2017, dimanche 23 avril

Vite et sans panique

Mes remerciements vont

à Ahmed qui sans hésiter m’a menée auprès de l’équipe performante de la Pitié-Salpêtrière,

à cette équipe de médecins, infirmiers, soignants et agents de vie quotidienne qui m’a prise en mains du 28 mars au 5 avril 2017,

à Marie-Laure qui fut une « visiteuse hospitalière » souriante, dévouée et efficace.

Dans la soirée du 28 mars, alors que je terminais mon dîner, j’ai trouvé que le morceau de gâteau que je mâchais n’était pas bon, qu’il avait une consistance déplaisante, que pour le rouler dans ma bouche puis le déglutir, j’éprouvais de la difficulté. Il restait un biscuit sur l’assiette que j’ai prise pour la mettre au réfrigérateur. C’est alors que j’ai vu mon bras droit qui pendait lamentablement le long de mon flanc … Dans la salle d’eau, il résistait à mon intention qu’il mette ma main droite sous le robinet pour la laver.

Je suis allée m’assoir sur une des banquettes dans la partie du studio plongée dans l’obscurité ; et j’ai pensé à ce qu’il fallait faire … Me reposer ? Attendre demain matin ? Aller immédiatement à l’hôpital ? Il me semblait que ce bras qui pendait, inerte, trahissait un AVC qu’il faut traiter dans les 5 ou 6 heures qui suivent pour éviter des complications graves. Je pensais à cela sans aucune panique.

Je me suis levée, j’ai mis mon manteau, j’ai pris mon sac et j’ai, avec la main gauche, fermer la porte à clef. Mon intention était d’aller à l’hôpital de La Pitié-Salpêtrière qui est proche de mon domicile. Le soir, les accès donnant sur le boulevard Auriol sont fermés. Il faudrait que je prenne des petites rues pour rejoindre le boulevard de l’Hôpital et la seule entrée ouverte la nuit pour gagner les urgences de La Pitié. En sortant de mon immeuble, j’ai vu que le bar voisin était encore ouvert. Je suis entrée et, à ce moment-là, j’ai constaté que je ne pouvais plus parler de façon intelligible. Le patron a tout de suite compris. Il a dit aux deux consommateurs qui étaient encore-là qu’il leur confiait la boutique et m’a embarquée dans sa voiture. Je n’arrivais pas à mettre la ceinture ni à proférer une seule phrase cohérente, ce qui m’a énervée. Arrivés à l’entrée de La Pitié, on nous a laissé passer sans difficulté, mon chauffeur ayant immédiatement signalé qu’il me menait aux urgences. Je devais avoir la tête de l’emploi !

Aux urgences, Ahmed, m’a installée dans la salle d’attente, a récupéré ma carte d’identité qu’il a confiée à l’accueil ; puis il est reparti s’occuper de son bar. Comme d’habitude, je n’avais ni carte vitale ni rien permettant d’attester que j’étais assurée sociale, sauf un bout d’ordonnance que j’ai porté à l’accueil, sans pouvoir réussir à énoncer les explications que j’avais en tête ; on m’a assurée que tout était en règle et que je n’avais qu’une chose à faire : retourner dans la salle d’attente jusqu’à ce qu’on s’occupe de moi.

Pour patienter, j’ai pris le livre que j’avais dans mon sac (un livre sur les paroisses de Paris au Moyen-Age !...) Je lisais une phrase correctement sauf qu’à la fin de cette phrase, je ne savais plus très bien quel en était le début.

Très vite, un interne m’a appelée. Je n’avais pas de problème pour marcher ; il n’y avait que ce bras qui pendait et l’élocution qui ne permettait pas qu’on comprenne ce que j’avais à dire. Au questionnaire sur mon état de santé, sur les médicaments que je prenais, j’étais incapable de répondre de façon compréhensible pour un tiers et pour moi-même. Un moment, pourtant, j’ai réussi à énumérer presque facilement ces fameux médicaments dont habituellement je ne retiens guère les noms, laissant l’habitude de les prendre se substituer à la maîtrise de leurs dénominations et de leurs posologies détaillées … Puis mon verbiage est redevenu inintelligible pour un quelconque auditeur. L’interne est sorti. J’ai pris mon agenda et un stylo ; sur les dernières pages du mois de décembre, j’ai écrit la liste des médicaments ; j’ai plutôt tenté de l’écrire de la main gauche … L’aspect de l’écriture et les mots tracés m’indiquaient clairement, si je puis dire, que la bouillie de mes paroles valait bien celle de mon écriture !

L’interne est revenu avec un aide-soignant et un fauteuil roulant. J’ai, en cet équipage, traversé toute la salle d’attente pour me retrouver dans une grande pièce médicalisée. Installée désormais sur un brancard, je me suis retrouvée torse nu avec, je pense, une batterie d’électrodes. A vrai dire, j’étais très consciente de ce qui se passait autour de moi et en même temps ma mémoire n’a pas capté tous les détails du déroulé des premiers soins qui m’étaient prodigués. Il y a eu une prise de sang à l’intérieur de l’avant-bras gauche (quinze jours après j’en avais toujours la marque) ; il y a eu une pose de cathéter sur l’avant-bras droit inerte et, sans doute, au bout des tuyaux, une poche de quelque chose … Des sédatifs peut-être. Des anticoagulants ?

Il y avait une femme assise auprès de moi – était-ce celle de la prise de sang ? Je ne sais pas – quand en face de nous une porte à double battant s’est ouverte devant deux ou trois jeunes gens bruyants et se disposant à entrer. La femme a agité la main en leur ordonnant de se retirer et d’attendre. Puis elle a dit, me semble-t-il, « Qu’est-ce qu’il ne faut pas voir ! » d’un ton à la fois enjoué et désabusé. Une autre femme souriante s’est approchée de moi en me disant : « Comme on se retrouve ! Nous nous sommes vues à l’accueil tout à l’heure. Je peux prendre votre bague ? » Elle l’a retirée de mon annulaire gauche qui était parfaitement conscient, lui, des gestes qu’il faisait ! Puis elle s’est installée avec mon grand sac en faux croco (dix euros au marché de Château-Renard !) à l’autre bout de la pièce. En la voyait fourrager longuement dans ce sac, en sortir une masse de choses, ouvrir des pochettes, examiner portefeuille et porte-monnaie, je n’avais pas envie de protester – j’en aurais été bien incapable étant donné que ma parole était devenue sans signification – mais je me sentais rassurée ; je ne savais pas pourquoi elle faisait cela, de même que j’attendais sur mon brancard sans savoir ce que serait la suite des évènements ; mais je faisais partie pour l’instant du décor familier de ces femmes qui à un moment ou un autre s’occupaient de moi. N’étais-je pas venue aux urgences pour qu’on s’occupe de moi ? Et même si l’attente était longue - d’ailleurs par quoi pouvais-je estimer sa durée ? - c’était de moi qu’on s’occupait. Je ne m’impatientais pas.

Deux hommes sont apparus avec une étrange machine à roulettes, peinte comme une girafe à quoi elle ressemblait avec son cou replié mais qui se redressait pour les examens qu’elle permettait de faire : un équipement radiologique ambulant ! A vrai dire, j’avais oublié cette visite. Mais quelques jours plus tard, alors que j’étais à l’étage de l’hospitalisation de l’Unité Neuro Vasculaire, j’ai vu le trio (deux hommes et leur machine-girafe coloriée) passer ; alors, seulement, je me suis souvenue qu’il m’avait rendu visite dans la première phase de ma prise en charge par les urgences.

La survenue de brancardiers m’a installée de position assise qui était la mienne jusque- là en position allongée, et cela pour plusieurs heures, avec parfois des transbordements d’un brancard à l’autre à l’aide de draps manipulés par des infirmiers et des aides-soignants. Cela pèse lourd un corps de malade auquel on demande de se laisser faire … Me voilà dans des couloirs dont je ne perçois que les plafonds, qui bifurquent, assez faiblement éclairés, avec à mes côtés un radiologue qui m’incite à rester calme. Je n’ai pas l’intention de m’agiter : je voudrais qu’on m’explique ce qui m’attend. Mais les mots ne veulent pas obéir aux questionnements que je souhaite faire !

Puis, je suis dans une pièce où j’apprends que je vais subir une IRM. Je connais ; mais pas pour le cerveau.

Mes souvenirs sont précis – les boules dans les oreilles car « ça fait beaucoup de bruit », me dit-on, et l’alarme qu’on me glisse dans la main pour prévenir en cas de panique pendant l’examen. Je sais que ce sera long ; cependant, même si la durée de cette IRM m’a paru effectivement longue, cela ne m’a jamais semblé interminable. A la lecture que j’ai faite depuis du compte rendu de mon hospitalisation, je me rends compte que les interventions auxquelles j’ai été soumise pendant cette nuit du 28 au 29 mars 2017 ont duré longtemps (par exemple thrombolyse à 3 h et recanalisation par thrombectomie à 4h30)*. Or, je n’ai pas l’impression d’avoir dormi pendant toutes les procédures de soins et je n’ai pas non plus ressenti que cela durait si longtemps. Est-ce l’effet de ma pathologie du moment ou celui des médicaments administrés par perfusion ? Il faudra que je pose la question si l’occasion s’en présente.

Toujours est-il qu’à peine sortie de la machine de l’IRM, et pendant que le radiologue qui me conseillait tout à l’heure de rester calme m’annonce que je vais être entre de bonnes mains, je suis mise sur un nouveau brancard, couverte par je ne sais quoi et transbordée dans une camionnette-ambulance qui se lance à toute vitesse dans la nuit noire et dévale vers la Salpêtrière. Cela, je le comprends, même si, sur le coup, je ne réalise pas vraiment quel itinéraire nous parcourons. En fait, c’est très simple ; en sortant des urgences qui se trouvent à la Pitié et donnent sur l’avenue de la Nouvelle Pitié, nous l’avons prise à droite puis, en tournant à gauche à son extrémité, nous avons descendu la Rampe, plutôt raide, qui rejoint la Salpêtrière proprement dite. Cette Rampe est parallèle au bd Auriol qui, partant de la Place d’Italie, s’achève à la Seine. Elle change de nom et devient la rue Esquirol** à l’intersection avec l’Allée Le Vau qui se prolonge hors les murs de l’hôpital par une partie de la rue Bruand, du nom du constructeur de la superbe chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière. L’ambulance a longé le flanc ouest des installations de stomatologie puis, à peine coupée l’avenue de l’Hôpital Général, elle s’est engouffrée, à droite de notre route, sur le plan incliné bétonné qui mène au sous-sol des services de neurologie cérébrale BABINSKI***. C’est là que sont installés les équipements les plus performants de cette branche de la médecine et de la chirurgie et que se traitent, entre autres, les urgences neuro-vasculaires dont mon cas relevait.

Ce que j’appelle la salle des opérations était éclairé sans violence. Je garde l’impression que la lumière tirait vers le vert ; mais sans doute est-ce par la contamination que j’ai faite avec les tenues vert-pâle réservées aux blocs opératoires. Il y avait deux hommes, barbus, dont l’un portait déjà un masque. C’est lui qui m’a parlé puis expliqué le déroulé des évènements dont, manifestement, il était l’ordonnateur et le coordinateur. Il avait une voix claire et avenante. Je n’ai pas entendu parler l’autre qui a procédé à l’intervention corporelle proprement dite.

Il y avait quelques femmes coiffées de vert, assises près d’écrans dont, sans lunettes et couchée sur le dos, je ne pouvais suivre les images ; l’une d’elles n’avait pas la coiffe réglementaire, mais une sorte de haut turban drapé dans un tissu aux couleurs vives où dominait le rouge. C’était incongru et très seyant. Nue comme un ver, on me plaça sous une grande machine émaillée du beige radiologique. Placée comme j’étais, je ne voyais pas la caméra qui certainement permettait de suivre et surtout de commander les manœuvres opératoires. Une des femmes près de moi me dit qu’on allait raser mon aine droite et une partie du bas ventre, ce qui, selon elle n’était pas agréable. Ce fut le barbu taciturne qui s’en chargea pendant que l’autre homme, placé loin derrière moi, me recommandait de tenir ma tête bien droite et me prévenait qu’il y aurait des moments où je sentirai de la chaleur et qu’il ne fallait pas que je m’en effraye.

Une fois l’épilation terminée, le taiseux resta seul auprès de moi. Je n’ai pas senti l’incision par laquelle fut introduite la sonde exploratoire que tout au long de l’intervention il guida avec le plat de ses doigts. Lors de la coronarographie que j’ai subie en 1994, l’incision de l’artère fémorale avait provoqué un hématome d’autant plus impressionnant que quelques heures plus tard « un épisode de mort brève » par arrêt circulatoire entraîna un complet bouleversement dans la suite jusque-là prévue des évènements ! Cette fois-ci, rien du tout … Juste un minuscule petit pansement qui, une fois parti sous la douche, laissait sous le doigt une très légère protubérance vite disparue elle aussi. J’ai senti cette chaleur annoncée ; mais rien d’excessif. Puis les mains ont cessé de faire progresser la sonde et le chirurgien de sa voix avenante a dit : « C’est fini ! ». J’ai levé mon bras droit qui fonctionnait comme il faut et dit d’une voix claire un « Merci » sonore et de nouveau plein de sens.

L’équipe semblait s’ébrouer après la tension de l’intervention. Pendant qu’on me réinstallait sur un autre brancard après m’avoir enfilé une chemise de l’hôpital, j’ai entrevu le radiologue de la Pitié qui était venu jusqu’à BABINSKI prendre des nouvelles de l’AVC de la nuit ! Tout le monde, moi y compris évidemment, semblait soulagé et content du travail accompli et bien fait. Cette salle d’opération, cette équipe chirurgicale ont sans doute connu des fins d’intervention beaucoup moins optimistes que celle de cette nuit du 28 au 29 mars 2017.

J’ai été conduite en salle de réveil où je suis restée longtemps, souffrant d’une forte incontinence urinaire parce que, je l’ai su plus tard, l’intervention de « recanalisation par thrombectomie » exige un important approvisionnement du corps en eau … De petits inconvénients accompagnent la grande réussite du sauvetage complet d’un patient – en l’occurrence une patiente – frappé d’un AVC ! Une femme très souriante s’est approchée de moi dans la pénombre pour demander de mes nouvelles. Ses cheveux blonds, ondulés, encadraient son visage. Je l’ai pourtant immédiatement reconnue : c’était la belle enturbannée qui avait abandonné sa coiffe éclatante !

Plus tard, j’ai été transportée par des couloirs dont je ne voyais que les caissons des plafonds jusqu’à l’ascenseur qui m’a conduite au rez-de-chaussée du bâtiment dans un boxe du service des soins intensifs où je suis restée jusqu’au vendredi 31 mars.

Dès mon arrivée, après quelques examens systématiques de la température, de la tension, de la glycémie (en une semaine mes doigts furent tous « plus becquetés … que dés à coudre »****), ce fut la pose d’une sonde urinaire après une rapide échographie montrant que ma vessie était au maximum de ses capacités de rétention … Cet acte prosaïque se prolongea un tant soit peu parce que l’infirmier de service, au demeurant efficace et charmant, souhaitait initier une stagiaire à l’exercice en question. Ce fut un peu long, plutôt inconfortable ; mais en possession de tous mes moyens moteurs et surtout d’élocution, je décidais de ne pas faire un drame de cet intermède. A vrai dire, j’étais claquée et aspirais à dormir, ce qui, dans un service de soins intensifs, est problématique. Il y a toujours une prise de sang à faire, une tension artérielle à prendre, une perfusion à changer, une injection d’insuline à pratiquer, quand ce n’est pas, de jour et de nuit, une excursion au scanner ou à l’IRM ! Mais cela fait partie de l’accompagnement médical nécessaire à la guérison. Donc, je ne bronche pas !

Après un assoupissement plutôt qu’un vrai sommeil, les activités de la première équipe de jour me trouvèrent disposée à ne pas leur faire d’obstruction pourvu qu’on me fournît un téléphone ; il fallait que j’informe mon amie Marie-Claude, vivant à Blois et à qui je téléphone tous les matins pour prendre de ses nouvelles, et de mon hospitalisation nocturne, et du tour favorable que prenaient les suites de mon AVC. Il fallut répéter l’appel plusieurs fois car ma belle amie avait pris ce matin-là un rendez-vous chez le coiffeur … Elle n’a pas de portable …

Il n’est pas possible de s’ennuyer en soins intensifs de neurologie. Défile en effet un nombre impressionnant de personnes qualifiées qui vous demandent votre nom, votre date de naissance, celle exacte du jour présent … Quelques jours plus tard alors que j’étais à l’étage supérieur, celui de l’hospitalisation ordinaire, j’ai répondu que nous étions le 1er avril et que ce n’était pas une blague ! Histoire de détendre l’atmosphère …

Mais ces visiteurs demandent aussi de citer le plus possible de noms de fruits commençant par P, ou de retenir les couleurs de 5 objets dont ils vous montrent les images avant de les escamoter, ou de faire du calcul mental, ou d’autres choses permettant de tester la parole, la mémoire, la réactivité, la gestuelle du patient … L’une de ces personnes aidant à évaluer les conséquences d’un tel AVC m’a dit que j’étais sa meilleure élève ; ce qui allait dans le même sens que la remarque faite par téléphone à mon amie Marie-Claude, enfin mise au courant, que cet AVC ne me laisserait aucune séquelle. Je pense que cette information fut donnée par la même dame médecin que j’ai vue en coup de vent et qui m’a dit qu’il fallait informer les éventuelles futures victimes d’AVC, et surtout les témoins de ces accidents, de la nécessité de faire intervenir les équipes soignantes sans délai, comme ce fut le cas pour moi.

Le récit que j’ai entrepris de faire de ce qui m’est arrivé le 28 mars 2017 vers 21h30, alors que j’étais seule, répond en partie à cette impérieuse nécessité de faire savoir qu’en cas d’AVC, c’est la rapidité de l’intervention médicale qui est la meilleure garantie d’une sortie d’accident sans trouble majeur.

En 2003, j’ai perdu ma jeune sœur d’un cancer. Au cours de la cérémonie funèbre, j’ai pris la parole pour dire que si les membres de l’assistance étaient sollicités par des organismes de santé pour répondre à des enquêtes, il fallait accepter de répondre sincèrement car cela permettait d’établir par des statistiques, de bon aloi pour une fois, les profils des personnes à risques pour telle ou telle affection et que l’établissement de ces profils permettait la prévention qui fait reculer la morbidité et améliore l’état sanitaire de la population. Moi-même, je réponds depuis plusieurs dizaines d’années – au moins trente ans – à une enquête menée par l’INSERM pour prévenir le cancer du sein.

Ce récit s’inscrit donc dans cette logique sinon de prévention du moins de connaissance du bon geste à faire afin de limiter l’impact de l’AVC.

Dans l’après-midi du 29 mars, j’ai eu le grand plaisir de recevoir la visite de Marie-Laure, la fille aînée de Marie-Claude. Elle habite dans la région parisienne. Elle a perdu son mari récemment et deux de ses amies ont été victimes d’un AVC fatal … Elle m’apportait quelques babioles de confort, eau de toilette, petit savon, … et le livre du Dr Jill Bolte Taylor, neuro-anatomiste américaine, qui raconte, dans Voyage au-delà de mon cerveau, l’accident vasculaire dont elle fut victime en 1996 et sa longue rééducation. Elle me proposait, surtout, d’aller chez moi pour m’en rapporter des objets de toilette, du linge, un peignoir, quelques livres et surtout mon téléphone portable et son chargeur. Mais pour aller chez moi qui se trouve être très proche de l’hôpital, il faut la clef … Or, dans mon précieux sac en faux croco que j’avais récupéré, il n’y avait point de clef … La dame qui explorait ce sac la veille au soir avait mis tous les objets précieux – la clef bien entendu, mais aussi la monnaie, le permis de conduire, l’assurance, les cartes de train, les tickets de métro, … et la bague ! – au coffre de l’hôpital, bien en sûreté. Chapeau !

Une signature. Un commissionnaire qui apporte la clef … Voilà Marie-Laure en route pour la rue Clisson où elle récupère ce dont j’avais besoin, où elle fait la vaisselle, car tout était resté en plan, éteint les ordinateurs, arrose les pots de fleurs, ferme les volets … et va voir Ahmed pour le rassurer sur mon sort. Et rapporte une boîte de chocolats pour l’équipe de l’après-midi ! A son retour, nous papotons un peu ; puis elle reprend le chemin de sa banlieue. Coup de téléphone : elle a emporté mon précieux trousseau de clefs ! Je la dissuade de revenir et lui souhaite bon voyage car, le lendemain, elle part voir des amis dans l’ouest de la France. Mon téléphone me permet de joindre un de mes voisins qui a un double de mes clefs. Il le déposera chez Ahmed ; et quand mon hospitalisation prendra fin, je n’aurai aucun problème pour rentrer chez moi. Jill Bolte Taylor fut privé pendant longtemps des ressources de son cerveau A, celui de la conceptualisation, en particulier, et du temps chronologique (je suis agrégée d’histoire …), et elle fit l’expérience de la prédominance de son cerveau B, celui de la jouissance de l’instant présent qui prend la dimension de l’éternité quand il est seul à réagir. Je n’en étais pas là ; mais je décidais de prendre la vie du bon côté sans me soucier des emmerdements ni des emmerdeurs ! Serment d’ivrogne ? On verra bien !

Le kinésithérapeute***** vint aussi me voir ; mais il ne pût pas grand-chose pour moi puisque la sonde urinaire m’interdisait les déplacements !

Je suis restée au service des soins intensifs du mercredi au vendredi. A la mi-journée du 31 mars, j’ai gagné l’étage supérieur, toujours avec ma sonde qui réduisait considérablement mon espace de liberté. Toutefois, en fin d’après-midi, avant de terminer son service, l’infirmière a accepté de retirer cette entrave à la libre disposition de mon corps. Cela dit, je dus recourir au bassin puisque l’autorisation de me lever ne m’avait pas été donnée ni par un médecin, ni par le kiné. La nuit du vendredi au samedi (premier avril) fut particulièrement déplaisante avec les bassins et la nécessité de boire beaucoup : le mythe de Sisyphe à l’envers et en moins philosophique !

Le samedi matin, j’ai eu l’autorisation de me lever. J’ai pris une douche et me suis habillée. Il faisait un temps superbe ; mais je ne suis pas sortie. J’ai réservé la promenade pour le lendemain et le surlendemain.

Le parc de la Salpêtrière est un lieu enchanteur avec ses beaux arbres et ses chants d’oiseaux, dont l’équipe de jardinage entretient avec soin les massifs qui débordent de couleurs et de parfums en ce début de printemps. Je le connais bien pour l’avoir traversé souvent en allant de chez moi à la gare d’Austerlitz d’où je pars pour le val de Loire. Mais le plan vigie-pirates et l’état d’urgence ont fermé la sortie monumentale donnant sur le bd de l’Hôpital en contrebas de l’entrée de l’hôpital de La Pitié et, du même coup, le raccourci que j’empruntais pour aller à la gare.

Il y a, au milieu de cet écrin préservé par l’extension des bâtiments hospitaliers, un des plus beaux monuments du XVIIème siècle de Paris, la chapelle royale dédiée à Saint-Louis, grandiose sans faire naître un sentiment d’écrasement, lumineuse et recueillie… Ces deux jours consacrés pour partie à la promenade m’ont permis de rafraîchir ma mémoire. Entre la clôture isolant l’hôpital du bd Auriol et la rue Esquirol à l’intérieur, une rue du Mur des Fermiers Généraux rappelle l’emplacement de cette barrière d’octroi qui, au XVIIIème siècle, isolait Paris de sa proche campagne. Ailleurs, une plaque évoque « les filles du Roy » qui par centaines, dont certaines prises parmi les femmes enfermées à la Salpêtrière, furent envoyées au Canada pour y hâter le peuplement. A nord, le terrain bute sur les voies de chemin de fer au-delà desquelles se poursuivent les constructions du nouveau Paris-Rive gauche. Ces constructions ont en vis-à-vis les bâtiments de l’intendance hospitalière, les immenses lingeries mais aussi les serres … Une véritable ville dans la ville avec sa clairière de pelouses et d’ombrages.

La veille de mon départ, le mardi 4 avril, Marie-Laure est revenue me voir avec livres, linge de toilette et …mes clefs ! Quand je l’ai raccompagnée, il y avait un vent piquant qui faisaient s’envoler les pétales roses et blancs des arbres bordant l’avenue de l’Hôpital Général.

Alors que j’étais désormais libre de mes mouvements, j’ai subi deux nouveaux examens : un doppler pour l’examen des carotides et une échographie cardiaque. En effet, limiter au maximum les effets de l’AVC est une chose ; en rechercher les causes pour en prévenir la récidive, en est une autre ; c’était à quoi devaient répondre ces nouveaux examens ainsi que ceux prescrits avec de nombreux médicaments le jour même de ma sortie.

J’avais récupéré le précieux contenu de mon sac, le tout soigneusement emballé dans deux pochons cartonnés, et j’attendais le médecin qui devait officialiser cette sortie, quand une jeune femme qui avait joué son rôle dans mon suivi post-opératoire, est venue me dire au revoir et me souhaiter un complet rétablissement. Je l’ai remerciée et, à travers elle, tous les intervenants qui, depuis la nuit du 28 mars, ont tout fait pour me remettre dans la vie.

Il n’était pas midi quand j’ai quitté la Salpêtrière et sa jonchée de pétales odorants.

*Dans une autre partie du compte rendu les indications horaires semblent diverger : il est question « de thrombo-aspiration distale permettant une recanalisation… à 1h55 »…

**Jean Etienne ESQUIROL (1772-1840), médecin aliéniste, succéda comme médecin chef de la Salpêtrière à Philippe PINEL (1745-1826) dont l’apport aux malades aliénés avait été de les traiter avec humanité, en particulier en acceptant de les débarrasser de leurs fers.

*** Joseph BABINSKI (1857-1932), médecin neurologiste, fut l’élève préféré de Jean-Martin CHARCOT (1825-1893), un des fondateurs de la neurologie et de la psychiatrie modernes. Ce maître enseignait à la Salpêtrière qui, d’asile où étaient relégués, au XVIIème siècle, les pauvres errants que la société et le roi considéraient comme dangereux, devint vite une institution de relégation pour femmes puis progressivement un hôpital pour malades mentaux et surtout pour malades mentales … La tradition neurologique de l’hôpital de la Salpêtrière plonge ses racines dans un passé douloureux que la science a permis peu à peu de transformer en un service public de santé de très grande qualité, à préserver précieusement et à faire progresser encore pour le bien commun. ''
**** Souvenir de la Ballade des pendus de François VILLON …''

***** En tapant ce récit, je constate deux choses : je fais un peu plus de fautes d’orthographe qu’avant et certains mots, comme celui de kinésithérapeute, me demande un certain délai de réflexion pour que je les orthographie correctement. Est-ce une coïncidence ? Est-ce la réorganisation des connections neuronales qui prend un certain temps à devenir immédiatement réactive ? Est-ce parce que je prends de l’âge ? J’élimine cette dernière hypothèse puisque je ne veux pas me laisser piéger par les emmerdements ! Après mon accident circulatoire de 1994, j’ai eu quelques problèmes avec les heures de train et avec la chronologie de la Guerre de Cent Ans ; mais c’est vite rentré dans l’ordre. Il est vrai que j’avais 23 ans de moins … Serment d’ivrogne ?

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Ce texte est publié sur le blog « etc. pour la République » qu’on peut atteindre par la page d’accueil du site www.snca-nat.com

2015, vendredi 11 décembre

En quoi SARKO est-il plus bête que le roi de Hollandie ?

C’est pas peu dire …

A l’occasion de la campagne électorale du second tour des régionales, la bande à SARKO qui n’a pas beaucoup de réserves à la différence de l’ost du roi de Hollandie qui a pourtant fait piètre figure au premier tour, tente de débaucher les électeurs de LA PEN.

Les candidats de la bannière sarkoziste font à la manière MORANO, cette oie qui n’a pas toujours tort mais qui est irrémédiablement stupide (Arsa adore les oies qui reviennent de la mare pour savourer dans la basse-cour la pâtée du soir préparée amoureusement par Peau d’Ane et, encore plus, l’oie à l’instar de Visée qui est une merveille fondante de la cuisine belge – une de ses arrière-grands-mères était belge …) : que je t’agite la race blanche et la culture judéo-chrétienne pour convaincre les électeurs « frontistes » et les abstentionnistes du premier tour de venir voter pour eux. Pitoyable …

Premièrement : parmi ces ci-devant abstentionnistes, il est peu probable qu’il y ait beaucoup de nostalgiques de Vichy dont le souvenir et l’idéologie sont tout de même à la base de la création du FN par papa et ses amis d’Ordre Nouveau en 1972 ; en effet, s’il y a plus de 14 pétainistes indélébiles, pour 100 électeurs inscrits et potentiels, pourquoi n’ont-ils pas fait le déplacement jusqu’à l’isoloir le dimanche 6 décembre 2015 ? Ils étaient partis à la pêche ou à la chasse … Ils pouvaient même être à l’agonie sur un lit d’hôpital ! L’un dans l’autre, ça fait pas grand monde …

Deuxièmement : les 14 électeurs sur 100 qui ont voté FN dimanche dernier l’ont fait, soit par conviction extrême droitière, soit par protestation contre la politique néolibérale menée depuis des décennies par l’alternance droite-gauche qui démolit la souveraineté nationale, qui privilégie les nantis et paupérise les catégories laborieuses du pays. Pourquoi ces déçus de l’alternance iraient-ils voter dimanche prochain pour l’un ou l’autre de leurs bourreaux , que ce soit les hollandistes ou les sarkozistes ? Ils voteront blanc ou s’abstiendront.

Troisièmement : comme leur patron, les candidats sarkozistes sont agités de tics qui les font se trémousser et donner des coups d’épée (de bois) dans l’eau ; ce n’est pas un programme rassurant quand il s’agit de faire venir un abstentionniste voter pour ses listes.

       Y aura-t-il un raz de marée bleu marine ? Peu probable, surtout quand Pierre GATTAZ (un autre fils à papa !) le patron du capital en France n’a pas encore estimé qu’il était temps de pactiser avec le fascisme.
      Y aura-t-il un déferlement bleu (de roy ?) ? Peu probable, là encore, car l’appoint des transfuges FN sera insignifiant.
      Y aura-t-il une marée rose (bonbon) ? Vous rigolez ! Mais c’est quand même la seule élection dite intermédiaire depuis 2012 que le parti de François HOLLANDE ne perdra pas complètement en rase campagne. Notre actuel Président sera donc guillerettement conforté dans sa décision d’aller aux présidentielles de 2017.

Pour le coup, l’avenir n’est pas rose du tout, avec le trio infernal, François, Marine et Nicolas!

Mais d’ici là, l’eau aura coulée sous les ponts … malgré le réchauffement climatique !*

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* Ou à cause du dit réchauffement …

2013, lundi 28 janvier

Modernité des Caractères

Apogée du règne de Louis XIV, 1688 est pour La Bruyère une époque de crise : crise morale dont le signe est un bouleversement des valeurs. Il y a donc 325 ans que La Bruyère a dépeint le monde des politiques qu’il avait sous les yeux. A lire l’ouvrage, on reconnaît sans mal quelques-uns de nos contemporains.

La loi qui s’impose et règne en maître est l’ambition. Sorte de déesse, « Cette passion déréglée que l’on a pour la gloire et pour la fortune », disait Furetière, ordonne le monde des Caractères, produisant chez ses thuriféraires des comportements hystériques. Le monde des ambitieux est un monde malade dont il faut se faire un devoir civique de dénoncer les imbéciles :

« Tout le monde dit d’un fat qu’il est fat ; personne n’ose le dire à lui-même : il meurt sans le savoir et sans que personne ne soit vengé ».

Cette remarque globale qui vise certaine de nos Dasènes : « Etre infatué de soi, et s’être fortement persuadé qu’on a beaucoup d’esprit, est un accident qui n’arrive guère qu’à celui qui n’en a point, ou qui en a peu ». Voici le paquet d’un ministre : « Il ne parle pas, il ne sent pas ; il répète des sentiments et des discours, se sert même si naturellement de l’esprit des autres qu’il y est le premier trompé, et qu’il croit souvent dire son goût ou expliquer sa pensée lorsqu’il n’est que l’écho de quelqu’un qu’il vient de quitter ».

Celui d’un haut fonctionnaire : « On ne peut mieux user de sa fortune que ne fait Périandre : elle lui donne du rang, du crédit, de l’autorité ; déjà on ne le prie plus d’accorder son amitié, on implore sa protection. Il a commencé par dire de soi-même : Un homme de ma sorte, il passe à dire : Un homme de ma qualité… »

Une pléiade de crétins peuple Les Caractères : devinera-t-on qui se cache sous ces remarques ? :

« Le sot est automate, il est machine, il est ressort ; le poids l’emporte, le fait mouvoir, le fait tourner, et toujours, et dans le même sens… »

« Un sot est celui qui n’a même pas ce qu’il faut d’esprit pour être fat.»

« Un fat est celui que les sots croient un homme de mérite.»

« L’impertinent est un fat outré. Le fat lasse, ennuie, dégoûte, rebute ; l’impertinent rebute, aigrit, irrite, offense : il commence où l’autre finit.»

« Le fat est entre l’impertinent et le sot : il est composé de l’un et de l’autre. »

« Le stupide est un sot qui ne parle point, en cela plus supportable que le sot qui parle. »

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2012, jeudi 22 novembre

Les pièges du libéralisme social-démocrate

Pour marquer l’achèvement du sixième mois* de son entrée au Palais de l’Elysée, le Président François HOLLANDE a tenu une conférence de presse dans les lieux mêmes où s’exerce son pouvoir. Très à l’aise, d’après les commentateurs, il a montré, paraît-il, qu’il avait le sens de l’humour.

Doit-on tenir pour humoristique son affirmation qu’il était droit dans les bottes de la social-démocratie et qu’il assumait pleinement la politique social-démocrate, c’est-à-dire une politique accommodante avec les exigences du libéralisme économique, autant dire une politique de droite ?

Il a fustigé au passage un journal anglo-saxon, The Economist, qui dénonçait la France comme une bombe à retardement dont le sort prochain était de devenir une seconde GRECE.

Là-dessus, après l’intermède tragico-cocasse de l’élection à la présidence de l’UMP, arrive deux bonnes nouvelles :

1/ Une agence de notation enlève son 3ème A à la France,

2/ Le livret A des Français est plein à craquer.

Tous ces A interchangeables donnent le tournis !

Alors que la France, à la sauce hollandaise, a ratifié le Pacte de Stabilité et s’engage à réduire drastiquement sa dette souveraine dans les mois qui viennent, alors qu’elle attaque insidieusement le Code du Travail en se donnant un Pacte de Compétitivité dont le seul objectif est de réduire le « coût du travail », alors que tous ces gestes et pactes politiques montrent à quel point de servilité les exigences du libéralisme sont prises en compte par le gouvernement français, les agences de notation, à petites doses certes, mettent de l’huile sur le feu en attendant que la bombe à retardement embrase le pays tandis que la ruée des Français vers l’épargne affirme le peu de confiance qu’ils ont dans des dirigeants qui s’alignent tacitement, ou en mentant, sur l’austérité.

Mauvaise foi des commentateurs et experts mercenaires des medias : les Français en épargnant plus, par crainte de l’avenir, consomment moins ; consommant moins, ils découragent la production et démolissent l’emploi …

On voit qui sont les coupables : les Français eux-mêmes qui scient la branche sur laquelle ils sont assis !

Que n’a-t-on dit des GRECS ?

Et le grand mot est lâché : l’EMPLOI !

Arsa sait très bien qu’il faut créer des emplois pour relancer la vie économique dans tous les secteurs de production et mettre un terme au chômage.

Mais les analyses officielles sont toujours partielles donc partiales.

Quel responsable politique en exercice du pouvoir a le courage de dire que la masse salariale distribuée est insuffisante, en l’état actuel, pour relancer la consommation et que le grand patronat, de plus en plus motivé par les seuls revenus financiers qu’il peut tirer de ses productions, est responsable de cette insuffisance salariale ? Depuis plus de trente ans, la part réservée à la rémunération du travail, indemnités de chômage incluses, diminue alors que celle réservée à la rémunération du capital augmente de façon vertigineuse : qui le dit ? Qui dit que cette appropriation capitaliste excessive de la plus value produite par le travail est une réduction scandaleuse du « coût » du travail par ceux-là mêmes qui en demandent encore davantage ?**

Tous les revenus que leur travail procure aux salariés sont rognés : pression sur les salaires, affaiblissement du remboursement des frais de santé, précarisation du travail, hausse des prix (énergie, transport, timbres, denrées alimentaires, TVA, tarifs prohibitifs des logements…), moins de service public, allongement de la durée du travail pour le plus grand nombre … Pendant ce temps, la pelote du capitalisme actionnarial, interlope et a-patride, grossit et sert moins aux investissements productifs, donc aux créations d’emplois, qu’à la spéculation financière, celle qui prête aux états, exige d’eux des remboursements usuraires, les obligent à appauvrir leurs peuples et à se déconsidérer eux-mêmes. C’est alors que surgissent les « agences de notation », gendarmes au service de cette vaste entreprise libérale de spoliation des travailleurs

Ni François HOLLANDE, ni son gouvernement, ni l’essentiel de sa majorité parlementaire n’ont l’intention de rompre avec le libéralisme : d’ailleurs, ils n’ont pas les moyens de cette rupture puisqu’ils se sont liés les mains en s’agenouillant avec révérence devant l’euro-mark et en actant définitivement que la monnaie n’était plus un outil régalien et que la souveraineté nationale n’avait plus à se préoccuper du budget de l’Etat.

Arsa, et elle n’est pas seule à penser cela même si elle est une des rares à le dire, considère que la question numéro UN n’est pas l’emploi, qui est une conséquence, mais la rémunération du travail trop faible et entravée par la spéculation capitaliste.

C’est pourquoi il est urgent que le Peuple, peuple français, peuple grec, peuple portugais, espagnol, italien, et d’autres encore, et même le peuple allemand dont l’actuel triomphe apparent est un leurre, se débarrassent de leurs dirigeants englués dans le libéralisme et qui mènent contre leurs peuples une guerre de classe inadmissible et meurtrière.

C’est au prolétariat qu’il convient de combattre pour la juste rémunération de son travail, c’est aux citoyens qu’il revient de combattre pour ressaisir leur souveraineté, c’est aux nations qu’il s’impose de se libérer des chaînes que leur forgent une illusion démocratique et des chefs de plus en plus mal élus.

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* Ce que des journaleux peu réfléchis et nuls en étymologie, appellent un premier « anniversaire » …

** Du rapport de 1/5ème de la plus value au capital à 4/5èmes pour le travail, il y a une quarantaine d’années, on est passé au rapport de 1/3, voire plus, au capital à 2/3, voire moins, au travail ! C’est proprement scandaleux !

2012, mercredi 21 novembre

Une classe politique de haut niveau

Depuis la rentrée, et même avant, la radio, la télé, la presse écrite tiennent le peuple français en haleine en leur racontant le feuilleton de la désignation démocratique à la future présidence de l’UMP.

Et que j’te sonde, « mais, attention, les sondés sont que les sympathisants, pas les adhérents ! » Et que j’te commente, « droitisation de la droite avec un des candidat, et, avec l’autre, navigation au centre » ; et que j’te tire des plans sur la comète sur les élections intermédiaires, les élections de 2017 et le retour de SARKO le Petit.

Seuls les adhérents à jour de leur cotisation, et ce « à jour » implique plusieurs cas de figure, sont admis à voter pour désigner leur président, de leur parti.

Ils sont un peu plus de 300 000 repartis sur la surface vaguement hexagonale de la France et sur celle de ses prolongements ultramarins, 300 000 pour 65 millions d’habitants : même pas 0,5 de la population totale !

Et leur petite décision qui doit se prendre le 18 novembre occupe le devant de la scène pendant des semaines alors que les 64, 7 millions d’autres Français n’en ont rien à cirer !

Arrive le 18 novembre, et même le 19, et les deux candidats brandissent leurs tas d’enveloppes mal scrutées pendant que leurs partisans respectifs gueulent : « On a gagné ! On a gagné ! »

L’UMP est peut-être l’avant dernière appellation d’un parti gaulliste qui, d’avatar en avatar et de changement d’identité en changement d’identité, est devenu/resté un parti exclusivement libéral quant à l’économie, conservateur quant à la société, chrétien quant à la morale, et pas plus gaulliste qu’une cacahuète : l’avenir du monde !

Il y a quelques années, deux dames se crêpaient le chignon pour la direction du PS, sur fond de triche et de fraude ; aujourd’hui se sont deux costumes trois pièces qui s’injurient et se font des bras d’honneur !

Voilà la caste politique dans sa splendide médiocrité !

Non pas médiocre parce que les individus sont stupides ; certains sont très intelligents. Mais ils n’ont que l’intelligence de leur carrière, nullement celle de l’intérêt général, c'est-à-dire de l’harmonie dans la Cité, du respect de la chose publique, de la République.

A la veille de ce scrutin de cocus magnifiques, outre les manifs homophobes contre le mariage pour tous, les mobilisations contre le projet de méga aéroport de NOTRE-DAME-DES-LANDES en Loire-Atlantique ont failli voler la vedette au duel COPE-FILLON.

De même que cette bagarre à l’interne de l’UMP, reproduisant celle du congrès socialiste de REIMS (2008), est symptomatique du lamentable niveau moral de la plupart des politiques contemporains, de même l’affaire de l’aéroport de NOTRE-DAME-DES- LANDES montre la courte vue de la plupart de ces politiques.

Courte vue ? Ce projet d’aéroport date de 1974 !

Alors que les écolos d’alors prônaient l’arrêt de la croissance qui avait construit les Trente Glorieuses, la crise s’est invitée dans la vie des Français, des Européens et des Terriens. Cela a coïncidé avec la crise pétrolière, provoquée en octobre de l’année précédente, en pleine guerre du Kippour, par les pays arabes de l’OPEP pour faire pression sur les grandes puissances occidentales trop favorables, selon eux, à ISRAËL. Même si les deux évènements, crise pétrolière et crise économique, ne sont pas structuralement liés, les années 1973-1974 marquent, comme le supposait Fernand BRAUDEL, le renversement du trend multiséculaire, à la hausse depuis le XVIIIème siècle et qui sera désormais à la baisse.

L’achèvement des Trente Glorieuses s’annonçait déjà par divers phénomènes dont la fin du baby-boom européen et particulièrement français. C’était l’après 68 qui, à sa revendication libertaire, associait la critique d’une société déjà très consumériste. L’encadrement politique, économique, social, culturel était aux mains d’un personnel vieillissant dont l’allongement de l’espérance de vie laissait présager qu’il tiendrait les commandes encore longtemps au détriment des classes plus jeunes et plus fournies : une crise de l’insatisfaction sociale précédant tout en la révélant celle de l’économie.

La droite au pouvoir (passage de l’ère Pompidou à celle de Giscard d’Estaing) envisage alors la relance par de grands travaux, dont le projet de grand aéroport à NOTRE-DAME-DES-LANDES est un exemple. A peine né, ce projet s’endort dans les cartons …

Le passage de la « gauche » au pouvoir relance la décentralisation et la régionalisation que tous les gouvernements qui viendront ensuite reprendront à leur compte. Cela conforte les dirigeants territoriaux, présidents de Régions ou maires de grandes villes, dans la recherche d’initiatives valorisant leur politique territoriale. C’est ainsi que le maire de Nantes, Jean-Marc AYRAULT, désormais premier ministre d’un gouvernement rose qui compte des ministres verts, a repris à son compte le projet de grand aéroport proche de sa ville, assoupi dans les tiroirs de l’Etat : ou comment faire du neuf avec du vieux !

A l’occasion de la polémique née autour de la réactivation de ce projet, le Président François HOLLANDE a soutenu son Premier Ministre, arguant que toutes les procédures réglementaires qui permettent la mise en chantier d’un projet avaient été suivies … Voilà bien la réaction d’un énarque pur jus !

Le règlement c’est le règlement ! Et si le règlement est inadapté à l’évolution de l’économie et aux nouvelles exigences de la population, doit-on vraiment changer de population ?

Manifestement, c’est cela la pente douce de nos dirigeants d’hier et d’aujourd’hui : le primat du règlement sur les besoins réels de la population, le corsetage préalable à la réflexion et à la négociation, l’ambition pharaonique d’un potentat local aux dépens des aspirations des gens ordinaires.

Ces gens ordinaires ont bien rigolé pendant le dernier week-end et toute la journée du lundi suivant. Il faut bien des compensations aux bêtes rigueurs des règlements et au nombrilisme exhibitionniste des carriéristes politiques.

D’abord, la moitié seulement de l’électorat encarté de l’UMP s’est déplacé vers les bureaux de vote improvisés : même pas 0,25 % de la population française ! Mais quelle cohue, quelles files d’attente montrées aux JT de toutes les télés dominicales !

Ensuite, la grande scène finale du duel : « A moi, comte de Meaux … » : l’un et l’autre des bretteurs se proclamant vainqueur à tour de rôle et s’accusant réciproquement de basses tricheries et de fraudes infâmes ; puis le recomptage des bulletins par les cocos de la COCOE* pour savoir qui sont les cocus magnifiques et les cocus définitifs : 0,125 % des voix des Français pour le gagnant et autant pour le perdant à 98 voix près …

Enfin COPE ouvrant ses grands bras de la victoire et FILLON répondant par des mots sibyllins … qui vont faire gloser les journaleux pendant quelques jours, non, quelques heures.

Voilà le niveau de la classe politique : 98 voix de plus que le concurrent et un projet éculé pour ouvrir la voie à l’avenir !

Triple zéro, comme dit l’autre !

* Commission (interne à l’UMP) d’Organisation et de Contrôle des Opérations Electorales.

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2011, jeudi 5 mai

Résistance, reconquête et souveraineté

Il y aura bientôt trois quarts de siècle, un général de brigade, missionné à LONDRES par le dernier gouvernement de la IIIème République – qui était également le dernier gouvernement issu des élections de Front Populaire de 1936 –, lançait un appel à la résistance. En démissionnant le 16 juin 1940, le gouvernement de Paul REYNAUD laissait la place à PETAIN et au défaitisme antirépublicain, servilement soumis tous deux à la loi de l’envahisseur nazi devant lequel ils s’agenouillèrent en proclamant l’arrêt des combats.

DE GAULLE n’était pas un républicain et la constitution ultérieure de 1958-1962 l’a clairement montré. Malgré de nombreuses retouches, son essence monarchique est toujours l’élément majeur de son fonctionnement, ce qui est une atteinte permanente à cette aspiration, affirmée dès 1789 et 1792, à la souveraineté nationale et populaire, constamment bafouée entre deux consultations septennales ou quinquennales.

Mais le Général DE GAULLE était un patriote et un combattant. Patriote, il ne pouvait admettre la défaite-éclair de son pays ; combattant, il ne pouvait se résigner à l’humiliation de renoncer à l’organisation de la contre-offensive.

C’est pourquoi il est légitime d’honorer sa mémoire et de s’inspirer de son exemple qui ne fut pas unique, ni dans l’histoire de la France, ni dans celle des Peuples.

En 2011, il n’est plus question de résister à un envahisseur maniant avions de chasse et tanks contre une armée désorganisée et une population abandonnée et fugitive.

Il s’agit d’affronter ce qui est à l’origine de toutes les guerres et de toutes les exterminations de l’époque moderne et contemporaine : le capitalisme.

Aujourd’hui la forme du capitalisme est la mondialisation, système économique et social qui fonde sa dictature sur la rapine systématique du travail des hommes de la terre entière, en profitant des inégalités et des disparités des législations sociales à travers la planète pour ruiner celles qui sont favorables aux travailleurs : cela mène droit au recul du développement, c'est-à-dire l’ensemble des transformations sociales favorables au bien être du plus grand nombre.

Les travailleurs ont compris depuis longtemps que si leur travail était rémunéré à son exacte valeur, il ne resterait rien pour assurer la permanence et encore moins l’accroissement des équipements servant à la production. Ils le comprirent même avant d’être des producteurs. C’est pourquoi les prédateurs paléolithiques partageaient le produit de leur chasse avec les femmes et les enfants restés au campement.

Mais ce qu’ils comprennent de moins en moins, ce qu’ils ne peuvent admettre plus longtemps, c’est que ce qui est prélevé sur leur travail et sa productivité soit accaparé par des groupes prédateurs qui non seulement ne le réinvestissent pas pour assurer la maintenance de l’outil de travail, et encore moins pour le perfectionner et le développer, mais au contraire l’utilisent pour le détruire chaque jour davantage.

C’est donc à la résistance contre ces prédateurs de la mondialisation qu’il faut aujourd’hui s’employer.

Le printemps des peuples arabes avec son lot de revers et de meurtres qui vient l’obscurcir parfois sans jamais l’anéantir, fleurit, certes, pour éradiquer les dictatures politiques. Mais qui n’est pas conscient que les dictateurs se sont maintenus principalement par leur main mise sur les richesses de leurs peuples dont sont avides les bénéficiaires de la mondialisation ?

Pour que ce printemps, au delà des floraisons abondantes et parfumées qu’il a fait éclore, soit suivi d’une riche provende de fruits destinée à nourrir les hommes avec justice et équité, il faut que les richesses spoliées fassent retour à leurs légitimes propriétaires.

Il est temps qu’à l’instar du programme que le Conseil National de la Résistance avait donné à la République soient élaborés par les peuples et pour les peuples non seulement des projets nationaux et internationaux afin d’obtenir la récupération des richesses détenues indûment par moins d’un million d’individus mais aussi des institutions démocratiques en capacité de les gérer dans l’intérêt général de l’Humanité.

Il existe déjà des institutions internationales mises en place au XXème siècle par la SDN puis par l’ONU dont certaines ont été dévoyées de leur fonctionnement humaniste par les intérêts privés des profiteurs de la mondialisation. Il faut les dé-mondialiser pour les ré-internationaliser et en créer d’autres afin de gérer dans l’intérêt de tous les hommes, vivants et à venir, les richesses de la Terre et le travail nécessaire à leur mise en valeur.

Cette reconquête des biens matériels utiles à la vie des hommes et celle de la dignité du travail de chacun d’entre eux doivent se faire au nom de la Souveraineté des Peuples qui doit s’exercer partout où se trouve en jeu l’intérêt général dont le respect permet seul la démocratie.

Ainsi, l’utopie de la République Universelle deviendra réalité.

Cette réalité est à portée de main.

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2010, lundi 22 mars

Ainsi font, font, font …

Le second tour des élections régionales a suscité, pour en commenter les résultats, la verve habituelle des politiques, plus ou moins inspirés (je pense à Estrozy qui s’est empêtré sur France Info en expliquant que pour entendre les électeurs – et les abstentionnistes – il fallait continuer la politique des « réformes », id est de mise au rebut, dont les citoyens, par leur vote ou par leur silence, venaient juste de dire qu’il n’en voulait plus. Mais peut-être pensait-il que le calendrier affichait encore le 14 mars …).

Toujours est-il qu’il y a un de ces « politiques » dont nous n’avons pas eu à entendre les commentaires de second tour : c’est Simplet, du NPA, alias BESANCENOT, que personne n’a interrogé vu que sa position, avec une légère entorse en LIMOUSIN, était de ne pas s’allier au reste de la gauche. Pour un tenant de la Révolution, en voilà un qui sait au moins la mettre sous le boisseau ; et les médias l’ont mis lui-même sous l’éteignoir … Car malgré un degré d’asservissement certain au pognon qui les tient en tutelle ou au pouvoir en place qui les commandite, ces médias vont au plus pressé : le scoop du jour. Donc BESANCENOT et son NPA étaient ce soir du 21 mars des anti-scoops … Et pan !

Et pan ! Et pan ! Et alors ?

Tout laisse à penser que le repoussoir NPA au profit de l’UMP-Nouveau Centre n’a pas fonctionné et, qu’objectivement, Monsieur le trotskiste, on n’a plus besoin de vos services … Un autre qui a marqué par son silence la soirée du 21 mars, c’est BAYROU, dont le MODEM réussissait pourtant à tailler en AQUITAINE des croupières au lettré DARCOS, le cher ami du Président. Encore qu’il fut indirectement loquace avec la toute « fraîche » ex-MODEM , l’ ex-ministre Corinne LEPAGE, qui jetait des fleurs à peine écloses, comme en une procession pascale du bon vieux temps, sous les pas de Cécile DUFLOT, l’emblématique verdure de ce printemps précoce …

A pleurer …

Mais y en a un qui causait pas - en voyage à l’étranger, paraît-il – mais pour lequel d’autres tenaient le crachoir. Il s’agit de Dominique de VILLEPIN qui offrait ses bons et loyaux services aux Français …

Traduisons : « SARKO, mon bon ennemi, tu t’es planté. Pour le second tour, tu n’avais aucune réserve à mobiliser en dehors d’improbables abstentionnistes du premier tour. Et le FN* que ta politique sécuritaire n’a pas anéanti mais que ta politique économique et sociale a, au contraire, conforté, t’a tenu en lisière pour que tu prennes un bouillon devant les socialo-écolo-de gauche. Et tu as pris le bouillon, ce qui ne me déplait pas et même me dilate la rate. … Mais enfin nous sommes du même bord… Donc je propose mes services aux déçus du sarkozisme, et le moment venu, je te mitonnerai une petite réserve d’appoint pour ton second tour. Donnant, donnant… Gagnant, gagnant …Tu vois ce que je veux dire ? »

Les marionnettes du second tour ne sont pas toujours les mêmes qu’au premier ; mais les rôles sont interchangeables. Et si VILLEPIN plastronne et bâtonne BESANCENOT, pour prendre sa place, c’est que tous deux servent – objectivement s’entend – le même petit maître aux talonnettes qui en ce beau jour de printemps s’est pris une rossée bien méritée.

* Front National : rappelons que cette appellation est une usurpation doublée d’une imposture perpétrée par LE PEN et ses acolytes. Front National, à l’origine, est l’Union des antifascistes en lutte contre l’occupation nazie dans l’Europe occupée par HITLER : c'est-à-dire le contraire de LE PEN nostalgique du nazisme et négationniste.

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2009, samedi 12 septembre

Le roi est nu

Quand il était ministre de l’intérieur, bien décidé à passer au carsher les banlieues en ébullition, Nicolas SARKOZY n’hésitait pas à mettre en scène ses descentes sur les lieux pour montrer 1/ sa détermination, 2/ le soutien de la population colorée grâce à l’intervention de figurants dont, renseignements pris à la suite de la visite « impromptue », l’existence était totalement inconnue du voisinage.

Que, devenu président, il cherche à nous faire croire qu’il dispose de quelques centimètres de plus que ceux que la nature lui a octroyés est proprement abracadabrantesque certes, mais cependant tout à fait réel. Le petit banc derrière la tribune pour arriver à hauteur des micros, les pointes des pieds, quoique pas aussi magistralement réalisées que celles de Michael JACKSON, pour hausser son occiput à la hauteur de l’épaule d’OBAMA, voilà des choses ridicules, abracadabrantesques, mais bien réelles toutefois, filmées et archivées, même si elles ne sont pas aussi essentielles que la vente de 36 mirages – les bien nommés pour leur illusoire utilité au bien des peuples – au BRESIL du petit Président LULA.

Que la claque qui accompagne ses visites frénétiques sur le terrain de la France profonde, et ailleurs, soit d’abord passée à la toise pour avoir l’honneur de ses sourires et de ses poignées de main n’a rien d’étonnant, même si cela montre à l’envie la fatuité de ce minimus Caesar.

Le roi est donc nu, un petit homme tout pétri de suffisance et qui a pour pensée unique et impersonnelle celle de l’idéologie libérale, si peu sociale et si fallacieusement républicaine.

Son entourage, sa « cour », peuvent bien se récrier sur la mauvaise foi des journalistes qui révèlent les travers du petit hominidé ; il y a un critère qui ne trompe pas : c’est la taille des deux « premières dames » qu’il nous a imposées depuis 2007 : Cécilia, puis Carla, même en souliers plats, lui tiennent la dragée haute.

L’étalage de sa vie amoureuse en dit plus long que son petit banc ou ses pointes de danseur de claquettes. Outre qu’il révèle son complexe d’infériorité, il met son masochisme en pleine lumière … Que de névroses !

On le plaindrait presque, nom d’un petit bonhomme !

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