriol et la rue Esquirol à l’intérieur, une rue du Mur des Fermiers Généraux rappelle l’emplacement de cette barrière d’octroi qui, au XVIIIème siècle, isolait Paris de sa proche campagne. Ailleurs, une plaque évoque « les filles du Roy » qui par centaines, dont certaines prises parmi les femmes enfermées à la Salpêtrière, furent envoyées au Canada pour y hâter le peuplement. A nord, le terrain bute sur les voies de chemin de fer au-delà desquelles se poursuivent les constructions du nouveau Paris-Rive gauche. Ces constructions ont en vis-à-vis les bâtiments de l’intendance hospitalière, les immenses lingeries mais aussi les serres … Une véritable ville dans la ville avec sa clairière de pelouses et d’ombrages.

La veille de mon départ, le mardi 4 avril, Marie-Laure est revenue me voir avec livres, linge de toilette et …mes clefs ! Quand je l’ai raccompagnée, il y avait un vent piquant qui faisaient s’envoler les pétales roses et blancs des arbres bordant l’avenue de l’Hôpital Général.

Alors que j’étais désormais libre de mes mouvements, j’ai subi deux nouveaux examens : un doppler pour l’examen des carotides et une échographie cardiaque. En effet, limiter au maximum les effets de l’AVC est une chose ; en rechercher les causes pour en prévenir la récidive, en est une autre ; c’était à quoi devaient répondre ces nouveaux examens ainsi que ceux prescrits avec de nombreux médicaments le jour même de ma sortie.

J’avais récupéré le précieux contenu de mon sac, le tout soigneusement emballé dans deux pochons cartonnés, et j’attendais le médecin qui devait officialiser cette sortie, quand une jeune femme qui avait joué son rôle dans mon suivi post-opératoire, est venue me dire au revoir et me souhaiter un complet rétablissement. Je l’ai remerciée et, à travers elle, tous les intervenants qui, depuis la nuit du 28 mars, ont tout fait pour me remettre dans la vie.

Il n’était pas midi quand j’ai quitté la Salpêtrière et sa jonchée de pétales odorants.

*Dans une autre partie du compte rendu les indications horaires semblent diverger : il est question « de thrombo-aspiration distale permettant une recanalisation… à 1h55 »…

**Jean Etienne ESQUIROL (1772-1840), médecin aliéniste, succéda comme médecin chef de la Salpêtrière à Philippe PINEL (1745-1826) dont l’apport aux malades aliénés avait été de les traiter avec humanité, en particulier en acceptant de les débarrasser de leurs fers.

*** Joseph BABINSKI (1857-1932), médecin neurologiste, fut l’élève préféré de Jean-Martin CHARCOT (1825-1893), un des fondateurs de la neurologie et de la psychiatrie modernes. Ce maître enseignait à la Salpêtrière qui, d’asile où étaient relégués, au XVIIème siècle, les pauvres errants que la société et le roi considéraient comme dangereux, devint vite une institution de relégation pour femmes puis progressivement un hôpital pour malades mentaux et surtout pour malades mentales … La tradition neurologique de l’hôpital de la Salpêtrière plonge ses racines dans un passé douloureux que la science a permis peu à peu de transformer en un service public de santé de très grande qualité, à préserver précieusement et à faire progresser encore pour le bien commun. ''
**** Souvenir de la Ballade des pendus de François VILLON …''

***** En tapant ce récit, je constate deux choses : je fais un peu plus de fautes d’orthographe qu’avant et certains mots, comme celui de kinésithérapeute, me demande un certain délai de réflexion pour que je les orthographie correctement. Est-ce une coïncidence ? Est-ce la réorganisation des connections neuronales qui prend un certain temps à devenir immédiatement réactive ? Est-ce parce que je prends de l’âge ? J’élimine cette dernière hypothèse puisque je ne veux pas me laisser piéger par les emmerdements ! Après mon accident circulatoire de 1994, j’ai eu quelques problèmes avec les heures de train et avec la chronologie de la Guerre de Cent Ans ; mais c’est vite rentré dans l’ordre. Il est vrai que j’avais 23 ans de moins … Serment d’ivrogne ?

Arsa arsa2.png





Ce texte est publié sur le blog « etc. pour la République » qu’on peut atteindre par la page d’accueil du site www.snca-nat.com

2017, jeudi 23 mars

Francophone ou fr-on-cophone ?

Il y a quelques jours, c’était la journée internationale de la femme, destinée à dénoncer et condamner les violences dont les femmes sont trop souvent les victimes.

Aujourd’hui, c’est la journée de la francophonie … A entendre toutes les entorses faites dans son pays d’origine à la langue française, on peut se dire que la violer n’est pas le meilleur moyen pour lutter contre les violences faites aux femmes.

Cette manie de féminiser les substantifs masculins en les affublant d’une terminaison en –e, qui perd alors sa caractéristique d’e muet puisque, pour bien montrer à quel point on est « féministe », on souligne cette incongrue finale en la prononçant –eu ! Sans oublier de faire précéder ce monstre langagier par l’article défini ou indéfini au féminin !

Madame la procureur-eu, une professeur-eu.

Comme si les substantifs masculins ne se terminaient jamais par un –e … Un homm-e, ça prend bien un –e à la fin que personne ne s’avise encore de prononcer –eu. Mais ne désespérons pas ; cela nous pend au nez !

La langue française comme toute les langues du monde, ne date pas d’hier et s’est constituée de strates et d’accidents, qui sont survenus et se sont déposées au fil du temps.

Le droit français vient tout récemment de s’enrichir de la notion transgenre … Quand le procureur sera transgenre de quel article fera-t-on précéder ce mot et avec quelle terminaison le déguisera-t-on ? Le ridicule ne tuant pas –c’est dommage car pas mal de « cheffes » recrutées sur profil pourraient alors débarrasser le plancher et laisser leur place à des gens qualifiés – il y aura sûrement une invention qui vaudra bien le –eu si bêtement féministe !

Profitons de cette belle journée de la francophonie pour dire un mot de la prononciation dans le vent. Le Président François HOLLANDE a pris le train, par exemple, devient ainsi, dans la bouche de personnes bien élevées, le Présid-on Fr-on-çois HOLL-ON-DE a pris le tr-an. Il y a aussi la manie de certains présentateurs professionnels (des deux sexes d’ailleurs) de faire du –a la voyelle à tout faire : A-ve RUGGI-A-RI, pour Eve RUGGIERI ; et ceux qui mettent des –ill après toutes les finales : bonne journée-ill… !

Tout cela est odieux. Quand ce sont des journalistes qui parlent ainsi, on se demande ce qu’ils ont appris dans leurs écoles de journalisme. Sûrement pas le respect de la langue française ni celui des oreilles de leurs futurs auditeurs.

SFDB, premier jour du printemps 2017

Arsaarsa2.png

2017, lundi 20 février

Entendront ceux qui veulent bien entendre !

Ce matin (lundi 20 février 2017) RIEN sur le site de la Mairie de Jonquières (84), RIEN non plus sur le site de la sous-préfecture de Carpentras chargée de coordonner l’action des forces de l’ordre et des secours, il est vrai que nous sommes dimanche « Sunday close ! ».

Et puis à quoi bon ! Monsieur le sous-préfet affirme à juste titre que nous sommes passés à côté du pire, en clair il n’y a pas eu de victimes, pas de mort, pas de blessés, même légers, alors pourquoi se soucier effectivement de la mise en place d’une cellule psychologique pour aider à gérer le stress engendré par près de deux heures apocalyptiques, au moins pour les habitants les plus proches du sinistre, dans une nuit noire provoquée par une coupure de courant sur pratiquement toute la commune de Jonquières !

Je ne suis même pas sûr que l’alarme ait été mise en route pour signaler à la population un accident grave sur la commune !

À quoi bon effectivement !

Circulez Messieurs dames il n’y a plus rien à voir à Jonquières, veuillez reprendre vos occupations comme s’il ne c’était rien passé !

Mais peut-être qu’à Jonquières tout le monde ne l’entend pas de cette oreille (doux euphémisme après ce boucan d’enfer) … des grincheux sans nul doute !

Des pisses-froid ou des pisses vinaigre… des opposants quoi ! des comploteurs… j’en passe et des meilleures !

Enfin Jonquières fait parler d’elle dans tous les médias, soyons heureux, positivons !

NOTA : Quelques précisions très importantes sur la situation géographique de Jonquières ;

Jonquières est construite dans la plaine alluviale de Rhône et de son affluent la tristement célèbre Ouvèze, une grande majorité de la commune est classée zone inondable.

Elle est enclavée entre la Base aérienne de Caritas sise sur la commune d’Orange, à peine 2 km à vol d’oiseau, et le complexe nucléaire de retraitement des déchets radioactifs de Marcoule (20 km à vol d’oiseau), ainsi que 30 kilomètres plus haut sur les bords du Rhône, la centrale nucléaire EDF vieillissante du Tricastin et un barrage à la fois hydroélectrique et de régulation des crues du Rhône au niveau de Caderousse, sans oublier Phénix centrale nucléaire elle aussi à Chusclan.

Jonquières est donc soumise à des risques d’explosions du ou des dépôts de munitions de la base aérienne, d’un double risque d’inondation à cause de sa proximité géographique du Rhône et de l’Ouvèze, et sous le vent dominant du Mistral qui peut la toucher rapidement lors de fuite radioactive sans la mettre non plus à l’abri d’un incident majeur du type de Fukushima ou de Tchernobyl, cela n’arrive pas qu’aux autres.

Cette triple épée de Damoclès devrait être plus que suffisante pour que ceux qui ont la charge de la sécurité civile (Mairie et Préfecture) prennent plus au sérieux la catastrophe de vendredi soir (17 février 2017) où le pire aurait pu se produire par l'absence totale de consignes de sécurités élémentaires à la population, par téléphone, par haut-parleur, par des sirènes en nombres suffisants pour être entendue par tous les Jonquièrois !

Voilà c'est dit !

Raymond

2017, dimanche 5 février

Un fou de dieu (ou un fou tout court) s’attaque au Louvres

Les Rendez-vous de l’Histoire sont nés, il y a de nombreuses années déjà, sous l’égide de Jack LANG, alors maire de BLOIS. Tous les ans, ils se tiennent dans la première quinzaine d’octobre pendant que la plus grande librairie de livres d’histoire du monde tient salon au cœur de la ville royale où Louis XII et François Ier tinrent leur cour.

En 2016, j’ai réussi à assister à un seul débat. Il portait sur Palmyre que Daesh n’avait pas encore reprise.

Les protagonistes du débat étaient, d’un côté, Maurice SARTRE, mon professeur d’histoire ancienne qui m’a fortement incitée en 1986-87 à poursuivre mes efforts pour réussir le concours de l’agrégation d’histoire – il a eu raison – et sa femme, Annie SARTRE, tous deux spécialistes de la SYRIE hellénistique et romaine, et de l’autre, l’académicien Dominique FERNANDEZ, dont l’œuvre littéraire ne me laisse pas indifférente.

A vrai dire, le sujet du débat n’était pas Palmyre dont il fut pourtant abondamment et prioritairement question, mais ZENOBIE*, grande figure de cette cité romaine des confins irako-syriens veuve d’un certain ODAINATH qui, ayant triomphé des Perses Sassanides en 260 après JC, s’était proclamé Roi des Rois. C’est la raison pour laquelle on parle de la Reine ZENOBIE ; mais elle n’est en rien, pour autant, reine de Palmyre.

Cette veuve, cette ZENOBIE, ou BETHZABEE, après l’assassinat de son époux en 267, non seulement transféra sur son fils WAHBALLAHT la titulature de son défunt mari, mais après la mort de l’empereur romain CLAUDE II en 270, le proclama AUGUSTUS et se proclama elle-même AUGUSTA : la prétention pour elle et son fils d’être Empereurs de Rome contre celle d’AURELIEN qui finalement l’emporta et traîna les présomptueux à son triomphe.

Monsieur FERNANDEZ voit dans ZENOBIE une femme libre qui se révolte contre Rome. Que nenni ! C’est surtout une femme de trempe qui se voit non contre Rome mais Rome elle-même ! Comme quoi, n’en déplaise au romanesque, la réalité dépasse la fiction en ce sens qu’elle a parfois plus de gueule qu’elle !

Toujours est-il que ce jour-là, il fut surtout question de Palmyre, ville d’aujourd’hui et d’hier, victime, pour sa parure antique, des fous de dieu qui ont détruit et saccagé un haut-lieu de la civilisation gréco-romaine où puise notre culture occidentale de mécréants.

En effet, dit à un moment Maurice SARTRE, nos idoles sont les œuvres d’art comme en témoignent nos musées et le soin (relatif, convenons-en) que nous prenons à préserver de par le monde tout ce qui a été édifié, de siècle en siècle, pour la beauté de ce monde.

Cet imbécile dangereux qui dans les parages du LOUVRES, un des plus importants musées du monde en qualité d’œuvres qui y sont conservées, s’est attaqué, le 3 février 2017, aux militaires qui gardent les accès d’un Temple de la Culture et de la Beauté, à l’instar de ses soi-disant frères d’armes qui saccagent « la splendeur de Palmyre, l’irremplaçable trésor …tout un pan de notre culture » selon les termes du grand historien PAUL VEYNE, pratique la guerre sainte et, au passage, tente de renverser nos idoles.

Les images satiriques, les concerts de rock, les musées et ceux qui les fréquentent, les autels où se célèbrent d’autres cultes, les fêtes populaires où la foule accoure pour admirer «Ô, la belle bleue ! Ô, la belle rouge ! », voilà, entre autres, les malheureuses et sanglantes victimes de ces imbéciles.

Comme dit Mahomet quelque part : « Quel malheur d’être admiré par des cons ! »

Arsa arsa2.png

* Anecdote : il y a quelque temps, invitée aux Entretiens Jean ZAY qui se déroulent au ministère de l’Education Nationale, j’attendais, avec d’autres invités, que la salle où devait se dérouler la séance soit libérée. Nous étions assis sur de rares sièges et sur les marches de l’escalier dont les murs sont ornés des portraits des ministres de l’Ecole de la République. Je feuilletais justement le livre d’Annie et Maurice SARTRE, ZENOBIE de Palmyre à Rome. Soudain une dame se penche vers moi : « Qu’est-ce que c’est qu’un zénobie ? »

2016, samedi 3 décembre

Une ignominie trop souvent passée sous silence

ou le gâchis du STO

Les années 2014-2015 ont permis d’honorer solennellement, à l’occasion du 70éme anniversaire des débarquements de Normandie et de Provence (1944) puis de l’ouverture des camps de concentration, de déportation et d’extermination nazis (1945), les victimes de la guerre et de l’idéologie nazie, combattants, civils, déportés, minorités exterminées au nom du racisme et de l’eugénisme de l’Allemagne hitlérienne dont les féaux de toutes nationalités ont soutenu et entretenu la folie meurtrière. Parmi ces vils ennemis de la dignité et des Droits de l’Homme, il y a les fossoyeurs de la République Française, Philippe PETAIN, le Maréchal félon, aux mains rouges du sang des victimes de Verdun puis du régime de Vichy, et ses sbires.

Comme le SNCA e.i.L. Convergence a eu l’occasion de le dire à l’occasion du débat sur l’identité nationale, la Nation, pour prétendre à être reconnue comme telle, doit être consciente des heurs et malheurs de son histoire et, sans justifier les crimes qu’elle a commis ou couverts, les assumer.

C’est pourquoi, par le biais du blog d’Arsa, Etc. pour la République, le SNCA e.i.L. Convergence tient à donner la parole à un survivant d’une ignominie pétainiste qui à mis au service de l’ennemi, entre 1940 et 1944, 600000 jeunes Français requis autoritairement pour travailler à l’effort de guerre du IIIème Reich allemand contre la démocratie, l’humanisme et la civilisation.

Il arrive cependant qu’ici ou là, un monument rappelle que les requis du STO ont été eux aussi des victimes de l’hitlérisme et du pétainisme. C’est le cas dans la ville de Montargis, dans le Loiret où une stèle leur a été dressée. Que celles et ceux qui ont pris cette initiative voient dans le témoignage qui suit une sorte de remerciement.

Claude est né à Paris dans le 13ème. Il est de la classe 42. Il est le dernier né d’une fratrie de six enfants. Ayant fait son apprentissage chez Delahaye, constructeur de voitures de luxe et de camions, et CAP en poche, il est embauché par la firme et travaille comme tourneur à des pièces destinées pour certaines aux moteurs qui équipent les engins des sapeurs pompiers. Ce beau garçon aux yeux bleus, sportif à ses heures – il aime le vélo et l’aviron – a 17 ans quand la Seconde Guerre Mondiale éclate en Europe et 18 au moment de la débâcle. Il embarque dans un autobus avec son vélo et toute la famille sauf le papa qui travaille à la Monnaie et n’a pas voulu laisser à l’abandon et au pillage les richesses de cette institution. Destination : un petit coin du Cantal où Claude a passé des vacances en colonie quelques années auparavant. Les évènements se précipitent ; la défaite porte au pouvoir le Maréchal Pétain qui conclut avec l’envahisseur l’armistice du 22 juin 1940.

Muni d’un laisser passer pour franchir la ligne de démarcation qui désormais sépare la zone occupée par les armées du IIIème Reich de la zone réputée libre sous administration pétainiste, il revient à Paris à bicyclette et reprend son travail d’ouvrier qualifié.

Comme la première guerre mondiale, la seconde est une guerre de matériel. C’est d’ailleurs à l’efficacité, au moins momentanée, de ses chars et de ses avions, qu’Hitler doit d’avoir remporté la Blitzkrieg contre la France. Mais pour lui, la guerre n’est pas finie : l’Angleterre tient tête aux bombardements de la Luftwaffe. Et réplique en bombardant des points névralgiques de la production industrielle allemande.

Certes, l’année suivante, Hitler en envahissant l’Union Soviétique peut considérer que sa puissance matérielle en équipements militaires motorisés lui donne toujours la supériorité sur l’adversaire jusqu’à l’arrivée du Général Hiver qui cloue au sol et dans la neige ses blindés.

Le IIIème Reich ne peut être au four et au moulin : pendant que ses troupes font la conquête de l’Europe et l’occupent, les hommes qui les composent ne sont pas à la production de matériel de guerre. C’est pourquoi, dans la zone occupée de la France qui abrite les deux tiers de la population et la majorité des équipements industriels, l’administration allemande instaure pour commencer une « politique particulièrement brutale d’accaparement et de pillage »*. Cette politique draine vers l’Allemagne les matières premières et les sources d’énergie qu’utilisait l’appareil de production de la France et y entraîne des faillites, des fermetures d’usines et le chômage, en particulier des travailleurs étrangers. Il y a donc, parallèlement à ce déménagement de l’équipement français, une campagne de recrutement de main d’œuvre destinée à remplacer dans les usines allemandes celle qui manque pour cause de conquête, d’occupation et d’asservissement de l’Europe : le IIIème Reich recrute des volontaires pour travailler à l’effort de guerre allemand en Allemagne même. Mais les migrants auxquels sont promis de bons salaires ne doivent pas séjourner trop longtemps ; ils doivent avoir seize ans au moins et n’être accompagnés ni de leurs femmes ni de leurs enfants. Ce volontariat, qui n’empêche pas le recours à la contrainte ne donne pas les résultats escomptés. La propagande de « la Relève » fondée sur le volontariat pour permettre de libérer des prisonniers de guerre et remplacer les premiers volontaires rentrés en France à la fin de leur contrat, est contrebattue par les récits des mauvaises conditions de vie et de travail que font les 90000 ouvriers et ouvrières revenus d’Allemagne sur les 142 000 volontaires qui y sont partis de 1940 au printemps 1942.

Etc. pour la République ; « Claude, vous avez vingt ans au printemps 1942. Comment, à cette date, ressentez-vous la situation du jeune ouvrier qualifié que vous êtes ? »

Claude « Le jour même de mes vingt ans a lieu une alerte sur Paris. Je suis affecté à la sécurité civile. Muni de mon brassard, je quitte l’usine avec trois copains. En cours de route on discute. Chez Delahaye, il n’y a pas eu de départ mais on sait que dans d’autres entreprises des gars ont dû partir. Comment faire pour échapper à ça ? Après tout, guerre ou pas guerre, on a toujours besoin sur place de pompiers. On a donc décidé que pour diminuer les risques, le mieux était de s’engager chez les sapeurs pompiers de Paris. Après, je suis rentré chez mes parents. »

Il est vrai qu’en cette année 1942, Fritz SAUCKEL, plénipotentiaire à l’emploi de la main d’œuvre (GBA) pour toute l’Europe et directement aux ordres de HITLER, se démène pour faire partir le plus possible de travailleurs français, qualifiés de préférence, en particulier des métallurgistes, vers les usines allemandes. Le pouvoir pétainiste avec désormais Pierre LAVAL aux commandes, est ouvertement pro allemand et collaborationniste. Ainsi, la loi du 4 septembre 1942 prévoit que les Français de 18 à 50 ans, y compris les femmes célibataires de 21 à 35 ans, peuvent être « assujettis à effectuer tous travaux que le gouvernement jugera utile dans l’intérêt supérieur de la Nation ». La mise à la disposition de l’occupant de la force vive de la France, sa main d’œuvre qualifiée y compris, présentée comme un devoir de sauvegarde nationale, voilà qui à travers le cynisme de la formulation en dit long sur l’inspiration idéologique et morale de la collaboration !

Malgré des dissensions internes et de pauvres finasseries avec l’Occupant qui depuis la fin 42 contrôle tout le territoire français métropolitain, le STO, Service du Travail Obligatoire, est instauré par la loi du 16 février 1943. Pendant un temps, il avait été prévu de le dénommer Service Obligatoire du Travail ou SOT ; même si le ridicule ne tue pas, cette appellation aurait tout de même fait ricaner in petto toute la population ! Donc, le STO est désormais la règle dont la population prend la mesure : tous les jeunes hommes peuvent en pâtir.

Certes, il y a des exemptés, à commencer par les pères de famille ayant trois enfants à charge ou les anciens prisonniers de guerre revenus grâce à « la Relève » … L’administration française doit faire un compte exact des travailleurs français « assujettis » aussi bien en zone occupée qu’en zone libre … Il faut noter, et c’est une remarque qui vaut pour toute l’Europe sous la botte nazie, que les administrations nationales sont sollicitées par l’occupant qui n’a pas la capacité de tout maîtriser. Ces administrations sont plus ou moins co-opérantes. Disons que l’administration française très bien organisée et solidement implantée a assuré la « continuité de l’Etat » sans beaucoup d’états d’âme. Il y eut heureusement, pour l’honneur de la France, des cas individuels de Résistance passive et active, souvent liés aux circonstances qui dans un pays vaincu, occupé et pillé ne sont pas légion.

Etc. pour la République «Votre décision d’échapper au STO qui ne porte pas encore ce nom a-t-elle des motivation politiques ? »

Claude « On ne peut pas dire ça. Simplement, on ne veut pas partir là-bas comme c’est arrivé à certains collègues dans d’autres usines. »

Etc. pour la République « Vous vous êtes donc engagé chez les sapeurs pompiers Mais ça n’a pas empêché votre réquisition. Expliquez-nous. »

Claude « J’ai été mobilisé le 15 novembre 1942. J’étais affecté à l’entretien du matériel et à la sécurité. Peu de temps avant ma démobilisation, j’ai su que c’était fini. Il y a eu une visite médicale de la classe 42. On m’a dit que tous les pompiers étaient en bonne santé ; ce qui signifiait que j’étais bon pour le STO …Peu après, en juillet 1943, j’ai été démobilisé. »

Etc. pour la République « Effectivement, à ce moment-là, le STO existe officiellement. Pouvez-vous nous parler de votre départ ? »

Claude : « J’ai reçu une convocation des autorités françaises avec le lieu où je devais me rendre – c’était la gare de l’Est - la date et l’heure ainsi que le lieu de destination : SAINT-VALENTIN, en Autriche, près de LINZ. A vrai dire je ne me souviens pas de l’heure exacte ; ce devait être à la mi-journée … C’était un train spécial, exclusivement réservé aux requis qu’encadraient des Allemands. Mais c’était un train ordinaire, des voitures de 3ème classe …»

Etc. pour la République « Et le voyage ? L’ambiance ? … »

Claude « Plutôt une bonne ambiance, quoique … Nous avons voyagé sûrement plus de 24 heures avec une étape à Munich. Avant, il y a eu des arrêts techniques : les locomotives marchaient à la vapeur ! De Munich, nous avons été acheminés à SAINT-VALENTIN, près de LINZ. Dans un hangar, on nous a lu des listes pour nous répartir selon les centres de production où nous étions affectés et les baraquements où nous étions logés et qui se trouvaient à l’extérieur de la ville. L’usine était à 3 km de là. »

L’usine, bien dissimulée, fabrique des chars-tigres, une des armes fétiches du régime nazi, puis des chars-panthères.

Etc. pour la République « Parlez nous de votre emploi du temps et de votre travail. »

Claude « Service de jour ou service de nuit, c’est douze heures de travail d’affilé. On part du camp pour l’usine une petite heure avant le début du travail car on fait à pied les 3 km qui séparent les baraquements de l’usine. Et l’inverse douze heures plus tard. Théoriquement, on a un jour de congé par semaine ; mais il m’est arrivé, parce que le Meister, le chef, m’avait dans le nez, de faire sept semaines de travail sans un seul jour de congé ! Personnellement je ne travaille pas directement à la fabrication des chars ; je façonne des pièces pour remplacer celles qui sont défaillantes sur les machines-outils utilisées pour cette production de guerre. »

Au début Claude fait la forte tête ; il rechigne au travail qu’on attend de lui et refuse même de le faire. Résultat : au mitard ! Quand il sort du cachot, il se met au travail.

Etc. pour la République « Pourquoi cette résignation ? »

Claude « Il faut manger. Nous touchons un salaire si nous travaillons. Avec ce salaire nous payons notre nourriture : pas de salaire, pas de repas … On revient vite dans ce cas à des solutions qui au moins vous garantissent la survie ! »

Quand Claude est parti pour SAINT-VALENTIN, et même depuis son engagement chez les pompiers, la situation militaire et politique avait déjà bien changée.

Dès la fin de 1942, le vent a tourné : les Américains en guerre depuis un an commencent à être opérationnels, les Soviétiques sont sur le point d’entamer leur contre-offensive, les Britanniques résistent et ripostent brillamment. Quant aux Forces Françaises Libres, elles servent d’appoint non négligeable en Afrique du Nord. Du coup, les nazis perdent le contrôle des mers qui bordent l’Europe à l’ouest et au sud ce qui annonce, dans cette guerre de matériel, qu’ils n’auront pas le dernier mot.

La politique du STO se ressent de cette situation militaire qui s’inverse. L’Organisation TODT** qui travaille à construire le mur de l’Atlantique, de la Norvège à la frontière espagnole, destiné à empêcher un éventuel débarquement des forces alliées (elles ont déjà débarquées en Afrique du Nord, en Sicile et en Italie du Sud) est privée par la brutalité de SAUCKEL d’une partie de sa main d’œuvre ; cette même brutalité indispose le Haut Commandement Militaire en France (MBF) qui ne veut pas que sur le sol français la production destinée à l’effort de guerre allemand soit désorganisée par des prélèvements intempestifs de travailleurs. Le nouveau ministre de l’industrie, Albrecht SPEER, est d’ailleurs de cet avis ; pourquoi faire venir sur le territoire du Reich tant de main d’œuvre étrangère alors que ses sites industriels sont systématiquement bombardés ? Autant la conserver sur place pour qu’elle contribue à l’effort de guerre allemand sans courir autant de risques. Finalement SAUCKEL est limogé mais sans que les dégâts du STO cessent : la France de Vichy de 1940 à 1944 a livré 600000 requis à l’ennemi (contre 1200000 Polonais et 2000000 de Soviétiques prélevés directement sur les territoires conquis).

Etc. pour la République « N’y a-t-il que des requis français dans ce camp ? »

Claude « Pour l’essentiel, ce sont des requis français. Mais il y a aussi des volontaires et des déportés qui viennent du camp de MAUTHAUSEN reconnaissables à leurs tenues. Nous, on a des bleus qu’on laisse au vestiaire avant de retourner aux baraquements. A l’usine il y a des vestiaires et des sanitaires. De bonne qualité d’ailleurs … Au camp on couche dans des lits superposés ; il y a un lavabo dans les chambrées et les latrines sont à l’extérieur … »

Etc. pour la République « Y a-t-il des frictions entre les requis et les volontaires ? »

Claude « Non, pas vraiment. On travaille tous dans les mêmes conditions et on est aussi logé à la même enseigne ! Donc pas question d’attirer l’attention du Meister avec ses punitions ! Car les punitions sont dures. Il n’y a pas que le cachot … Par exemple, un gars avait braconné un chevreuil ; ça améliorait l’ordinaire. Des fouilles dans son vestiaire ont permis de retrouver des poils de la bête. Le type a été emmené et on ne l’a jamais revu. Dans l’ensemble, on était plutôt solidaire. Un jour ma paye a été volée ; eh bien, les copains ont fait la quête au point que j’ai reçu plus que ce qu’on m’avait volé ! Plusieurs semaines après on a retrouvé le portefeuille en faisant la vidange des latrines ! Mais on n’a pas retrouvé le voleur même si on se doutait de qui avait fait le coup.»

Etc. pour la République « Faites-vous tout de même la grève du zèle tout en évitant le cachot ? »

Claude « Personnellement non. D’ailleurs je ne suis pas à la fabrication des pièces ; j’entretiens et répare les machines. »

Etc. pour la République : ''« Pour vous, ouvrier mécanicien qualifié, comment se présente la situation de la production qui doit sortir de l’usine dans ces années 43-44 ? » '' Claude : « Je ne peux dire qu’il y a ralentissement. Mais il est vrai que le regard des Allemands change. Au début c’est le mépris permanent. Mais ensuite, ils manifestent leur admiration pour notre savoir faire et la qualité de notre travail. C’est plus un rapport de travailleurs à travailleurs que de maîtres à serviteurs soumis comme au début. »

Etc. pour la République « Vous êtes donc un travailleur requis, un ilote livré par son Etat à un Etat ennemi. Vous êtes cependant rémunéré. Vous pouvez parler de cette rémunération ? Avez-vous un peu de temps libre ? »

Claude « On est payé avec de l’argent allemand. Je ne me souviens plus des sommes. Mais avec ça on paye la nourriture. J’ai même pu envoyer un peu d’argent à ma famille … C’est parce que j’avais de l’argent que je suis un jour allé à Vienne. J’ai aussi été voir de loin le camp de concentration de Mauthausen qui était dans le voisinage de LINZ »

La contre-offensive soviétique, l’offensive des alliés occidentaux consécutive aux débarquements en Italie, en Normandie, en Provence, en Grèce, la capacité d’intervention militaire des authentiques Fronts Nationaux de patriotes résistants européens, la défection de vassaux du nazisme en Europe centrale, font reculer la Wehrmacht et ses auxiliaires criminels. Au début de l’année 1945, les troupes allemandes ont été presqu’entièrement refoulées sur le seul territoire du Reich né de l’Anschluss de l’Autriche et de l’annexion de la Tchécoslovaquie en 1938.

Etc. pour la République : « Avez-vous dans votre camp un écho de ce renversement de situation qui, après la libération de la France (juin-décembre 1944), fait de vous non plus des requis mais des prisonniers ? »

Claude « On n’a pas d’information. Surtout qu’on ne reçoit plus de courrier de nos familles. Mais cette absence de courrier indique qu’il y a des changements. A vrai dire, le changement on le découvre vraiment au printemps 1945 quand l’usine est bombardée. Tout ce qu’il reste de matériel, et nous avec, est déménagé plus à l’ouest, dans les environs de SALZBURG. »

Etc. pour la République « On vous remet au travail ? Comment se présente votre nouvel hébergement ? »

Claude « De toute façon, l’usine où on est travaille déjà pour fournir les combustibles aux V1 et aux V2. Quant au matériel déménagé de SAINT-VALENTIN, il n’est pas réinstallé ; alors on ne fait rien. Enfin, on peut toujours aller boire une bière au patelin d’à côté ! On est logé dans une partie de hangar dont l’autre partie sert à stocker des armes et des vêtements pour l’armée. Alors on se sert en profitant de la désorganisation générale ! J’ai récupéré une grosse veste en mouton retourné. Très belle, mais très lourde ! »

Etc. pour la République « En somme, la production de guerre allemande s’arrête avant même votre libération ! Et la « quille » proprement dite ?

Claude : « Un beau jour les Américains étaient là ! Ils nous ont dit qu’il fallait aller jusqu’à un aérodrome voisin à quinze-vingt kilomètres de là. Avec trois copains, on a fauché une camionnette et on est parti de nuit. Mais il n’y avait pas assez d’essence. On s’est ravitaillé clandestinement à des bivouacs américains … La tête qu’ils ont dû faire en se réveillant ! Après ça a été très vite. Deux ou trois jours après mon arrivée à cet aérodrome, j’ai été embarqué sur un DC4 – c’était mon baptême de l’air ! – qui a atterri près de Lille ; de là j’ai pris le train pour Paris. Mon beau frère qui savait que les requis rapatriés d’Autriche arrivaient à la gare du Nord venait tous les jours attendre le train d’où je descendrais un jour. Et un jour, j’étais là ! »

Etc. pour la République « Avec votre retour en France la page du STO était-elle définitivement tournée ? »

Claude : « Mon engagement chez les pompiers avait été interrompu par ma réquisition. J’ai donc dû terminer cet engagement jusqu’à la fin de l’année 1945 ! »

Etc. pour la République. « Vous y repensez ? »

Claude : « Toutes ces années perdues … Un gâchis. Mais je ne me suis pas appesanti là-dessus après mon retour. J’ai gardé le contact avec certains copains pendant quelque temps. Mais j’ai repris ma vie d’avant. Je n’ai pas volontairement ni vraiment tourné la page. La vie s’en est chargée depuis si longtemps … »

* In Bernd Zielinski, Staatskollaboration, cité par Patrice Arnaud, Histoire des Français requis en Allemagne nazie 1942-1945

** Pour ne pas le démoraliser, la famille de Claude ne l’informe pas que son père a été grièvement blessé en se faisant renverser boulevard Saint-Marcel par une voiture de l’organisation TODT. Il mourra quelques mois après le retour de son fils.

Arsaarsa2.png

2016, lundi 3 octobre

On est toujours le négationniste de quelqu’un

« Atmosphère ! Atmosphère ! Est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ? » Arletty in Hôtel du Nord (1938) de Marcel Carnet

Il y a quelques années, au cours d’une rencontre pour défendre les services publics, j’ai entendu, de mes oreilles entendu, une dame plutôt jeune, prof de quelque chose, dire une énormité à celui qui animait un atelier de je ne sais plus quoi. Cet animateur, « modérateur » pour employer une expression frappée au coin du modernisme, était le tout récent ancien secrétaire général de la FSU* ayant succédé à Michel DESCHAMPS puis au couple infernal Daniel LE BRET / Monique VUAILLAT. Ce « modérateur », alors en quête d’un nouveau destin national, fut, à l’aube de sa nomination à la tête de la FSU, en 2001, l’auteur de la rupture avec le SNETAA* qui, moins de dix ans auparavant, avait créé cette même FSU conjointement avec le SNES* en guise de Requiem pour la défunte FEN* …

Voilà un « modérateur » qui a le sens de l’histoire comme le prouve aussi sa réaction aux propos de la jeune dame prof dont il a été question ci-dessus.

Sans doute s’agissait-il de discuter de la pertinence des programmes de l’Education Nationale, car cette dame a dit quelque chose de ce genre : « Il faut en finir avec l’enseignement de la SHOAH ; ça s’est passé il y a deux tiers de siècle. On peut tourner la page et s’intéresser à autre chose aujourd’hui … »

Monsieur le « modérateur », ex-secrétaire général de la FSU, a opiné, n’a pas moufté ; et moi, j’ai pris mes cliques et mes claques pour ne pas davantage me contaminer au « négationnisme ».

« On peut passer à autre chose … » : il est vrai que six millions de mises à mort pour cause de soi-disant appartenance à une « race inférieure », ça peut être considéré comme une broutille, une broutille, certes malheureuse, mais une broutille quand même ! D’aucuns parlent bien de « détail » pour qualifier certains outils de ce massacre de masse …

Le SNCA e.i.L. Convergence considère qu’un tel propos relève du « négationnisme » au même titre que les assertions d’un FAURISTON. Cet universitaire dévoyé et ses disciples nient l’extermination des Juifs d’Europe. Mais nier l’Holocauste ou dire que s’il a eu lieu ce n’est pas très important, pour le SNCA e.i.L. Convergence, c’est la même chose car cela revient à dire : « Un Juif, mort ou vivant, est-ce vraiment un être humain ? »

Le SNCA e.i.L. Convergence qui, au nom de la Laïcité, ne peut admettre la « racialisation » d’une quelconque croyance religieuse, ne peut non plus admettre qu’une pratique religieuse exclue le pratiquant de la communauté humaine, la seule qui vaille avec la communauté nationale, celle des citoyens.

Par ses actes et par l’expression de sa pensée cohérente et jamais déviante, le SNCA e.i.L. Convergence n’est pas négationniste au sens originel du terme.

Voire …

Voilà-t-il pas qu’en l’espace de deux publications récentes, il est soudain marqué au fer rouge du négationnisme ou, plus précisément, lui-même, pour son hétérodoxie en matière d’économie, et sa secrétaire générale, qui fut prof de géographie, pour son hétérodoxie en climatologie …

Deux énergumènes, inféodés aux intérêts du capitalisme - et des capitalistes qui mettent l’essentiel de leurs magots dans les paradis fiscaux (il y en a des tas, et même à Paris : il suffit d’une boîte à lettres) – dénoncent comme « négationnistes » de la science expérimentale économique ceux qui, économistes atterrés ou non, « expérimentent » au jour le jour les effets dévastateurs du libéralisme laissé la bride sur le cou. Voyez la précarité de l’emploi, la stagnation du pouvoir d’achat de la classe laborieuse, l’augmentation, même au pays de Madame MERKEL, du nombre de pauvres et surtout d’enfants pauvres.

Sur ce sujet, voilà fiché N, au rang du grand « négationnisme » économique, le SNCA e.i.L. Convergence qui termine souvent ses communiqués par « Capitalismus delendus est », ce qui, en français du XXIème siècle après la naissance de Jésus- Christ, veut bien dire : « Il faut détruire le capitalisme » !

L’association altermondialiste ATTAC qui a oublié qu’à l’origine de sa création voulue par Ignacio RAMONET, du Monde Diplomatique, les TT signifiaient Taxe TOBYN – la mise en application de la taxe TOBYN est un des mandats du SNCA e.i.L. Convergence – critique violemment dans sa lettre du 20 septembre 2016 les inventeurs du « négationnisme » économique. Très bien.

Mais, crotte de bique sur le gâteau, ATTAC proteste contre cette mise en accusation de négationnisme économique en récusant que la contestation du libéralisme soit assimilable à la négation de la SHOAH – encore très bien - mais aussi à la négation du réchauffement climatique.

Déjà que Nathalie KOSHUSCO-MORIZET nous traite de connards - il faut bien être le connard de quelqu’un – nous qui ricanons à propos du réchauffement climatique ; alors, quand il s’agit du dérèglement climatique… Soit et bien entendu, nous sommes des connard-e-s, et maintenant, par la grâce du verbe tout puissant d’ATTAC, plus que connards, nous sommes « négationnistes ». Jusqu’où ira cet engouement pour un mot, « négationnisme », qui désigne d’abord et uniquement le refus d’admettre la réalité de six millions de victimes, femmes, hommes de tous âges, enfants, y compris bébés à la mamelle, qui étaient nos contemporains, ceux de nos parents et de nos grands-parents ?

Mais puisque moi, Arsa à l’épaisse fourrure, suis devenue, de conarde avérée une négationniste à la simple lecture de la lettre d’ATTAC, permettez que je grogne un tant soit peu et m’explique.

Cela fait 30 000 à 20 000 ans que le climat de la terre se réchauffe. Il y a 30 -20 000 ans, c’était le pic de la dernière glaciation de nos régions alpestres et sub-alpestres. La glaciation de WÜRM (du nom d’une vallée alpine) a, dans sa période maximum de froid, fait descendre le niveau de la mer à 70-80 m en dessous de son niveau actuel. Cela signifie qu’il a fallu en moyenne – j’insiste sur « moyenne » qui est une notion scientifique alors que « normale » est l’expression d’une opinion - entre 2 et 4 mm d’augmentation annuelle du niveau de la mer pour arriver à nos rivages actuels. Ce réchauffement ne s’est pas produit avec une régularité de métronome ; il y a eu des accélérations, des stagnations, des régressions dans ce processus de réchauffement de la Terre, cette bien mal nommée, puisque sa surface est à 75 % océanique et maritime et que surtout son enveloppe gazeuse, originale, protectrice et vitale, l’atmosphère, aurait plus justement dû lui donner son nom.

Qu’importe. Ce pic de froid correspond au paléolithique supérieur, celui d’Homo sapiens sapiens (nous, Juifs et économistes, cons ou pas, compris), l’inventeur de l’art …

Comme le premier homme, notre ancêtre du moins, est descendu de sa canopée raréfiée pour cause de dérèglement climatique, un gros coup de froid, il y a 3 à 2 millions d’années, et que c’est justement parce qu’il est descendu de son arbre qu’il est devenu HOMME, id est intelligent, j’en conclus que, lorsqu’il fait froid, l’intelligence se donne libre cours et que quand il fait chaud nous devenons des connards comme le dit avec tant d’élégance Madame NKM.

CQFD

Mais, je le confesse, cela n’est qu’une opinion.

Pour en revenir à nos fontes de glaciers, il est archéologiquement prouvé (étude des vasières, des tourbières, des troncs d’arbres coupés, des glaces elles-mêmes dont on prélève des « carottes ») qu’il y a deux mille ans, il faisait plus chaud dans nos régions qu’aujourd’hui. Douze siècles plus tard, autre période de réchauffement : c’est ainsi que la remontée du niveau de la mer a provoqué l’apparition des Pays-Bas, l’ancien littoral plus à l’ouest sur la Mer du Nord s’étant disloqué, donnant naissance à l’archipel des Îles Frisonnes et, en arrière, à des terres submergées que le travail des hommes a transformées en polders.

Au XVIIème siècle, celui du Roi Soleil, l’âge splendide de la littérature française avec LA FONTAINE et LA BRUYERE, CORNEILLE et RACINE, MOLIERE et SAINT-SIMON, Mesdames de LA FAYETTE et SEVIGNE, les populations ont vécus des périodes de famine et de mortalité à répétition à cause du petit âge glaciaire qui dans les Alpes a submergé sous la glace maints hameaux et villages dont les ruines aujourd’hui dégagées par le recul des langues glacières n’intriguent pas les skieurs qui ne les devinent pas sous la neige ni les randonneurs de l’été qui les confondent avec les rochers et les moraines.

Donc, en cette transition des IIème – IIIème millénaires de notre ère, la Terre connaît une phase d’accélération du réchauffement qui, commencé il y a 30 000 ans, a contraint l’humanité à trouver d’autres moyens de subsistance que la prédation de la nature par la chasse, la pêche et la cueillette. Il y a dix mille ans, la révolution néolithique domestiquait les plantes et les animaux dans le croissant fertile, de la vallée du Nil en passant par celles du Tigre et de l’Euphrate jusqu’aux rives méditerranéennes de la Syrie et du Liban. Il y a environ 8000 ans que le Finistère occidental de l’Eurasie, nos contrées, est entré dans l’âge de la « nouvelle pierre », celui de la pierre polie pour la fabrication de serpes pour récolter les céréales et des meules pour écraser le blé. Certains de ces premiers terroirs défrichés pour remplacer par des champs cultivés la brousse et la forêt des chasseurs, sont les lointains ascendants de certaines de nos communes que des gens sans doute moins connards que nous veulent éradiquer de nos habitudes et de notre profonde et intime histoire.

Souhaitons leur bien du plaisir.

Pour en revenir à notre planète TERRE, la bien mal nommée, qu’est-elle donc, sinon un morceau d’étoile qui, séparée de son soleil il y a 4 milliards d’années, se refroidit inexorablement comme un vulgaire tison dans l’âtre de Cendrillon ? Ce morceau d’étoile n’est pas bien loin de son soleil : 8 minutes-lumière tout au plus. Voilà un tison qui serait un morceau de terre cuite s’il n’y avait la précieuse enveloppe gazeuse qui atténue considérablement les effets du rayonnement solaire sur sa surface un peu continentale et beaucoup maritime.

L’atmosphère, puisqu’il faut bien appeler par son nom cette enveloppe gazeuse, protège la surface de la terre et ce qui y vit, végétaux et animaux, des effets néfastes non seulement du rayonnement solaire mais aussi du rayonnement terrestre. Vous qui n’avez pas connu la guerre, celle de 39-45, celle de la défaite, celle de l’occupation, celle des restrictions, vous ne savez pas ce que peut procurer de bien-être une brique chauffée au four de la cuisinière, puis emmitouflée dans plusieurs épaisseurs de papier journal, glissée dans le lit qui ne sera pas glacial quand vous vous y coucherez. Ah ! Cette odeur de papier roussi qui accompagnait le bassinage des draps avec la brique brûlante. Il fallait pourtant faire bien attention à ne pas s’y frotter les pieds car elle cuisait, la garce, malgré les couches de papier et le torchon qui l’enveloppait pour que l’encre d’imprimerie ne salisse pas trop les draps !

Mais au matin, elle était à la température de votre corps, ayant, tout au long de la nuit, diffusé la chaleur emmagasinée lors de son séjour dans le four pour que votre sommeil soit paisible et prémuni contre les froids hivernaux. Par un fait exprès, les guerres coïncident rarement avec un réchauffement climatique.

La Terre, continents et océans, se réchauffe pendant le jour aux rayons du soleil et rayonne vers l’espace, pendant la nuit, la chaleur qu’elle a précédemment emmagasinée : heureusement que l’atmosphère atténue ce rayonnement terrestre et nocturne ! Plus la nuit est limpide, plus la déperdition de chaleur est forte ; de là ces gelées matinales qui barbèlent de blanc les haies et les prairies les matins clairs d’hiver.

L’atmosphère n’est pas homogène ; certains gaz qui la composent sont en quantité fixe, d’autres en quantité variable : ainsi la vapeur d’eau, ainsi le gaz carbonique, que la mode dénomme gaz à effet de serre, qui freinent le rayonnement terrestre. Sans eux, mais avec l’atmosphère, les températures moyennes de nos régions seraient plus proches de celles du paléolithique supérieur, largement en dessous de 0° Celsius que de celles qui ont contraint Abel à devenir pasteur et Caïn à devenir laboureur.

Mon « négationnisme » pour parler comme ATTAC, voire comme NKM et pourquoi pas comme les deux ayatollahs du capitalisme, se borne à dénoncer la notion de dérèglement climatique utilisée pour apeurer et culpabiliser le citoyen tout venant qui, respectueux de la démocratie et de la République, ne veut attenter ni à leurs valeurs ni à leurs principes ; il se double du « Capitalismus delendus est » que j’écris à la fin de presque tous les communiqués que le SNCA e.i.L. Convergence et les SYNDICATS e.i.L. Convergence me demandent d’écrire et de publier.

A vrai dire, les fascistes et les nazis qui ont terrorisé l’Europe et le monde avec la féroce complicité de l’impérialisme et du militarisme nippons à la fin de la première moitié du XXème siècle, utilisaient dans leur folie raciste, anti juive, anti slave, anti chinoise, anti etc., des procédés terribles de coercition qui ont mené à l’extermination de millions d’êtres humains. Je ne prétends pas qu’ATTAC et ses amis gaucho-écolos, que Madame NKM, que même les chevaliers blancs (hum …) du capitalisme, en me traitant à l’avers, au revers et sur la tranche de « négationniste » veuillent m’assimiler à ceux qui ont commis ces monstruosités.

Mais quand même. J’ai du mal à admettre de telles contaminations juste pour faire de l’effet et un jeu de mot.

Pour le réchauffement climatique, attendons encore quelques milliards d’années pour voir où en sera le brandon du soleil que nous sommes.

Pour le capitalisme à détruire dans sa forme la plus pernicieuse de la spéculation, espérons que nous en verrons le sort (capitalismus delendus est) dans un délai un peu moins long …

Pour la négation et la minimisation de la SHOAH, sachez que ni Arsa ni le SNCA e.i.L. Convergence ne se laisseront intimider : nous terroriser pour que nous nous taisions ? Vous n’y pensez pas !

Arsa arsa2.png

* FSU : Fédération Syndicale Unitaire SNETAA : Syndicat Nationale de l’Enseignement Technique et Professionnel, les deux A ayant de signification au fil du temps. SNES : Syndicat National de l’Enseignement Secondaire FEN : Fédération de l’Education Nationale

2016, dimanche 2 octobre

Ignorantus

Le candidat à la candidature SARKOZY a donc des ancêtres gaulois puisqu’il vit à la française même si ses origines plus ou moins lointaines lui donnent sinon un fond hellénique du moins slave puisque au premier millénaire de notre ère les Slaves ont fait des incursions jusqu’aux extrémités du Péloponnèse. Il a aussi, sans doute, quelques gouttes de sang magyar versées dans les veines de ses lointains ancêtres par un peuple venu des fonds de l’Asie. Mais après tout, les Celtes au cours du premier millénaire avant Jésus-Christ, avaient déjà déferlé par groupes plus ou moins importants sur l’Europe centrale, occidentale et méditerranéenne allant même jusqu’à déborder sur l’Anatolie, cette portion asiatique de l’actuelle Turquie.

Tout ça pour dire que le droit du sang plus ou moins mêlé ne vaut pas grand-chose face au droit du sol. Tout ça aussi pour dire que si Nicolas SARKOZY n’a pas de notions très claires de la préhistoire et de l’antiquité du peuplement de l’Europe et de la France, il finit par retomber sur ses pieds en se proclamant Gaulois, donc Celte !

Il a aussi, malheureusement, une idée plus qu’incertaine de la vie des Français au Moyen-Age …

Il prétend en effet que relève des mœurs « moyenâgeuses » le fait d’avoir des hommes qui se baignent en maillot et des femmes qui se baignent, elles, tout habillées.

Arsa déteste l’adjectif « moyenâgeux » qui est utilisé principalement par des gens qui ne connaissent rien au Moyen-Age, lequel a duré mille ans, ce qui implique qu’il ne soit pas très uniforme du début à la fin. Au Moyen-Age, on est beaucoup plus propre qu’aux siècles suivants, en particulier les XVIème et XVIIème siècles. En ville, on fréquente les étuves dont la mauvaise réputation induit que les hommes et les femmes y étaient fort déshabillés. A la campagne où vit la majorité de la population, la baignade se fait en général dans le cours d’eau qui traverse les champs, prés et boqueteaux environnants. Cette baignade ignore le caleçon, le maillot et même le bikini : la tenue d’Eve et d’Adam est tellement plus appropriée !

Que Monsieur SARKOZY cesse de faire des effets de moralisateur laïcisant en sortant des bourdes qui en disent un peu trop long sur ses défaillances culturelles.

Quand Bécassine, à la Belle Epoque, accompagnait Madame de Grand-Air et sa petite fille aux bains de mer et que tenant par la main Lolotte en maillot rayé, elle faisait trempette dans l’eau salée, elle ne dénudait que ses pieds tout en retroussant à peine ses jupailles pour les garantir des éclaboussures. Peut-être même, dans une de ses nombreuses aventures, lui est-il arrivé d’adopter en dépit de sa pudeur le long maillot de bain en coton. Mais Arsa tient pour à peu près sûr qu’elle gardait indéfectiblement sur la tête son bonnet breton qu’elle n’ôtait que dans le secret de sa chambre à coucher pour le remplacer par un bonnet de nuit.

Les diatribes contre le burkini sont aussi ridicules que les femmes qui se baignent dans la mer tout habillées et que les maris et grands frères qui les y encouragent. Les uns et les autres recourent à la provocation ce qui n’a rien à voir avec le débat politique.

L’attachement d’Arsa et de ses amis à la laïcité n’implique pas de se vautrer dans le grotesque comme le font certains responsables politiques qui laissent sans vergogne l’Ecole publique se faire instrumentaliser par des groupes de pression économiques tout en faisant des rivages océaniques et méditerranéens des espaces prétendument réservés à la laïcité ! La confusion dans l’échelle des valeurs comme toute autre confusion conduit droit au recul de la démocratie.

Nicolas SARKOZY n’a-t-il pas proclamé il n’y a pas si longtemps que la morale du prêtre lui semblait plus solide que celle de l’instituteur ? Il recueille aujourd’hui le fruit amer de son irréflexion.

Il devrait apprendre à tourner sa langue sept fois dans la bouche avant d’en sortir une connerie. Cela l’amènerait peut être à plus de réflexion … En tout cas, le temps passé à cet exercice lingual devrait épargner nos oreilles qui ne subiraient plus ses âneries à la même fréquence qu’aujourd’hui.

Arsaarsa2.png

2016, vendredi 26 août

On a la rentrée qu’on peut !

Un certain Nicolas S. se présente devant Saint Pierre et lui dit :

« Je voudrais entrer au paradis, mon bon Saint Pierre ».

Saint Pierre lui répond :

« Avant de pouvoir le faire, il faut que tout le monde, sans exception, passe une journée en enfer et la journée suivante au paradis avant de choisir l’un ou l’autre. C’est la règle du Très-Haut ! »

Nicolas rouspète, dit que sur terre il était lui aussi un très haut personnage … Rien n’y fait ; Saint Pierre reste inflexible et Nicolas finit par accepter tout en maugréant.

Contrairement aux idées reçues, le stage en enfer est idyllique : bouffe pantagruélique, femmes à gogo, rien que du beau monde, anciens présidents, anciens banquiers, anciens très hauts fonctionnaires … Bref, le pied ! Avec, cerise sur le gâteau, un Satan très sympa et accueillant.

Le stage au paradis, en revanche, est pour Nicolas très ennuyeux ; du beau monde, certes, mais aussi beaucoup de « casse-toi, pauv’con » … La nourriture est bonne mais pas de quoi se taper le cul par terre, les femmes sont jolies, certes, mais ennuyeuses ; il faut leur faire la cour longtemps avant d’obtenir leurs bonnes grâces… Pour faire court, Nicolas s’emmerde !

Il est tout de même étonné le lendemain de s’entendre dire à Saint Pierre qu’après mûres réflexions, il va choisir l’enfer. Ce que Saint-Pierre accepte volontiers tout en le conduisant à la porte de l’enfer.

Une fois la porte passée, Nicolas déchante amèrement ; rien de ce qu’il a vu le premier jour ne subsiste. Les hommes et les femmes en haillons, enchaînés, triment très durement avec, autour d’eux, des diablotins hideux qui les fouettent pour un oui ou pour un non. Par-dessus le marché, la bouffe est infâme et tout est du même tonneau !

Nicolas, très en colère, s’avance vers Satan :

« Je ne comprends pas, Monsieur Satan. Pendant mon stage ce n’était pas comme cela l’enfer ! »

Satan lui répond :

« ''Oui, c’est vrai. Quand tu es venu, nous étions en pleine campagne électorale. Maintenant que tu nous as choisis, nous n’avons plus besoin de faire ou tenir des promesses ! Retourne auprès de tes amis, retrousse tes manches, esquinte-toi les mains avec la pioche : ça te changera un peu !'' »

(Rire satanique : Ha Ha Haaaaaaa ….. !!!)

Arsa arsa2.png

NDLR – On peut changer le prénom si l’on veut.

2016, mardi 7 juin

Lettre ouverte à Madame LE Maire de Paris

Madame LE Maire,

Il y a, depuis un certain temps, une idée qui vous trotte par la tête et qui vous a sans doute été suggérée par vos alliés de pouvoir, les écologistes qui ont endoctriné la défense de la nature, qui, soit dit entre nous, se défend très bien toute seule comme est en train de le prouver le catastrophique épisode de crues et d’inondations affectant une bonne partie du bassin parisien, de ses entours et leurs populations.

Il s’agit de votre oukase concernant les vieilles autos de plus de vingt ans que vous envisagez d’interdire de séjour dans Paris intra muros à partir du 1er juillet prochain.

Bien que votre appartenance à un parti prétendument socialiste puisse m’inciter à avancer des arguments tel celui vous accusant de favoriser les riches automobilistes et les entreprises, y compris municipales, disposant d’un parc automobile de fonction que leur bonne situation financière permet de renouveler fréquemment ; ou bien celui de la statistique économique qui permet d’affirmer que le marché de la tire d’occasion se porte mieux que celui des véhicules neufs électrifiés ou pas, c’est sur le plan de la démocratie et de la Constitution de la République que j’entends dénoncer votre projet de tyrannie écolo-socialiste.

Propriétaire par héritage d’une « jupette », c’est-à-dire d’une automobile dont l’achat fut favorisé en 1995 par des incitations financières destinées à fournir une clientèle à une industrie automobile française mal gérée et mal en point, me voilà désormais, si votre oukase n’est pas invalidé par le Conseil Constitutionnel (mais j’ai plus confiance en cette institution que dans le Conseil d’Etat …) interdite du droit de circuler librement entre mon habitation secondaire (vous voyez, je suis « riche » …) et ma résidence principale située à Paris.

Pour mémoire, je vous rappelle, Madame LE Maire, que lorsque je m’arrête aux pompes à essence, je paye pour avoir rempli le réservoir de ma vieille « caisse » le même taux de taxes destinées à l’Etat que le conducteur d’une bagnole achetée au dernier salon de l’automobile.

Je vous rappelle aussi que lorsqu’il m’arrive de contrevenir au Code de la Route – et, je le confesse, ça m’arrive quelquefois - le tarif des amendes ne tient pas compte de la vétusté de mon automobile.

Dois-je ajouter qu’aux barrières de péage, il n’y a pas non plus de tarif dégressif ? En outre, je paye mon assurance comme tout le monde et je me soumets au contrôle technique comme l’exige la loi.

Comment se fait-il donc que remplissant mes devoirs d’automobiliste je sois, par votre bon plaisir, privée des droits de libre usage et de libre circulation de mon tacot ?

Madame LE Maire, entraînée sans doute dans des surenchères démagogiques pour justifier et conserver les alliances électorales qui vous permettent de diriger la municipalité de la capitale de la France, vous enfreignez non seulement la Constitution et la devise de la République, mais vous tordez aussi le cou aux élémentaires principes de la démocratie en pratiquant, ou souhaitant pratiquer, une politique discriminatoire.

Tout en vous assurant de mon respect républicain pour le mandat électif que vous exercez, je ne puis, Madame LE Maire, que vous exprimer le mécontentement d’une de vos administrées et la ferme intention d’une citoyenne française de faire valoir et respecter ses droits.

Paris, le 7 juin 2016

Françoise Roche

2016, jeudi 26 mai

Qui sont les nuitdeboutistes ?

"Etc. pour la République souhaite partager avec le plus grand nombre possible de lecteurs cette page tirée de U.Gazette"

Stéphane Burlot / DR

VIE DE LA NUIT – Voilà une étude qui va remettre en question les analyses hâtives des détracteurs de Nuit Debout… C’est dans cette perspective que la commission Sciences Sociales Debout a mené une enquête sociologique, la seule aussi développée à ce jour, qui présente les occupants de la place de la République et leurs motivations. En voici un condensé.

L’âge d’abord. On constate que la tranche d’âge des nuitdeboutistes de République est très étendue, et surtout fluctue beaucoup d’une heure à l’autre (et même d’un jour à l’autre). Ainsi, l’âge médian peut varier de dix ans. Évaluer l’âge des occupants de la place à un instant donné n’est donc pas pertinent. Notons que l’âge médian de l’ensemble des participants est de 31 ans.

L’étude permet également de modérer l’idée reçue selon laquelle l’origine géographique des occupants de République serait essentiellement Paris intra-muros. D’une part, 10 % d’entre eux ne sont pas issus de la région parisienne; d’autre part, parmi les Franciliens, plus du tiers doivent franchir le périphérique pour rejoindre la place. Parmi les participants vivant intra-muros, la plupart sont domiciliés dans l’est, principalement dans les XIe, XVIIIe et XIXe arrondissements. Les raisons expliquant ce phénomène pourraient relever de l’aspect pratique (lignes de métro et axes de circulation en direction de la place), mais aussi de la tendance de gauche de ces quartiers.

Les participants de Nuit Debout sont des ados perturbés ? « Sans cerveau » ? Vraiment ? 60% sont issus de l’enseignement supérieur (contre 25% pour la population française), principalement des Sciences humaines. Ce niveau d’études va de pair avec certaines origines sociales et conforte le cliché selon lequel les participants incarneraient la « petite bourgeoisie ». Cependant, si l’on se penche sur leur activité, on constate que 40 % appartiennent à des secteurs en crise depuis vingt ans (artistes, journalistes, étudiants), que 20% sont sans emploi (le double du taux national), ou encore que 24% sont ouvriers et employés.

L’enquête s’intéresse aussi aux motivations des uns et des autres (précisons que les hommes représentent les deux tiers de l’assistance). Les occupants de la place sont-ils là à cause de la décrépitude des partis politiques traditionnels ? Pas forcément, car seuls 17% sont d’anciens encartés (un taux certes important par rapport à la moyenne nationale). Ont-ils participé aux grands mouvements sociaux par le passé ? Seule une petite partie d’entre eux. Idem pour la piste des jeunes diplômés sans emploi et révoltés (façon Tunisie ou Espagne) : pas plus de 6%. La lutte contre la loi travail semble évidemment au cœur du mouvement, un tiers des occupants de République ayant participé aux manifestations. Si 22% appartiennent à un syndicat, près de la moitié sont engagés dans une association (quelle qu’elle soit).

L’étude émet l’hypothèse que les participants se rendent aussi à République simplement parce qu’ils savent qu’ils vont y retrouver quelqu’un qu’ils connaissent (relations amicales ou professionnelles). Ou pour se tenir au courant de ce qui se passe. Ou pour passer une soirée agréable.

Par ailleurs, les résultats montrent que 20 % des personnes interrogées participent à l’une des commissions présentes sur la place. Enfin, concernant l’assiduité aux différentes Nuits, deux profils se dégagent : celui du nuitdeboutiste d’une seule nuit et dans son intégralité, et celui dont la présence est quotidienne (13%). L’étude révèle aussi que le taux de nouveaux venus est en augmentation.

Cette enquête fait référence, et permettra peut-être de limiter les contre-vérités véhiculées par les opposants à Nuit Debout. La commission qui en est à l’origine s’inscrit dans une démarche sans prétention, et souhaite avant tout nourrir notre réflexion. Une suite semble en préparation, nous sommes impatients de la connaître ! Edit : L’étude a été réalisée auprès de 400 personnes ont été interrogées sur quatre jours entre le 8 et le 28 avril.

U. pour Gazette Debout.

2016, mardi 10 mai

Les Cauchon sont toujours debout !

Les LE PEN, grand-père, fifille et Marionnette, cette famille atridicule, toujours soumise aux démons du défaitisme pétainiste et des alliances sous le manteau avec la grande finance, ont prétendu depuis longtemps annexer Jeanne d’Arc à leurs mauvaises actions contre la Nation et le Peuple de France. Voilà-t-il pas que le bellâtre MACRON aux manettes de Bercy avec SAPIN qui ne peut le voir en peinture, la réciproque étant vraie, vient de faire un pas de clerc à Orléans à l’occasion des fêtes johanniques où pour se faire passer pour un ersatz de DE GAULLE, il a parlé de la « bergère » de DONREMY … Pauv’ (ma)…con !

Dans les années 1880, la naissante république, IIIème du nom, avait besoin d’exalter la ruralité agricole et pastorale du passé pour inciter les familles paysannes à envoyer à l’école communale gratuite, obligatoire et laïque les gamins et gamines qui gardaient les vaches aux champs ou le long des chemins herbus, afin d’en faire des républicains et des républicaines. C’est pourquoi elle a donné à Jeanne la Pucelle, morte de mort violente avant sa vingtième année pour avoir permis d’identifier la légitimité politique de la France, le poétique métier de bergère … Mais plus de cent ans plus tard, les études johanniques ont expliqué qu’en pleine guerre civile et étrangère comme c’était le cas en France dans le premier tiers du XVème siècle, les enfants des villages étaient requis pour surveiller ensemble le troupeau du village et le soustraire ensemble aux attaques des pillards qui viendraient des hameaux voisins ...

Elle est née dans une famille de laboureurs, des gens qui possèdent un ou plusieurs trains d’attelage, pas vraiment des pauvres dans une société rurale à plus de 90 % ! N’étaient les précautions à prendre pour préserver ensemble les biens communaux, elle est élevée au village, dans la maison familiale, comme toutes les jeunes filles de son temps ; et c’est justement d’avoir à sortir du cadre convenu de la maison qui la pousse à se poser des questions sur la situation de son pays meusien, de son pays lorrain, de son pays français …

Monsieur MACRON aurait pu s’informer un chouia avant de sortir sa bergère du pré ! La question que Jeanne se pose avant d’entamer avec opiniâtreté son épopée, c’est celle que beaucoup de Français se posent aussi : qui est le roi de France, le lieutenant de Dieu sur terre ? Est-ce le « roi de Bourges » dont la reine sa mère, sous le contrôle des Anglais qui tiennent le pays, a dit qu’il était le « soi-disant dauphin » ? Il est vrai qu’avant ce « soi-disant dauphin »-là, Isabeau en a mis d’autres au monde morts avant son royal époux le roi fou Charles VI … Ou est-ce le petit-fils d’Isabeau, déjà roi d’Angleterre dont son oncle le duc de Bedford assure la régence en France ?

Même si la commémoration de la victoire de Jeanne à Orléans en 1429 et celle de la capitulation allemande en 1945 coïncident le 8 mai, même si les horreurs de la guerre étaient vécues en ces deux années-là depuis trop longtemps par les populations françaises de ces époques respectives, les raccourcis annexionnistes sont sujets à caution.

La population française de 2016 souffre certes de la guerre terroriste, mais elle souffre surtout des mauvais choix politiques que sa caste dirigeante dans laquelle s’est fondu sans difficulté Emmanuel MACRON, pratique depuis plus de trente ans.

Alors que Jeanne, c’est en quoi elle est une héroïne laïque, cherche à faire prévaloir l’intérêt général de ses compatriotes sur celui particulier de l’envahisseur étranger et de ses alliés, certains des grand apanagés du royaume, les oncles et les cousins du « gentil dauphin », la caste politique d’aujourd’hui spolie sans retenue les citoyens pour conserver à la grande finance actionnariale et mondialisée ses toujours plus juteuses prébendes !

Si ce n’est pas fonctionner à front renversé, qu’est-ce que c’est, Monsieur le Ministre, Monsieur le nouveau et éternel CAUCHON ?

Arsa arsa2.png

2016, samedi 19 mars

Est-ce que j’ai droit à l’athéisme ?

Je suis islamophobe, antisémite et antinégrophile* parce que je suis une raciste de pure race blanche (descendance en ligne directe d’Adam et Eve sans passer par Lucy cette péronnelle australopithèque gracile de l’African Rift Valley qui prétend que l’origine humaine est de race noire. En fait, elle était poilue et albinos … Qu’en pense Monsieur Yves COPPENS ?

Est-ce que ça vous suffit comme carte d’identité pétainiste (aucune filiation avec COPPENS qui lui est largement postérieur…) ?

Depuis que Lionel JOSPIN, ce menteur patenté (j’suis pas trotskiste**, c’est mon frère !) a décidé sans faire de vague*** que le foulard sur les têtes de certaines collégiennes et lycéennes étaient une avancée féministe, les choses ont sensiblement évoluées. Ainsi, il y a peu, Madame le Ministre de l’Education Nationale dans un entretien télévisuel a été confrontée à un connard qui ne sert pas la main des dames, dont cette main ministérielle et censée républicaine, parce que sa religion (laquelle ?) le lui interdit. Au lieu de remettre ses gants et son chapeau et de prendre ses cliques et ses claques, Madame le Ministre a continué à faire la causette avec cet ignoble individu que son sexisme devrait conduire devant les tribunaux.

La laïcité est à longueur de temps dévoyée. Sous prétexte que la République garantit la liberté de conscience et, sans s’en mêler, la liberté de croyance, voilà-t-il pas qu’en France on peut être chrétien sous diverses pratiques, juifs, musulmans d’obédiences plurielles, voire hindouistes, animistes ou bouddhistes …

Mais agnostiques … Kekcéksa ?

Alors athée … Vous n’y pensez pas !

Comment peut-on ne pas croire en dieu ?

Tout simplement parce que dieu (ou les dieux) n’existe pas.

Blasphème que de penser que les dieux sont des créatures de l’Homme alors que tout le monde sait bien que c’est le contraire…

Je ne m’autoriserai pas à traiter d’idiots ceux qui tiennent pour ce contraire ; mais au moins qu’ils ne m’emmerdent pas en voulant m’annexer parce qu’en 1941 j’ai été baptisée dans une de leurs foutues religions.

J’en ai marre d’être destinée à être intégrée à une communauté religieuse !

Nous sommes soixante six millions de Français. Et nous devrions tous entrer dans des communautés franco-religieuses ? Je ne crois pas en dieu (sauf Adonis, le dieu de l’éphémère pour lequel je planterai dans un pot un petit jardin de laitue, de fenouil et de ce qui me tombera sous la main, avant de le faire rôtir au soleil du dérèglement climatique pour qu’il soit bien desséché. Ensuite de quoi, je jetterai ce pot d’herbes flétries dans une mare désertée des grenouilles mais où les naïades le recevront comme un poétique hommage à leur éternité).

Moi qui fréquente assidument les églises – du moins celles qui sont ouvertes en semaine – pour y étudier des détails d’architecture et de mobilier ecclésial ****, j’y rencontre peu de bigotes et encore moins de bigots, à croire que certains jours, en dehors du curé qui y dit sa solitaire messe quotidienne et moi, personne n’en foule la nef et les bas-côtés. Les mosquées (ô vous, si belles, d’Istanbul, qui devez à SINAN autant la majesté que l’intimité de vos salles de prière) comme les synagogues ne doivent pas au fil de la semaine compter beaucoup plus de dévots.

Dieu n’est pas l’avenir de l’homme. Sans doute crie-t-il dans le désert …

En revanche l’homme est l’avenir de l’homme, sans dieux qui divisent la vaste et seule communauté humaine.

Ce sera ma seule parole de propagande athée. Car, en bonne citoyenne et en fervente républicaine je réserve au lieu clos de ma chambre mes effusions mystiques.

* En cette semaine de la langue française précédant celle de l’antiracisme, n’ai-je pas le droit à quelque néologisme ?

** Je n’ai rien contre Trotski sauf que je le trouve un peu pessimiste à penser que la Révolution dans un seul pays, c’est impossible. S’il avait fait l’hypothèse inverse ou du moins admis que c’était possible, il aurait sans doute, lui le maître de l’Armée Rouge, été un meilleur successeur de Lénine que ne le fut Staline … Mais les trotskistes de toutes les couleurs me rasent …

*** En protestant contre ce laxisme, les représentants d’AUTREMENT se sont faits taxer de « fascistes » par leurs petits camarades de la FSU … Merci rétrospectif !

**** Je suis co-propriétaire d’une armoire liturgique du XIVème siècle quelque part en Roussillon.

Arsa arsa2.png

Lequel est le plus bête ?

Voilà qui est un peu fort !

SARKOZY qui a inauguré son « règne » avec l’affaire des infirmières bulgares détenues en Libye, qui, pour les faire libérer et apparaître ainsi comme un maître de la diplomatie internationale, a utilisé les services d’une des houris de son gynécée, qui a poursuivi sa mandature avec la réception du grand chef libyen, KHADAFI, lequel débarquant en plein Paris avec sa smala a ridiculisé la capitale de la France en la transformant en oasis saharienne, qui enfin, dans la foulée du « printemps arabe » et pour le pervertir, a commandité le meurtre de celui dont des on-dit prétendent qu’il avait en partie financer sa campagne électorale de 2007 (KHADAFI, prototype de BYGMALION – ou big millions- en 2012 ? ), meurtre qui a mis à feu et à sang l’immense portion d’Afrique qu’est la Libye par laquelle transitent désormais, dans les deux sens Nord-Sud/Sud-Nord, les assassins djiadistes qui ensanglantent l’Afrique sub-saharienne, ose vilipender HOLLANDE qui commémore les accords d’Evian et le cessez-le-feu mettant fin à la guerre d’Algérie (18-19 mars 1962). Prétexte ? La guerre d’Algérie s’est soldée par une défaite française …

Pauv’con !

Le même SARKO a eu le culot d’organiser le débat sur l’identité nationale que les organisations de gôche ont boycotté sous prétexte que c’était un piège grossier et xénophobe.

Le SNCA e.i.L. Convergence a considéré que l’argument contre le débat péchait par autant de mauvaise foi qu’en manifestait son organisation. C’est pourquoi il a décidé de donner son point de vue* sur cette essentielle question de l’identité nationale, comme l’ont montré les tragédies de 2015, afin de bien fixer la ligne républicaine de tout engagement civique ou politique.

Manifestement, le point de vue énoncé par le SNCA e.i.L. Convergence a complètement échappé à celui qui prétendait organiser le débat. L’identité nationale, avons-nous dit, après l’avoir définie, c’est d’assumer les heurs et malheurs de l’histoire nationale : assumer la Saint-Barthélemy comme Valmy, PETAIN comme la Résistance, les guerres coloniales et celles de la décolonisation comme le Siècle des Lumières. Tout assumer ne veut pas dire, loin de là, tout justifier. Mais qu’un prétendu chef d’Etat ose ignorer que la République à la Présidence de laquelle il prétend pour la seconde fois, est née du désastre national, et pour y remédier, en dit long sur l’inculture historique, et par conséquent politique, de ceux qui nous gouvernent ou prétendent nous gouverner.

1792 : la guerre étrangère et la trahison de la monarchie.

1848 : la crise sociale et le discrédit des dirigeants politiques.

1870 : Sedan et l’invasion prussienne.

1944 : le sursaut de la Résistance contre l’occupation hitlérienne et la collaboration pétainiste.

1958 : la guerre d’Algérie au milieu du gué et la menace de guerre civile …

Arsa qui écrit ces lignes n’a jamais voté pour SARKOZY ni pour HOLLANDE ; et elle trouve déplaisant de sembler prendre la défense de l’un pour clore le bec du second.

Est-ce cela qui nous attend en 2017, le tête-à-tête SARKO/HOLLANDE ou, pas mieux, la présence, au second tour, de LA PEN qui est la honteuse héritière de toutes les défaites de l’identité nationale devant l’adversité ?

Que le Président qui admet dans l’Ordre de la Légion d’Honneur un prince salafiste qui finance le djiadisme dont des Français ont été, sont et seront les victimes est-ce moins ou plus scandaleux que de propager la guerre en Libye ? Ou de commémorer des accords qui ont mis fin à une guerre fratricide dont les plaies ne sont certes pas toutes refermées, entre deux peuples dont l’histoire commune a plus de deux siècles et n’est pas près de se clore ?

HOLLANDE est paraît-il un joyeux luron ; je pense que SARKO est plutôt du genre pisse-vinaigre et m’as-tu vu.

Puissent les dieux de l’Olympe qui ont laissé la trace légère de leurs pas en Libye, en Algérie, en France et dans tant d’autres beaux pays, nous épargner le joug d’imbéciles qui se disputent le pouvoir comme des chiens galeux se disputent un os !

Un mot encore.

Les souffrances actuelles de tant de pays du Proche et du Moyen-Orient sont en partie dues à l’impérialisme, ennemi de la démocratie, qui s’exprime avec cynisme dans les accords secrets SYKES-PICOT (mai 1916) qui ont donc cent ans cette année, et qui, en pleine Première Guerre Mondiale ont partagé entre les puissances coloniales qu’étaient l’Angleterre (SYKES) et la France (PICOT) les colonies arabes de l’Empire Ottoman, allié de l’Allemagne et en train de s’écrouler.

Quand donnera-t-on enfin la parole à ces peuples muselés depuis toujours et que la guerre civile, religieuse et le terrorisme massacrent ou obligent à l’exode toujours au prix de la vie des enfants, des femmes et des hommes qui sont pourtant nos concitoyens du monde ?

Quand, LA PEN ? Quand, SARKO ? Quand, HOLLANDE ?

Tous en train de ronger le même os, ils sont irrémédiablement sourds et bêtes

* A Montargis, à Cergy-Pontoise et à Nanterre.

Arsa arsa2.png

2015, jeudi 24 décembre

Sommes-nous vraiment si bêtes ?

Le soleil a rendez-vous avec la lune …
In le Soleil et la lune de Charles Trenet 1939

Dans sa chanson le Soleil et la lune, Charles Trenet parle des savants qui « annonçaient un jour la fin du monde » … En 1939, je n’étais ni née ni en cours de l’être. Il aurait pu, ce fou chantant, plutôt que des savants, dire un mot des charlatans … Non que les savants soient des charlatans … même si certains sont entre les deux et même plus qu’à moitié ! Car la corruption le dispute à l’ignorance en ce bas monde, le seul que je connaisse et dont j’espère qu’il lui arrivera tôt ou tard de changer. Dans le bon sens, s’entend, et aux deux sens du terme !

Toujours est-il que la COP 21 dont le statut anti-terroriste, et in extremis, a mal camouflé la vacuité, a permis d’étaler au grand jour que le réchauffement climatique est une affaire juteuse pour la finance, en particulier pour celle des assurances en tout genre. Les risques climatiques exigent de nouvelles sub primes qui feront éclore, incessamment sous peu, des « bulles », gages pour les uns, quand elles éclateront, de gros bénéfices, pour quelques autres d’un sacré bouillon ; quant aux assurés ils auront leurs yeux pour pleurer, et aux contribuables l’obligation de payer afin de renflouer des boîtes financières trop grosses pour couler et même pour être restructurées.

Cette intéressante perspective d’avoir à casquer pour remettre en état de nuire des banques et des sociétés d’assurance tous les huit ou dix ans n’affole pas trop les populations à qui d’ailleurs on ne demande pas leur avis. Mais jusques à quand seront-elles à ce point flegmatiques, pour ne pas dire résignées ?

Il faut dire qu’entre les « normales » saisonnières qui remplacent allègrement les moyennes thermiques et pluviométriques, dans (presque) tous les instants audio-télévisuels d’information donnée sous l’égide de Sainte-Météo, et les conneries de l’énumération des risques climatiques qui confondent les typhons tropicaux, les trains de perturbations du front polaire pendant la saison froide et les tsunamis (sic), il peut arriver que l’auditeur ou téléspectateur lambda se demande ce qu’on a bien pu lui apprendre à l’école, à lui l’informé ou à lui l’informateur …

Tout ce brouillis brouilla doit bien évidemment permettre d’arnaquer les vieilles dames et les jeunes couples dans l’unique but altruiste de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre ! Il est vrai que sept milliards et demi d’humains qui pèteront en 2016 ça sent plus mauvais qu’en 1950 (j’étais née, donc coupable) quand il n’y avait que deux petits milliards et demi de péteux.

Ce qui est étonnant dans ce grand raout mondial et mondain qui vient de se tenir au BOURGET et qui a réuni 130 chefs d’état et de gouvernement tous assistés de leur suite de dignitaires et de conseillers, c’est que le principal responsable des changements climatiques n’ait pas été invité. Il n’est pourtant pas très loin de là, à huit minutes seulement, minutes-lumière, je vous l’accorde ; mais enfin, c’est la porte à côté !

Ainsi, dans notre système solaire, l’étoile minuscule et thermonucléaire qui nous éclaire et nous chauffe, le Soleil puisqu’il faut bien l’appeler par son nom, est une quantité négligeable et un voisin peu fréquentable !

La planète que nous polluons avec aplomb et constance, est pourtant un petit morceau de soleil, un tison en quelque sorte, qui séparé de sa source se refroidit inéluctablement … Pour l’heure, si la Terre n’était pas enveloppée d’une atmosphère associant de nombreux gaz, la proximité du soleil la transformerait en un gros bloc de terre cuite. Inversement si dans l’atmosphère il n’y avait pas en proportion variable des gaz à effet de serre, le rayonnement terrestre nocturne refroidirait beaucoup la surface de la planète et entraînerait la constitution de vastes inlandsis et par conséquent un fort abaissement du niveau de la mer.

Les variations de climat de la Terre sont liées essentiellement à l’activité solaire ; leur amplitude et leur durée sont inconstantes, parfois très fortes, comme lors des glaciations, parfois moins comme lors du réchauffement médiéval qui a provoqué la rupture du littoral de la mer du Nord, la constitution des îles frisonnes et l’invasion marine des actuels Pays Bas.

A ma connaissance, les contemporains du début du réchauffement global il y a 30000 ans et ceux qui furent témoins et victimes de l’oscillation thermique au XIIème siècle n’ont pas attribué ces changements aux techniques humaines interférant avec les lois de la nature … Que la révolution industrielle qui compte deux bons siècles et l’expansion démographique qui lui est concomitante et se poursuit de nos jours aient sali et pillé la planète, c’est incontestable. Mais de là à concurrencer globalement le soleil … Nous sommes bien présomptueux !

Oui, les tempêtes sont destructrices. Et les navigateurs pour s’en prémunir au maximum, se sont longtemps contentés de caboter le long des rivages plutôt que s’aventurer en haute mer. Quand les littoraux ne sont pas occupés par les habitations des hommes et leurs équipements économiques ce qui fut le cas fort longtemps la vision apocalyptique au sens religieux du terme qu’en ont les rares spectateurs n’a rien à voir avec le catastrophisme qui accompagne de nos jours les commentaires de leurs destructions. Ces masses d’eau qui battent les falaises comme des béliers ont longtemps été ressenties comme terrifiantes et répulsives. Il y a à peine deux siècles que la mer est progressivement devenue attrayante* ; la haute montagne aussi d’ailleurs. Cette mutation traduit l’amélioration des conditions de vie qui donnent en plus de techniques qui permettent de se déplacer rapidement, des temps de loisirs de plus en plus longs aux travailleurs et à certains d’entre eux un pouvoir d’achat suffisant pour en réserver une part confortable à ces mêmes loisirs.

Cela fait donc 30000 ans, pic maximum de la dernière glaciation, que le climat se réchauffe avec des accélérations, des régressions, des stagnations ; qu’il y ait donc de nos jours une accélération n’a rien d’extraordinaire. Que le niveau de la mer en soit affecté cela est évident : en 30000 ans le niveau de la mer a monté de 70 à 80 mètres … Evidemment, des sociétés qui vivent de préférence et de plus en plus dans les vallées et sur les littoraux, ce qui n’était pas le cas dans un passé plus ou moins lointain, s’émeuvent d’une remontée de quelques centimètres ; d’autant que l’appât du gain a conduit à faire des constructions très denses et parfois dangereuses dans des secteurs menacés par les tempêtes et les crues liées à des phénomènes atmosphériques … ou par les tsunamis qui sont, eux, des phénomènes séismiques et volcaniques. La catastrophe bien réelle de FUKUSHIMA est largement due au non respect des consignes de l’administration nippone qui au XVIIIème siècle avait non seulement signalé comme inconstructibles les zones littorales victimes des tsunamis mais avait également établi le bornage de leur plus forte extension. Le capitalisme japonais au cours des deux derniers siècles a évidemment fait fi de cette sagesse administrative ; mais il est peu probable que ce même capitalisme, géré bien entendu par d’autres personnes souvent héritières des premières, paye la totalité des dommages et intérêts. Il y a fort à parier, en revanche, qu’il sait déjà tirer profit de la catastrophe qui affecte des centaines de milliers d’habitants du beau « pays du soleil » levant.

Tiens ! Voilà le soleil qui repointe son nez !

A défaut du ciel qui pourrait tomber sur nos têtes ou de la mise en accusation du capitalisme spéculatif et actionnarial qui tire profit de tout, la catastrophe climatique annoncée permet de dénoncer quotidiennement et à chaque instant de sa vie le simple quidam que tu es, que je suis. On se lave les dents en faisant couler trop d’eau ; on prend sa bagnole pour aller au boulot au lieu d’y aller à vélo ; on se chauffe au fuel au lieu d’utiliser de l’électricité auto produite ; on met à la poubelle les déchets alimentaires alors que c’est si bon pour les poules !

Dieux de l’Olympe, que nous sommes bêtes !

Mais les métaux lourds et les pesticides qui gorgent la terre et finissent dans notre assiette, qui les a produits et vendus ? Mais ces territoires éventrés, dévastés pour exploiter sables bitumeux ou gaz de schistes serait-ce avec la petite pelle que tu utilises dans ton jardinet de balcon que tu les as saccagés ? Etc. Etc.

Il faut des accusés : 7 milliards d’êtres humains c’est facile à trouver !

Mais la petite, toute petite dizaine de millions d’exploiteurs et de profiteurs qui ont intérêt à nous poussent vers la barre du tribunal est-elle non identifiable ?

Et (presque) tout le monde de donner comme preuve du dérèglement climatique provoqué par les hommes le beau temps qu’il fait au moment du solstice d’hiver. Il fait presque doux, les bourgeons gonflent sur le bois dénudé, le ciel est limpide … C’est le soleil qui, le rideau de la COP 21 retombé, vient nous dire qu’il est le maître de notre monde !

  • Alain CORBIN Le territoire du vide L’Occident et le désir du rivage 1750-1840

Arsa arsa2.png

2015, mardi 22 décembre

Les vieux, à la niche !

Sur les coups de minuit, le journal télévisé du dimanche soir de la 3 reçoit un-e invité-e qui commente avec le présentateur les évènements de la journée. Hier, Francis LETELLIER recevait une dame socialiste, plus ou moins porte-parole du parti et dont j’ai complètement oublié le nom : jeune et jolie.

L’évènement, c’était les élections législatives en Espagne et l’excellent résultat de « Podemos ». Donnant son opinion, la dame commence par dire que la situation en Espagne n’est pas la même qu’en France. Elle a en partie raison, l’Espagne n’est pas structurée de la même façon et c’est une démocratie relativement jeune ; mais elle a en partie tort, les deux pays subissent depuis des décennies une politique économique et sociale d’austérité fondée sur les exigences du libéralisme, i.e. le capitalisme actionnarial et spéculatif.

Le journaliste lui demande si les responsables politiques en France, en particulier la gauche et la soi-disant gauche de la gauche, peuvent s’inspirer de ce qui se passe en Espagne. A quoi la dame répond par une énormité ; la préoccupation principale des Français s’inscrirait, selon elle, dans la suite logique de la COP 21 et serait le souci de préserver l’environnement et tout le bla bla qui va avec.

Les téléspectateurs qui n’étaient pas encore profondément endormis ont dû sursauter : eux qui pensaient que le principal souci des Français était le piteux état de l’emploi et de leur pouvoir d’achat !

Ensuite, comme de juste, vint la question sur l’état d’esprit comparé des électeurs espagnols qui se sont très mobilisés le 20 décembre et des électeurs français qui restent majoritairement abstentionnistes comme l’ont montré les élections régionales au début du mois. Dans les deux cas, toujours selon la dame, qui un peu auparavant avait dit de Bernard TAPIE qu’à 70 ans passés il était un has been, les électeurs ont besoin de nouvelles têtes, d’un personnel politique rajeuni ; elle ne le dit pas mais le pense si fort que d’office les téléspectateurs encore éveillés se disent : « comme elle, comme NVB, comme Fleur PELLERIN, comme Emmanuel MACRON … »

Et si par hasard, cette dame qui fait du jeunisme sans le savoir et pratique sans vergogne la gérontophobie, confondait l’âge d’une personne et l’état d’usure de sa pensée politique ?

La pensée de Jean JAURES, né il y a 156 ans et mort assassiné il y a 101 ans, est certainement plus novatrice que celles de cette dame et du parti aux origines duquel il y a pourtant cette pensée qu’ils ont trahie depuis longtemps. Mesdames et Messieurs les fringants quadragénaires qui vous bercez de l’illusion que l’avenir est à vous parce que vos artères ne sont pas encore sclérosées, vous arrive-t-il de percevoir un bref instant que votre conception de l’organisation de la Cité est des plus éculée ? Pour organiser le futur de la vie dans la Cité, les lieux communs de la pensée unique ne font pas, ne font plus l’affaire. Certes, il y faut des principes parfois énoncés depuis fort longtemps ; mais que valent les principes sans la conviction qui leur donne toute leur énergie et leur efficacité ?

Votre conviction à vous, Madame …, est que trouver ou ne pas trouver du travail quand on est jeune, ou qu’on n’est plus un quadra aux dents plus ou moins longues, ne peut être une préoccupation majeure ; ni que la faible épaisseur du porte-monnaie peut gâcher la vie quotidienne … Votre âge, votre carrière politique ôtent ces aspérités de votre chemin.

Vous avez de la chance, Madame … ; mais, toute jeune et jolie que vous soyez, vous n’êtes pas du tout l’avenir de la France !

Arsa arsa2.png

2015, vendredi 11 décembre

En quoi SARKO est-il plus bête que le roi de Hollandie ?

C’est pas peu dire …

A l’occasion de la campagne électorale du second tour des régionales, la bande à SARKO qui n’a pas beaucoup de réserves à la différence de l’ost du roi de Hollandie qui a pourtant fait piètre figure au premier tour, tente de débaucher les électeurs de LA PEN.

Les candidats de la bannière sarkoziste font à la manière MORANO, cette oie qui n’a pas toujours tort mais qui est irrémédiablement stupide (Arsa adore les oies qui reviennent de la mare pour savourer dans la basse-cour la pâtée du soir préparée amoureusement par Peau d’Ane et, encore plus, l’oie à l’instar de Visée qui est une merveille fondante de la cuisine belge – une de ses arrière-grands-mères était belge …) : que je t’agite la race blanche et la culture judéo-chrétienne pour convaincre les électeurs « frontistes » et les abstentionnistes du premier tour de venir voter pour eux. Pitoyable …

Premièrement : parmi ces ci-devant abstentionnistes, il est peu probable qu’il y ait beaucoup de nostalgiques de Vichy dont le souvenir et l’idéologie sont tout de même à la base de la création du FN par papa et ses amis d’Ordre Nouveau en 1972 ; en effet, s’il y a plus de 14 pétainistes indélébiles, pour 100 électeurs inscrits et potentiels, pourquoi n’ont-ils pas fait le déplacement jusqu’à l’isoloir le dimanche 6 décembre 2015 ? Ils étaient partis à la pêche ou à la chasse … Ils pouvaient même être à l’agonie sur un lit d’hôpital ! L’un dans l’autre, ça fait pas grand monde …

Deuxièmement : les 14 électeurs sur 100 qui ont voté FN dimanche dernier l’ont fait, soit par conviction extrême droitière, soit par protestation contre la politique néolibérale menée depuis des décennies par l’alternance droite-gauche qui démolit la souveraineté nationale, qui privilégie les nantis et paupérise les catégories laborieuses du pays. Pourquoi ces déçus de l’alternance iraient-ils voter dimanche prochain pour l’un ou l’autre de leurs bourreaux , que ce soit les hollandistes ou les sarkozistes ? Ils voteront blanc ou s’abstiendront.

Troisièmement : comme leur patron, les candidats sarkozistes sont agités de tics qui les font se trémousser et donner des coups d’épée (de bois) dans l’eau ; ce n’est pas un programme rassurant quand il s’agit de faire venir un abstentionniste voter pour ses listes.

       Y aura-t-il un raz de marée bleu marine ? Peu probable, surtout quand Pierre GATTAZ (un autre fils à papa !) le patron du capital en France n’a pas encore estimé qu’il était temps de pactiser avec le fascisme.
      Y aura-t-il un déferlement bleu (de roy ?) ? Peu probable, là encore, car l’appoint des transfuges FN sera insignifiant.
      Y aura-t-il une marée rose (bonbon) ? Vous rigolez ! Mais c’est quand même la seule élection dite intermédiaire depuis 2012 que le parti de François HOLLANDE ne perdra pas complètement en rase campagne. Notre actuel Président sera donc guillerettement conforté dans sa décision d’aller aux présidentielles de 2017.

Pour le coup, l’avenir n’est pas rose du tout, avec le trio infernal, François, Marine et Nicolas!

Mais d’ici là, l’eau aura coulée sous les ponts … malgré le réchauffement climatique !*

Arsa arsa2.png

* Ou à cause du dit réchauffement …

2015, mardi 1 décembre

Encore les élections !

Les 6 et 13 décembre prochains les Français sont appelés aux urnes pour élire les nouveaux conseils régionaux et, indirectement, les nouveaux présidents de région.

Première remarque : les régions métropolitaines qui lors du dernier vote étaient au nombre de 22 sont désormais réduites à 13 pour mieux, sans doute, les transformer en Länder d’un FRANCKREICH fédéral plus convenable que la République Française Une et Indivisible …

Sur ce sujet épineux, qui consiste à re- et sur-dimensionner les régions, les citoyens n’ont pas été consultés ; quelques petits sondages d’opinion par-ci par-là pour savoir quel nom ils souhaitaient voit arborer par leurs régions dilatées … Mais aucun referendum qui aurait pu faire savoir que les citoyens français n’avaient que faire d’un état fédéral. Car les Français sont jacobins et ce, même avant la Révolution de 1789 : c’est d’ailleurs pour ça, entre autres, qu’ils l’ont faite !

Deuxième remarque : les sondages agitent devant les partis traditionnels de gauche et de droite le drapeau bleu marine de Madame LA PEN qui pourrait gagner en PACA et en ex-NORD-PAS-DE-CALAIS. Ces sondages sont construits sur les résultats électoraux d’il y a six ans, lors des dernières élections régionales … Depuis l’eau a coulé sous les ponts.

Et même le sang…

Entre 46 et 47 % d’électeurs seulement iraient voter ? Bien sûr que non. Le « parti » des abstentionnistes va sortir du bois. Avec quelques 4 ou 5 points de participation supplémentaires, le drapeau bleu marine fera triste mine devant le drapeau tricolore, celui de la nation républicaine.

Troisième remarque : car ce que les réactions au lendemain des meurtres de janvier et de novembre ont clairement manifesté, c’est que la foule des citoyens, y compris ceux qui depuis mai 2005 ont compris quelle manipulation cynique la caste politique avait exercé sur le suffrage universel, va s’en ressaisir. Les abstentionnistes ne sont pas lepénistes, même si la fifille à son papa peut encore en avoir convaincu quelques-uns. Ce sont surtout des républicains déçus par des dirigeants qui jonglent avec les principes, les valeurs et les symboles de la République dont ils se moquent en fait éperdument.

Le 6 et le 13 décembre, les citoyens français reprendront le chemin des isoloirs non qu’ils se passionnent pour des régions qui ressemblent aux provinces d’Ancien Régime ; mais pour montrer qu’ils sont, n’en déplaise aux partis politiques qui prétendent les manipuler, eux, de vrais républicains ; pour montrer que comme leurs pères d’il y a plus de deux cents ans, ils sont de taille à reprendre leur destin en main, dès le lendemain des élections s’il le faut.

Le peuple n’est jamais frivole quoique en disent certains, surtout quand il s’agit de son avenir et de celui de ses enfants.

Vive la République, vive la France, vive le Peuple souverain !

Arsa arsa2.png

2015, jeudi 19 novembre

Plaidoyer pour Nadine

Médiapart, à l’occasion d’une discussion que ce media en ligne organisait après les tueries du 13 novembre 2015, a ouvert, en libre accès, son site, pendant quelques heures, mardi 17. C’est ainsi que j’ai pu lire la lettre ouverte qu’un professeur d’histoire-géo adressait à Nadine MORANO. Cette lettre datait d’un certain temps et relevait, avec sagacité, esprit, beaucoup de références historiques et géographiques indubitables et un brin de méchanceté, les absurdités que l’ancien ministre de SARKO a débitées récemment sur la race blanche et la culture judéo-chrétienne qui, selon elle, caractérisent la France. Mon presque collègue imputait à l’inculture de Nadine et, par diverses expressions, au fait qu’elle n’est pas fufute, les âneries qu’elle avait proférées.

Soit. Elle est nulle et n’a pas inventé la poudre (moi non plus d’ailleurs…)

Je voudrais toutefois apporter un rectificatif à la tonalité de cette lettre et au jugement qui en découle concernant Madame MORANO.

Elle était interrogée par des journalistes sur un évènement précis auquel elle avait participé.

Se trouvant gare de l’Est à Paris, soit venant de Lorraine, soit s’apprêtant à y repartir, elle a croisé dans le hall ou sur les quais, un être à l’identité incertaine, un individu revêtu de la burqa intégrale dont le port interdit au premier regard de déterminer de quel sexe relève la personne ainsi affublée, et qui est interdit par la loi. Son sang n’a fait qu’une tour et, ni une ni deux, la voilà s’enquérant auprès de la police en service pour quelle raison cette burqa circule impunément.

Serait-ce, Monsieur le Professeur, que la loi est faite pour être violée ? Est-ce parce qu’il la viole dans une telle circonstance de nez à nez avec une burqa anonyme et qu’il la laisse continuer son chemin qu’un quidam s’exempte d’islamophobie et qu’un de ses congénères qui ne la viole pas et proteste contre un tel délit devient ipso facto un horrible raciste ?

Les journaleux qui interrogeaient la dame sur ce fait divers, lui ont ensuite posé d’insidieuses questions et, en tablant sur sa bêtise, l’ont poussée dans ses derniers retranchements jusqu’à lui faire dire des conneries.

Certes, Nadine MORANO s’expose à de telles manœuvres par son appartenance militante et publique à un parti politique. Pour autant, ces manœuvres en sont-elles plus acceptables ? Il est facile d’en rire.

Mais qui est plus républicain que l’autre ? Celui qui s’insurge contre la transgression de la loi ou celui qui s’en accommode ? La MORANO est une bécasse, vraisemblablement raciste sur les bords, en quoi elle est semblable à bien des Françaises et des Français. En est-elle moins une citoyenne de la République ? En est-elle moins républicaine ? Pour elle, en tout cas, le port de la burqa est une « provocation à la République ». Et elle a raison.

Sans rancune, Monsieur le professeur ?

Arsa arsa2.png

2015, mardi 10 novembre

L’année des trois mousquetaires *

La fin de l’année 2015 est marquée par la COP2, raout de chefs d’états et de gouvernements, pour la plus grande gloire de François HOLLANDE qui pense qu’en se faisant passer pour le champion de la lutte contre le réchauffement climatique, il acquiert ses galons internationaux de véritable chef d’Etat. Comme si on pouvait commander au soleil de mettre en veilleuse ses cycles brûlants. Elle est aussi marquée par les élections régionales destinées à donner un exécutif aux nouvelles grandes régions dont aucun referendum n’a demandé aux Français s’ils en voulaient ; ces régions ressemblent étrangement aux provinces d’Ancien Régime dont les premiers citoyens français se sont débarrassés en moins de quinze jours : c’était en juillet …1789 ! Mais, surtout, elles s’efforcent d’être les sosies des Länder germaniques, dont il n’est pas sûr non plus que veuillent les Français, toujours plus jacobins que girondins ; on ne tire pas un trait sur plus de mille ans d’histoire centralisatrice parce que les pratiques allemandes sont in ! A propos du fleuron germanique qu’est la firme automobile Volkswagen, rappelons qu’elle est un héritage superficiellement dénazifié du IIIème Reich et que les capitalistes qui la gèrent et qui y fraudent ont des arrières grands-pères qui ont financé l’arrivée de HITLER au pouvoir ! Ce qui devrait refroidir quelque peu les laudateurs du made in Germany économique, social et politique.

Cette année 2015 avait bien mal commencé avec les ignobles meurtres religieux de journalistes de Charlie Hebdo et de certains de leurs gardes du corps, d’une policière à Montrouge et de clients et employés du super marché Cacher de l’avenue de Vincennes. Même si la tentative de récupération par l’actuel pouvoir des grandes manifs laïques et républicaines du 11 janvier à Paris et en province n’a pas vraiment marché, tout au long de l’année le Président de la République et son Premier Ministre ne se sont pas fait faute de tirer la couverture à eux, sans grand succès il est vrai.

L’année 2015, c’est surtout le déferlement ininterrompu de populations chassées du SOUDAN, de l’ERYTREE, de SOMALIE, de LIBYE par la guerre et des régimes politiques terroristes comme c’est aussi le cas depuis l’AFGHANISTAN, l’IRAK et la SYRIE. Ces millions de victimes s’entassent aux frontières des pays voisins d’Afrique et du Proche–Orient, affreusement démunis pour faire face à ces afflux de populations réfugiées. Quand quelques centaines de milliers d’entre ces malheureux gagnent au péril de leur vie les côtes de l’Europe, la belle Union Européenne qui a montré sa mesquinerie dans l’affaire de la crise grecque, chipote sur le nombre de réfugiés qu’elle peut accueillir et laisse certains de ses états membres ériger des « murailles de Chine » de papier, certes, mais combien cruelles et stupides.

Sur tout cela plane le sombre drapeau brun de DAESH qui prétend imposer au monde un nouveau califat qui est aux califats ommeyade (VIIème-VIIIème siècle) et abbasside (VIIIème-XIIIème siècles) ce que fut le Reich nazi au Saint Empire Romain Germanique (962-1806) et même au prétentieux Reich bismarckien (1870-1918).

Voilà qui permet à LA PEN de sortir des querelles familiales en dénonçant le laxisme des autorités françaises qui laissent déferler des hordes d’islamo-arabo-barbares sur les belles campagnes françaises.

A Blois, Loir-et-Cher, sont arrivés via la « jungle de Calais », même pas une soixantaine de ces pauvres migrants demandeurs d’asile que tous d’ailleurs n’obtiendront pas. Une horde de soixante personnes ! Le FN mariniste et loir-et-chérien colle ses affiches, distribue ses tracts et brandit ses pancartes ! Pauvres cons … Leurs prédécesseurs dans la xénophobie et l’esprit réactionnaire ont mieux accueillis, avec drapeaux et chants martiaux, les invasions germaniques de 1940 … Par exemple, à MONTOIRE qui se trouve être une localité … du Loir-et-Cher ! Les temps changent ; mais pas la bêtise ni la méchanceté qui sont accrochées aux hommes comme les morpions aux pubis des pioupious encasernés ou en opérations militaires !

Dans la première moitié du Vème siècle des barbares qui n’étaient ni arabes ni musulmans (Mahomet n’était pas né, ni même sa mère …) mais d’origine extrême asiatique, voire un peu « jaunes » sur les bords, les Huns puisqu’il faut bien les appeler par leur nom, attaquèrent l’empire romain moribond. L’un de leurs chefs, ATTILA, poussa l’outrecuidance jusqu’à venir razzier les provinces des Gaulles. La légende plus que l’histoire dit même que ses guerriers ravagèrent l’actuel Loir-et-Cher et y violèrent nombre de pauvres filles réfugiées dans les forêts. D’où leur descendance de « ventres jaunes » puisque aussi bien c’est ainsi que sont surnommés les Solognots.

Arsa doit à la vérité de contredire cette poétique explication d’un sobriquet qui de nos jours a perdu sa raison d’être. En effet, la belle forêt de Sologne et ses clairières étaient, il y a moins de deux cents ans, une pauvre contrée de marécages et de paludisme ce qui explique, physiologiquement si l’on peut dire, le teint jaunâtre, et pas seulement le ventre, de nombre d’habitants. Mais le futur vaincu de BISMARCK, s’intéressait à la Sologne où la famille de sa mère, Hortense de BEAUHARNAIS, avait des terres et un château. Devenu NAPOLEON III ce descendant des BEAUHARNAIS fit assainir le pays par des drainages et des boisements. Comme quoi, même un tyran peut faire des choses utiles. Des automobiles, par exemple … Voyez Volkswagen dont il est question plus haut.

Et HOLLANDE dans tout ça ? Eh bien, il reste le sigisbée d’Angéla comme il l’a été dès et depuis le soir de son intronisation à l’Elysée. Sa vision politique est aussi étriquée à l’extérieur qu’à l’intérieur. Grâce à MACRON, il fignole ce que SARKO a dégrossi en matière de blanc-seing donné au libéralisme économique et assomme les Français petits et moyens de vie chère et d’impôts. Grâce à FABIUS, il fait semblant d’avoir une politique étrangère qui s’enlise au SAHEL et qui met la charrue avant les bœufs au Proche-Orient. Pour battre HITLER, les Etats-Unis qui ne sont pourtant pas très fins dans les relations internationales, ont pactisé avec STALINE et fait passer le front atlantique avant le front pacifique où ils étaient, nonobstant la résistance chinoise, les seuls à se battre contre les Japonais. HOLLANDE, lui, fait de la défaite d’EL ASSAD la priorité avant le combat contre DAESH …

Faudra-t-il d’autres massacres et d’autres 11 janvier pour qu’il change sa façon molle et péremptoire d’humilier la France ?

HOLLANDE, LA PEN, SARKO …Sont pas reluisants, nos trois mousquetaires !

Arsa arsa2.png

* Avec Angéla MERKEL dans le rôle de Milady ?

- page 1 de 9