2017, mardi 13 juin

Le cri de la laitue

Dans la circonscription où je vote, il y avait, pour le premier tour des législatives 2017, pas moins de 24 candidats, 2 pour chaque mois de l’année (4 en comptant les suppléant-e-s) … Parmi eux (et elles), il y avait un ou une « animaliste » plaidant pour la justice envers nos amis les bêtes à poils, à plumes, quadrupèdes ou bipèdes ailés, poissons de toutes les couleurs, insectes piquants ou non (certains vous flanquent carrément des sales maladies … Bien fait pour nous !), gastéropodes terrestres, voire bigorneaux et autres amphibiens. Je ne parle pas des microbes et des bactéries qui prolifèrent dans les siphons de nos éviers et sur la croute de nos célèbres et enviés fromages !

Donc, ces messieurs-dames « animalistes » défendent ces bestioles que l’Eternel jugea bon de créer avant nous (cf les premiers versets de la Genèse de l’Ancien Testament qui sont, mis bout à bout, l’époustouflant premier poème de notre littérature occidentale).

A vrai dire, certains des défenseurs de la gente animale non sapientisée, souhaitent que nous négligions le roastbeef et les cuisses de grenouilles sautées au beurre et fortement persillées et aillées pour des mets végétaliens qui épargneraient, s’ils se substituaient à nos mœurs sanguinaires, les tendres agneaux que le loup ne se fera pas faute de croquer et les vifs gardons dont le brochet fera son festin.

Il est vrai que nos lointains pré-ancêtres se gorgeaient de feuilles, de fleurs et de fruits qu’une riche canopée offrait à leur appétit jusqu’à ce qu’un grand coup de froid et, subséquemment, de sécheresse, les obligeât à chercher au sol, bipédie à la clef, les aliments que la cime des arbres ne fournissait plus. Et de te croquer feuilles et surtout graines des herbes que la sécheresse épargnait, lointains prototypes de nos céréales (voyez les molaires broyeuses de nos aïeux dégringolés de leurs arbres) ! Pauvres êtres velus (les films pré-historisants sont riches d’enseignement, surtout s’ils sont en cinémascope et même en trois dimensions !) menacés à nouveau de famine par la rivalité de quadrupèdes herbivores et voraces. Heureusement, quelques carnassiers les sauvèrent en cette rude course aux subsistances végétales ; car, en dépit des récriminations de nos « animalistes » contemporains, non seulement les carnassiers mirent le holà à la concurrence déloyale que les herbivores faisaient peser sur nos pré-ancêtres ayant abandonné leurs arbres, mais, de plus, ils les initièrent aux délices de la viande crue que fournissaient les charognes qu’ils abandonnaient après s’être repus de leurs prémices.

Pas folle, la guêpe (les guêpes sont aussi des animaux charognards, friands de viandes putrides et de fruits proches du pourrissement) ! Notre pré-ancêtre, devenu notre ancêtre pour de bon parce que descendu de son arbre, jugea que l’utilisation des ongles et des dents pour s’approprier des morceaux de bidoche abandonnée par de vulgaires quadrupèdes carnivores n’était pas digne de l’étincelle de pré-sapientia qui lui titillait la cervelle (en voie d’expansion sur le très long terme). Il se mit à casser des cailloux, pas « pour mett’e su’l passage des roues », mais pour avoir de quoi trancher un morceau d’aloyau qu’il pouvait ramener incontinent à ses femelles prégnantes restées au logis. Ainsi naquirent de beaux enfants, jusqu’à sept milliards, qui, deux-trois millions d’années plus tard, peuplaient la planète Terre. Il y a environ un demi-million d’années, la technique de l’alimentation carnée se perfectionna par la domestication du feu et l’invention consécutive du pot-au-feu.

Depuis, la pollution par dégagement de particules fines et de pets d’herbivores, carnivores et omnivores (sans compter le CO2 que rejettent leurs poumons) s’aggrave de jour en jour, surtout qu’après la révolution technologique de la pierre cassée puis taillée, il y a eu celle de l’agriculture ! Ça s’est passé environ 10000 ans d’ici, pour cause de réchauffement climatique (déjà !) avec la constitution de champs labourées et de prairies grasses dans lesquelles broutèrent des troupeaux de vaches, de chèvres et de moutons. Les dieux savent combien ça pète, ces bêtes-là !

Celles-là mêmes dont le sort émeut les « animalistes » se présentant aux élections législatives de 2017 ! Tout en dénonçant, à juste titre, l’abattage parfois cruel de ces troupeaux destinés à l’alimentation des hommes, ils préconisent la diminution, voire la disparition de la consommation de viande. Moins de troupeaux, moins de méthane (encore que les prouts végétalisés de 7 milliards d’hominidés soient à prendre en compte…), moins de pollution. CQFD !

Donc, le végétal primant dans nos assiettes est l’avenir de l’Homme tout autant que celui de la Femme. Retour aux sources.

Que dit le végétal dans tout ça ?

Si l’on en croit l’actuelle publicité d’une grande marque d’oléagineux, les plantes, par capitalistes interposés, sont fières de ne pas produire de CO2. Les « scientifiques » qui dénoncent les émissions de CO2 induites par la circulation de nos automobiles et de nos chaudières, cautionneraient-ils cette imbécilité d’ignorants ? Il faut le croire puisque nos vieux profs de « sciences nat. » qui nous ont bourré le mou en prétendant que les plantes qui se nourrissent de CO2 en produisent aussi puisqu’elles respirent, n’ont qu’à mettre une croix sur leur enseignement vieux jeu : la vieille science aux greniers sinon aux poubelles de l’histoire ! Et place aux conneries rayonnantes de notre destinée future !

Bon. Admettons que l’argument CO2, en pour ou en contre, ne tienne pas face à la victoire annoncée (pas aux législatives, en tous cas …) de nos « animalistes » plus ou moins végétaliens. Mais notre bienveillance, mais notre sollicitude, mais notre pitié devant la souffrance végétale ?

En ce beau « temps des cerises » retrouvé, qui songe, en mordant dans leur rouge et juteuse pulpe, à la souffrance qu’elle endure ? Et cette pomme de terre, dont on fignole le dépiautage avant de la tronçonner férocement avec l’acier de nos couteaux pour finalement l’ébouillanter, ses plaies encore toutes suintantes d’amidon, dans l’huile brûlante de nos friteuses ? Ô temps barbares, plus féroces que le Moyen-Age qui, au moins, épargnait la pomme de terre !

Et toi, tendre laitue dont on a arraché les entrailles à celles de la terre nourricière, dont on a tenté de noyer les feuilles avant de les lacérer pour les tremper dans l’amère vinaigrette, qui, lorsqu’elles sont broyées par les dents impitoyables des gourmets en laissant s’échapper leur douce laitance, qui entend ton ultime plainte ?

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2017, jeudi 23 mars

Francophone ou fr-on-cophone ?

Il y a quelques jours, c’était la journée internationale de la femme, destinée à dénoncer et condamner les violences dont les femmes sont trop souvent les victimes.

Aujourd’hui, c’est la journée de la francophonie … A entendre toutes les entorses faites dans son pays d’origine à la langue française, on peut se dire que la violer n’est pas le meilleur moyen pour lutter contre les violences faites aux femmes.

Cette manie de féminiser les substantifs masculins en les affublant d’une terminaison en –e, qui perd alors sa caractéristique d’e muet puisque, pour bien montrer à quel point on est « féministe », on souligne cette incongrue finale en la prononçant –eu ! Sans oublier de faire précéder ce monstre langagier par l’article défini ou indéfini au féminin !

Madame la procureur-eu, une professeur-eu.

Comme si les substantifs masculins ne se terminaient jamais par un –e … Un homm-e, ça prend bien un –e à la fin que personne ne s’avise encore de prononcer –eu. Mais ne désespérons pas ; cela nous pend au nez !

La langue française comme toute les langues du monde, ne date pas d’hier et s’est constituée de strates et d’accidents, qui sont survenus et se sont déposées au fil du temps.

Le droit français vient tout récemment de s’enrichir de la notion transgenre … Quand le procureur sera transgenre de quel article fera-t-on précéder ce mot et avec quelle terminaison le déguisera-t-on ? Le ridicule ne tuant pas –c’est dommage car pas mal de « cheffes » recrutées sur profil pourraient alors débarrasser le plancher et laisser leur place à des gens qualifiés – il y aura sûrement une invention qui vaudra bien le –eu si bêtement féministe !

Profitons de cette belle journée de la francophonie pour dire un mot de la prononciation dans le vent. Le Président François HOLLANDE a pris le train, par exemple, devient ainsi, dans la bouche de personnes bien élevées, le Présid-on Fr-on-çois HOLL-ON-DE a pris le tr-an. Il y a aussi la manie de certains présentateurs professionnels (des deux sexes d’ailleurs) de faire du –a la voyelle à tout faire : A-ve RUGGI-A-RI, pour Eve RUGGIERI ; et ceux qui mettent des –ill après toutes les finales : bonne journée-ill… !

Tout cela est odieux. Quand ce sont des journalistes qui parlent ainsi, on se demande ce qu’ils ont appris dans leurs écoles de journalisme. Sûrement pas le respect de la langue française ni celui des oreilles de leurs futurs auditeurs.

SFDB, premier jour du printemps 2017

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2016, samedi 19 mars

Est-ce que j’ai droit à l’athéisme ?

Je suis islamophobe, antisémite et antinégrophile* parce que je suis une raciste de pure race blanche (descendance en ligne directe d’Adam et Eve sans passer par Lucy cette péronnelle australopithèque gracile de l’African Rift Valley qui prétend que l’origine humaine est de race noire. En fait, elle était poilue et albinos … Qu’en pense Monsieur Yves COPPENS ?

Est-ce que ça vous suffit comme carte d’identité pétainiste (aucune filiation avec COPPENS qui lui est largement postérieur…) ?

Depuis que Lionel JOSPIN, ce menteur patenté (j’suis pas trotskiste**, c’est mon frère !) a décidé sans faire de vague*** que le foulard sur les têtes de certaines collégiennes et lycéennes étaient une avancée féministe, les choses ont sensiblement évoluées. Ainsi, il y a peu, Madame le Ministre de l’Education Nationale dans un entretien télévisuel a été confrontée à un connard qui ne sert pas la main des dames, dont cette main ministérielle et censée républicaine, parce que sa religion (laquelle ?) le lui interdit. Au lieu de remettre ses gants et son chapeau et de prendre ses cliques et ses claques, Madame le Ministre a continué à faire la causette avec cet ignoble individu que son sexisme devrait conduire devant les tribunaux.

La laïcité est à longueur de temps dévoyée. Sous prétexte que la République garantit la liberté de conscience et, sans s’en mêler, la liberté de croyance, voilà-t-il pas qu’en France on peut être chrétien sous diverses pratiques, juifs, musulmans d’obédiences plurielles, voire hindouistes, animistes ou bouddhistes …

Mais agnostiques … Kekcéksa ?

Alors athée … Vous n’y pensez pas !

Comment peut-on ne pas croire en dieu ?

Tout simplement parce que dieu (ou les dieux) n’existe pas.

Blasphème que de penser que les dieux sont des créatures de l’Homme alors que tout le monde sait bien que c’est le contraire…

Je ne m’autoriserai pas à traiter d’idiots ceux qui tiennent pour ce contraire ; mais au moins qu’ils ne m’emmerdent pas en voulant m’annexer parce qu’en 1941 j’ai été baptisée dans une de leurs foutues religions.

J’en ai marre d’être destinée à être intégrée à une communauté religieuse !

Nous sommes soixante six millions de Français. Et nous devrions tous entrer dans des communautés franco-religieuses ? Je ne crois pas en dieu (sauf Adonis, le dieu de l’éphémère pour lequel je planterai dans un pot un petit jardin de laitue, de fenouil et de ce qui me tombera sous la main, avant de le faire rôtir au soleil du dérèglement climatique pour qu’il soit bien desséché. Ensuite de quoi, je jetterai ce pot d’herbes flétries dans une mare désertée des grenouilles mais où les naïades le recevront comme un poétique hommage à leur éternité).

Moi qui fréquente assidument les églises – du moins celles qui sont ouvertes en semaine – pour y étudier des détails d’architecture et de mobilier ecclésial ****, j’y rencontre peu de bigotes et encore moins de bigots, à croire que certains jours, en dehors du curé qui y dit sa solitaire messe quotidienne et moi, personne n’en foule la nef et les bas-côtés. Les mosquées (ô vous, si belles, d’Istanbul, qui devez à SINAN autant la majesté que l’intimité de vos salles de prière) comme les synagogues ne doivent pas au fil de la semaine compter beaucoup plus de dévots.

Dieu n’est pas l’avenir de l’homme. Sans doute crie-t-il dans le désert …

En revanche l’homme est l’avenir de l’homme, sans dieux qui divisent la vaste et seule communauté humaine.

Ce sera ma seule parole de propagande athée. Car, en bonne citoyenne et en fervente républicaine je réserve au lieu clos de ma chambre mes effusions mystiques.

* En cette semaine de la langue française précédant celle de l’antiracisme, n’ai-je pas le droit à quelque néologisme ?

** Je n’ai rien contre Trotski sauf que je le trouve un peu pessimiste à penser que la Révolution dans un seul pays, c’est impossible. S’il avait fait l’hypothèse inverse ou du moins admis que c’était possible, il aurait sans doute, lui le maître de l’Armée Rouge, été un meilleur successeur de Lénine que ne le fut Staline … Mais les trotskistes de toutes les couleurs me rasent …

*** En protestant contre ce laxisme, les représentants d’AUTREMENT se sont faits taxer de « fascistes » par leurs petits camarades de la FSU … Merci rétrospectif !

**** Je suis co-propriétaire d’une armoire liturgique du XIVème siècle quelque part en Roussillon.

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2015, jeudi 19 novembre

Plaidoyer pour Nadine

Médiapart, à l’occasion d’une discussion que ce media en ligne organisait après les tueries du 13 novembre 2015, a ouvert, en libre accès, son site, pendant quelques heures, mardi 17. C’est ainsi que j’ai pu lire la lettre ouverte qu’un professeur d’histoire-géo adressait à Nadine MORANO. Cette lettre datait d’un certain temps et relevait, avec sagacité, esprit, beaucoup de références historiques et géographiques indubitables et un brin de méchanceté, les absurdités que l’ancien ministre de SARKO a débitées récemment sur la race blanche et la culture judéo-chrétienne qui, selon elle, caractérisent la France. Mon presque collègue imputait à l’inculture de Nadine et, par diverses expressions, au fait qu’elle n’est pas fufute, les âneries qu’elle avait proférées.

Soit. Elle est nulle et n’a pas inventé la poudre (moi non plus d’ailleurs…)

Je voudrais toutefois apporter un rectificatif à la tonalité de cette lettre et au jugement qui en découle concernant Madame MORANO.

Elle était interrogée par des journalistes sur un évènement précis auquel elle avait participé.

Se trouvant gare de l’Est à Paris, soit venant de Lorraine, soit s’apprêtant à y repartir, elle a croisé dans le hall ou sur les quais, un être à l’identité incertaine, un individu revêtu de la burqa intégrale dont le port interdit au premier regard de déterminer de quel sexe relève la personne ainsi affublée, et qui est interdit par la loi. Son sang n’a fait qu’une tour et, ni une ni deux, la voilà s’enquérant auprès de la police en service pour quelle raison cette burqa circule impunément.

Serait-ce, Monsieur le Professeur, que la loi est faite pour être violée ? Est-ce parce qu’il la viole dans une telle circonstance de nez à nez avec une burqa anonyme et qu’il la laisse continuer son chemin qu’un quidam s’exempte d’islamophobie et qu’un de ses congénères qui ne la viole pas et proteste contre un tel délit devient ipso facto un horrible raciste ?

Les journaleux qui interrogeaient la dame sur ce fait divers, lui ont ensuite posé d’insidieuses questions et, en tablant sur sa bêtise, l’ont poussée dans ses derniers retranchements jusqu’à lui faire dire des conneries.

Certes, Nadine MORANO s’expose à de telles manœuvres par son appartenance militante et publique à un parti politique. Pour autant, ces manœuvres en sont-elles plus acceptables ? Il est facile d’en rire.

Mais qui est plus républicain que l’autre ? Celui qui s’insurge contre la transgression de la loi ou celui qui s’en accommode ? La MORANO est une bécasse, vraisemblablement raciste sur les bords, en quoi elle est semblable à bien des Françaises et des Français. En est-elle moins une citoyenne de la République ? En est-elle moins républicaine ? Pour elle, en tout cas, le port de la burqa est une « provocation à la République ». Et elle a raison.

Sans rancune, Monsieur le professeur ?

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2015, mardi 10 novembre

L’année des trois mousquetaires *

La fin de l’année 2015 est marquée par la COP2, raout de chefs d’états et de gouvernements, pour la plus grande gloire de François HOLLANDE qui pense qu’en se faisant passer pour le champion de la lutte contre le réchauffement climatique, il acquiert ses galons internationaux de véritable chef d’Etat. Comme si on pouvait commander au soleil de mettre en veilleuse ses cycles brûlants. Elle est aussi marquée par les élections régionales destinées à donner un exécutif aux nouvelles grandes régions dont aucun referendum n’a demandé aux Français s’ils en voulaient ; ces régions ressemblent étrangement aux provinces d’Ancien Régime dont les premiers citoyens français se sont débarrassés en moins de quinze jours : c’était en juillet …1789 ! Mais, surtout, elles s’efforcent d’être les sosies des Länder germaniques, dont il n’est pas sûr non plus que veuillent les Français, toujours plus jacobins que girondins ; on ne tire pas un trait sur plus de mille ans d’histoire centralisatrice parce que les pratiques allemandes sont in ! A propos du fleuron germanique qu’est la firme automobile Volkswagen, rappelons qu’elle est un héritage superficiellement dénazifié du IIIème Reich et que les capitalistes qui la gèrent et qui y fraudent ont des arrières grands-pères qui ont financé l’arrivée de HITLER au pouvoir ! Ce qui devrait refroidir quelque peu les laudateurs du made in Germany économique, social et politique.

Cette année 2015 avait bien mal commencé avec les ignobles meurtres religieux de journalistes de Charlie Hebdo et de certains de leurs gardes du corps, d’une policière à Montrouge et de clients et employés du super marché Cacher de l’avenue de Vincennes. Même si la tentative de récupération par l’actuel pouvoir des grandes manifs laïques et républicaines du 11 janvier à Paris et en province n’a pas vraiment marché, tout au long de l’année le Président de la République et son Premier Ministre ne se sont pas fait faute de tirer la couverture à eux, sans grand succès il est vrai.

L’année 2015, c’est surtout le déferlement ininterrompu de populations chassées du SOUDAN, de l’ERYTREE, de SOMALIE, de LIBYE par la guerre et des régimes politiques terroristes comme c’est aussi le cas depuis l’AFGHANISTAN, l’IRAK et la SYRIE. Ces millions de victimes s’entassent aux frontières des pays voisins d’Afrique et du Proche–Orient, affreusement démunis pour faire face à ces afflux de populations réfugiées. Quand quelques centaines de milliers d’entre ces malheureux gagnent au péril de leur vie les côtes de l’Europe, la belle Union Européenne qui a montré sa mesquinerie dans l’affaire de la crise grecque, chipote sur le nombre de réfugiés qu’elle peut accueillir et laisse certains de ses états membres ériger des « murailles de Chine » de papier, certes, mais combien cruelles et stupides.

Sur tout cela plane le sombre drapeau brun de DAESH qui prétend imposer au monde un nouveau califat qui est aux califats ommeyade (VIIème-VIIIème siècle) et abbasside (VIIIème-XIIIème siècles) ce que fut le Reich nazi au Saint Empire Romain Germanique (962-1806) et même au prétentieux Reich bismarckien (1870-1918).

Voilà qui permet à LA PEN de sortir des querelles familiales en dénonçant le laxisme des autorités françaises qui laissent déferler des hordes d’islamo-arabo-barbares sur les belles campagnes françaises.

A Blois, Loir-et-Cher, sont arrivés via la « jungle de Calais », même pas une soixantaine de ces pauvres migrants demandeurs d’asile que tous d’ailleurs n’obtiendront pas. Une horde de soixante personnes ! Le FN mariniste et loir-et-chérien colle ses affiches, distribue ses tracts et brandit ses pancartes ! Pauvres cons … Leurs prédécesseurs dans la xénophobie et l’esprit réactionnaire ont mieux accueillis, avec drapeaux et chants martiaux, les invasions germaniques de 1940 … Par exemple, à MONTOIRE qui se trouve être une localité … du Loir-et-Cher ! Les temps changent ; mais pas la bêtise ni la méchanceté qui sont accrochées aux hommes comme les morpions aux pubis des pioupious encasernés ou en opérations militaires !

Dans la première moitié du Vème siècle des barbares qui n’étaient ni arabes ni musulmans (Mahomet n’était pas né, ni même sa mère …) mais d’origine extrême asiatique, voire un peu « jaunes » sur les bords, les Huns puisqu’il faut bien les appeler par leur nom, attaquèrent l’empire romain moribond. L’un de leurs chefs, ATTILA, poussa l’outrecuidance jusqu’à venir razzier les provinces des Gaulles. La légende plus que l’histoire dit même que ses guerriers ravagèrent l’actuel Loir-et-Cher et y violèrent nombre de pauvres filles réfugiées dans les forêts. D’où leur descendance de « ventres jaunes » puisque aussi bien c’est ainsi que sont surnommés les Solognots.

Arsa doit à la vérité de contredire cette poétique explication d’un sobriquet qui de nos jours a perdu sa raison d’être. En effet, la belle forêt de Sologne et ses clairières étaient, il y a moins de deux cents ans, une pauvre contrée de marécages et de paludisme ce qui explique, physiologiquement si l’on peut dire, le teint jaunâtre, et pas seulement le ventre, de nombre d’habitants. Mais le futur vaincu de BISMARCK, s’intéressait à la Sologne où la famille de sa mère, Hortense de BEAUHARNAIS, avait des terres et un château. Devenu NAPOLEON III ce descendant des BEAUHARNAIS fit assainir le pays par des drainages et des boisements. Comme quoi, même un tyran peut faire des choses utiles. Des automobiles, par exemple … Voyez Volkswagen dont il est question plus haut.

Et HOLLANDE dans tout ça ? Eh bien, il reste le sigisbée d’Angéla comme il l’a été dès et depuis le soir de son intronisation à l’Elysée. Sa vision politique est aussi étriquée à l’extérieur qu’à l’intérieur. Grâce à MACRON, il fignole ce que SARKO a dégrossi en matière de blanc-seing donné au libéralisme économique et assomme les Français petits et moyens de vie chère et d’impôts. Grâce à FABIUS, il fait semblant d’avoir une politique étrangère qui s’enlise au SAHEL et qui met la charrue avant les bœufs au Proche-Orient. Pour battre HITLER, les Etats-Unis qui ne sont pourtant pas très fins dans les relations internationales, ont pactisé avec STALINE et fait passer le front atlantique avant le front pacifique où ils étaient, nonobstant la résistance chinoise, les seuls à se battre contre les Japonais. HOLLANDE, lui, fait de la défaite d’EL ASSAD la priorité avant le combat contre DAESH …

Faudra-t-il d’autres massacres et d’autres 11 janvier pour qu’il change sa façon molle et péremptoire d’humilier la France ?

HOLLANDE, LA PEN, SARKO …Sont pas reluisants, nos trois mousquetaires !

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* Avec Angéla MERKEL dans le rôle de Milady ?

2015, mardi 20 octobre

Noël 1941

A Maël, Lilya, Marco, à leurs heureux frères et sœurs et à quelques autres petits enfants chers à mon cœur.

Arsa n’avait pas un an.

Trois mois auparavant, elle et sa maman, avaient traversé la France, depuis Paris, avec tous les contrôles d’identité imaginables et l’inconfort des tétées dans des compartiments bondés, pour faire la connaissance de son papa, résidant au-delà de la ligne de démarcation, en soi-disant zone libre (i.e. pétainiste et déjà collaborationniste). Encore étudiant, la retraite puis la défaite des armées françaises l’avait conduit ainsi que certains de ses camarades à se replier d’abord sur Toulouse où la grande école à laquelle ils appartenaient avait établi ses quartiers de guerre, avant de fermer … Sans diplôme de fin d’études et déjà chargé de famille, il avait ensuite été embauché sur la Côte d’Azur par la société nationale d’aviation qui y avait ses installations.

Donc, à défaut des vedettes du premier festival de cinéma que la déclaration de guerre de septembre 1939 empêcha de venir en 1940, Arsa débarqua à Cannes en septembre 1941 !

Il n’est pas question de narrer ici ni les émois de la première rencontre avec papa, ni les fredaines dont le bébé Arsa n’était pas chiche … Juste les souvenirs de son premier Noël.

A vrai dire, elle n’en a qu’un … Et encore ! A l’occasion de divers déménagements, il a disparu ! Le dernier vestige, un chameau boiteux dont il aurait fallu recoller les pattes, a sombré il y a quelques sept ou huit ans, dans les transbahutements de garde-meubles en greniers.

Un chameau boiteux ?

Le parrain d’Arsa, condisciple de papa – que les dieux de l’Olympe leur réservent à tous deux une place de choix aux Champs Elysées - offrit à sa filleule pour son premier Noël une crèche de santons provençaux … Le bœuf et l’âne, la vierge drapée dans son manteau bleu méditerranée, d’adorables petits moutons, les paysans du village, qui avec son fagot, qui avec son seau de lait, qui avec sa paire de poulardes à offrir au nouveau né de Bethléem, et même l’idiot du village, le ravi comme on dit en Provence … Et, derrière les bergers et les villageois en terre cuite ocre et bariolée de vives couleurs, les somptueux rois mages … Et bien entendu, le chameau, futur estropié, portant les richesses de la fabuleuse Arabie !

Tous les ans, au pied du sapin paré d’or, la crèche d’Arsa disposa ses trésors de légende que nul dragon ne déroba jamais … jusqu’aux imbéciles déménagements qui n’épargnent ni la vaisselle ni les souvenirs d’enfance.

Qui après ce récit pourra accuser Arsa de préjugés contre les crèches de Noël ?

Eh bien, autant elle en rêve au pied d’un sapin pétillant de lumière, auprès d’une cheminée, quand des petits enfants découvrant de merveilleux cadeaux disent ensemble « merci, Père Noël ! » autant elle se scandalise de voir, débordant des vitrines de joujoux, des « crèches » plus ou moins saint-sulpiciennes envahir les rues et s’installer sur les places ou dans des lieux publics.

La liberté de conscience n’est-elle pas l’essence de la Liberté toute entière proclamée aux frontons des mairies ? Les religions sont des idéologies qui ont le droit de s’exprimer, à moins qu’elles ne soient porteuses de haine et d’appel au meurtre, mais sans empiéter sur l’expression des autres et sans froisser les consciences de ceux qui n’y adhèrent pas. Cette façon qu’ont certaines municipalités ou conseils départementaux d’imposer les légendes chrétiennes à la vue de tous et publiquement est, bien entendu, une provocation qui fait fi de la séparation des églises et de l’Etat, donc de la LOI. Les mêmes qui se scandalisent, et à juste titre, des orants qui dans certains quartiers installent leurs tapis de prière en pleine rue, ont le front de mettre la mangeoire servant de berceau provisoire aux carrefours des villes et dans les halls des hôtels de ville ou de département, sous le nez de ceux qui ne croient pas à cette incongruité, ce qui est pourtant leur droit garanti par la Constitution, d’un enfant né d’une vierge et d’un esprit soi-disant divin !

Ces gens, élus, et souvent mal élus dans la mesure où l’abstention a dominé le scrutin dont ils tirent leurs mandats, sont des fauteurs de haine civile au lieu de garantir à leurs administrés la paix publique instaurée et garantie par les valeurs républicaines. En quoi ils sont bien de la même essence que ceux qui, en 1941, prêtaient d’une façon ou d’une autre la main à l’occupant nazi.

La déliquescence des institutions de la République n’est pas celle de la REPUBLIQUE elle-même, mais bien celle de la caste politique qui en tient les rênes, prétend-elle …En quoi cette caste n’est pas plus démocrate qu’elle n’est républicaine.

A quand le ménage ?

Mais puisque les crèches sont à nouveau à l’ordre du jour, permettez qu’Arsa en évoque une autre qu’elle a vue et admirée quand elle était adolescente.

Arsa ne cache pas son athéisme. Elle a toutefois reçu une excellente éducation religieuse dans une paroisse de la mission de France. Située dans un quartier ouvrier et en cours de rénovation, son église se dressait au milieu d’usines aujourd’hui disparues. Cette année-là, la « crèche », ce berceau de fortune, était une poubelle, oh ! pas en plastique ! En métal bien sonore qui servait de réveille-matin quand les éboueurs passaient au point du jour.

La poubelle-crèche et son nourrisson étaient placés près d’un arrêt d’autobus un peu de guingois en bordure d’un trottoir rétréci par des palissades en bois qui clôturaient un terrain vague où se préparait un futur chantier. Malgré l’injonction de « défense d’afficher » écaillée sur les planches, quelques affiches et tracts collés annonçaient des meetings politiques. La scène était éclairée par un réverbère pâlichon. Marie et Joseph en costumes « d’époque » n’avaient rien d’incongru de part et d’autre de cette nouvelle couche enfantine. La presse parla de cette insolite crèche ; et ce fut un des évènements parisiens de ce Noël des années 1950. Le public curieux vint, même des beaux quartiers, voir cette scène de rue nichée au cœur de Saint-Hippo.

De la crèche de santons à celle d’une paroisse ouvrière, le symbole est le même : la naissance d’un petit enfant qui rassemble tout le village et tout le quartier, et même des visiteurs venus de loin, autour de la promesse que représente toute nouvelle vie humaine.

Les mal-élus, les élus de quelques-uns, qui utilisent les crèches pour véhiculer leur racisme et leur xénophobie sous-jacents en les exhibant comme des slogans de haine, ces nouveaux Hérode qui font fi de la démocratie, de la liberté de conscience et de la laïcité ne trahissent pas seulement les principes de la République mais aussi le symbole de paix et de fraternité qu’offre aux croyants et aux incroyants ce petit bébé nouveau-né dormant pelotonné sur son lit de paille.

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2014, mercredi 22 janvier

Le roi (de Hollandie) s’amuse

Les gazettes du monde entier

En ont rempli tout leur papier.

Sur la scène internationale

La France brille, sidérale,

Au firmament des prostatés

Pas tout à fait impuissantés !

Le Président, ce cachotier,

Sournoisement, pour s’égayer,

Quitte un lit presque conjugal …

Certes, ça lui est bien égal

Que Dulcinée en soit choquée

Au point d’être hospitalisée !

Un mafioso du beau quartier

Dont le roi ne doit pas dévier

Offre une chambrette vénale

A ce nouveau Sardanapale

Qui s’y rend, tout émoustillé,

Sur un deux roues motorisé.


Roi ! Ton gouvernement te répète

Que ça va mal et que tout pète.

Au sondage toujours baissé

Toi, tu préfères être baisé !


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2013, vendredi 1 novembre

Bravo LA PEN !

Les médias qui sont friands de ses déclarations à l’emporte-pièce, prétendent que Madame LA PEN a perdu de vue volontairement ses diatribes anti immigration et anti immigrants ; cela afin de se donner une silhouette moins extrême droitiste et un sourire plus séducteur auprès des populations qui souhaitent élire des représentants locaux et nationaux qui parlent ferme mais sans excès …

En quelques semaines, voilà que le fard de l’aménité s’est craquelé et que le poison de la « pensée » frontiste a suinté de ces craquelures !

D’abord, à propos de la petite Léonarda et de sa famille, il est vrai pas très reluisante quant à ses principes, elle a clairement énoncé que « ces gens-là » n’avaient « rien à faire chez nous » ; sa xénophobie viscérale et idéologique repointait son nez.

Toujours pressée de donner sa vision des choses et de l’actualité, elle vient d’en sortir une qui a eu l’immense avantage de provoquer l’unanime réprobation de la classe politique.

Il s’agit bien entendu de ses fines remarques sur la barbe et la vêture des otages qui viennent de sortir de leur longue incarcération à ciel ouvert dans le sud montagneux du Sahara.

En dehors du fait que l’affect, y compris positif, est toujours une réalité dans la relation prolongée et imposée de la victime à son bourreau, il y a des faits, liés aux conditions topographiques, climatiques et économiques de la détention dont les propos de LA PEN montrent qu’elle les ignore ou veut les ignorer, ignorance dont il est bien évident que chacun se gausse ; mais combien révélatrice aussi de sa monomanie idéologique : le contact avec l’Islam est synonyme de contact avec l’islamisme*, ce qui en l’occurrence fut vrai, et il ne faut surtout pas multiplier les occasions de contact ! Donc pas d’immigrants musulmans « chez nous » et gare à ceux de « chez nous » qui pour une raison ou une autre sont en rapport avec des habitants de régions islamisées ! La puce d’un rat pesteux qui saute sur vous vous refile la maladie qui devient vite épidémie et ravage la population de « chez nous ». Un postillon d’islamiste vous transforme, telle la morsure d’un vampire qui vampirise le ou la mordu-e, en islamiste qui ne s’ignore pas longtemps et va contaminer, de proche en proche et avec l’enthousiasme du néophyte, sa famille, ses voisins, ses collègues qui à leur tour … : la pandémie de l’islamisme est alors sur le point de faire plus de ravage que la grippe H1N1 !

Islamisme = Islam = Terrorisme : voilà l’équation ridicule et mortelle par laquelle LA PEN et le FN stigmatisent tous nos concitoyens dont les familles sont originaires du sud et de l’est de la Méditerranée ou de l’Afrique sub-saharienne.

Dans sa logique xénophobe - et raciste - LA PEN devrait demander :

1. que les otages français encore retenus dans ces régions ne fassent plus l’objet de négociations pour qu’ils soient libérés mais soient officiellement abandonnés à leur sort de nouveaux pestiférés ;

2. que les vacanciers de retour de ces mêmes régions soient systématiquement mis en lazaret pour une quarantaine effective, voire refoulés définitivement si, dans le passé, ils ont montré une certaine propension à faire du tourisme en Turquie ou au Maroc …

Qui est toxique pour l’humanisme, pour la démocratie, pour la République ? La beurette 3ème génération** ou Madame LA PEN ? La réponse coule de source : LA PEN et son parti « causent » de la République, de ses symboles, de ses bâtisseurs en tentant de se les approprier ; mais la dimension universelle de la République leur échappe tout comme sa nécessaire dimension démocratique et sociale; ils en « causent », certes, mais en sont, profondément et idéologiquement, les adversaires.

Cela dit, l’actuelle politique d’immigration – ou absence de politique plutôt – menée, de vrai, depuis des années, est-elle acceptable ?

Arsa répond que non. Mais elle dit aussi qu’à la fermeture des frontières, il y a une alternative globale, évidemment, européenne - pas seulement de l’Union Européenne – et nationale pour sortir les immigrants de leurs ghettos géographiques, culturels et sociaux.

Et elle ajoute que ce n’est pas le bout de chandelle de LA PEN qui éclairera les actuels dirigeants et responsables du pays s’ils se décidaient enfin à explorer les voies alternatives et nouvelles d’une immigration, d’une intégration et d’une assimilation réussies.

Le 1er novembre 2013

ArsaOurs.jpg

* L’islamisme est une idéologie théocratique qui impose la soumission de tous les aspects de la vie politique et sociale à un dogme religieux inspiré du Coran.

** Ce qui implique qu’il y en ait eu une deuxième et surtout une première !

2013, mardi 23 juillet

L’AFFAIRE DE DUBAÏ

Elle pose en terme urgent les droits « universels » de la femme, elle est symptomatique de la différence de traitement avec ceux des hommes !

  • À Dubaï, 13 mois de prison pour le violeur, 16 mois pour la violée !
  • Dans d’autres pays, c’est « encore » la lapidation pour la femme adultère !

« Moi qui croyais innocemment qu’il fallait être deux pour faire cela ! »

Mais ne vous y trompez pas, la ségrégation n’est pas l’apanage de quelques pays, toute la planète est concernée !

  • En France, une femme gagne en moyenne 25 % de moins qu’un homme !
  • Encore en France, la parité homme/femme est loin d’être respectée !
  • Toujours en France, tous les métiers ne sont pas encore ouverts aux femmes !
  • Encore et toujours en France, les propos sexistes et grossiers sont destinés aux femmes, il vous suffit de vous rendre à l’assemblée nationale ou au Sénat lors d’une séance publique pour vous en convaincre…

Les dogmes politiques, religieux ou d’autres obédiences… n’ont qu’un seul but : l’asservissement de l’homme dont la femme ne serait que l’esclave soumise !

Il est URGENT de changer la donne et de « rendre à César » ce qui appartient à la « Femme » depuis la nuit des temps, car comme le dit si bien Louis Aragon et le chante si bien Jean Ferrat : « La femme est l’avenir de l’homme ! ».

french.jpg Militant d'en bas

2013, dimanche 14 juillet

Encore un péché du Monde

Le Monde en date du 9 juillet 2013, en sa page 19, présente sous prétexte de « décryptages » une « Mythologie du discours frontiste » pondue par Cécile ALDUY, une normalienne spécialiste de la littérature et de la civilisation française qu’elle enseigne dans une université californienne*, tout en étant chercheuse dans un autre institut américain. Ecrivaine**, elle publie dans diverses revues plus ou moins scientifiques et toutes « States » *** des textes sur sa matière de prédilection.

Cette fois, c’est à un quotidien français qu’elle fait l’honneur de sa plume. De publier ce fatras confirme que depuis BEUVE-MERY le Monde a beaucoup baissé…

Passons.

Un petit pavé en 3ème colonne peut servir de fil conducteur à la lecture de cette production universitaire des plus médiocres : « Le Front national invite ses électeurs à vivre l’Histoire comme une tragédie où se jouent à chaque moment la vie et la mort de la nation et de l’individu ». Sans doute cette spécialiste de la littérature française a-t-elle fait quelque impasse **** sur les littératures venues d’autres mondes ou annexe-t-elle d’office au Front National les Perses d’Eschyle et les fabuleux drames historiques de Shakespeare … Ma modestie nationale m’interdit de citer le Quatre Vingt Treize de Victor Hugo.

Ailleurs, cette savante dame nous dit que Marine, esquivant le diabolisme de son papa, ne parle pas / plus d’émigration ! Et son arabophobie permanente, au prétexte que des islamistes plus ou moins cintrés exhibent leurs derrières d’orants dans les rues*****, ce n’est pas une attaque de l’émigration venue de la Méditerranée et de ses entours subsahariens et proche et moyen orientaux ? Sûr que ni la LA PEN, ni l’ALDUY ne peuvent penser que ces millions de Français – non, ils ne sont pas des millions à exhiber leurs derrières dans les rues ni leur femmes transformées en camouflage de camions militaires soigneusement bâchés – sont, depuis des générations, tous nés à Trifouillis-les-Oies !

Madame LA PEN quoiqu’en dise la normalienne, n’aime pas les immigrants plus ou moins basanés, ce qui lui attire peut-être un certain électorat mais la met en porte à faux avec sa tendance à plastronner quant il s’agit de mettre en écho au vieillissement de l’Union Européenne, qu’elle déteste – et moi aussi : suis-je pour autant lepéniste ? – le dynamisme démographique de la France.

Madame Alduy prétend que LA PEN (elle dit LE PEN, bien sûr …) fait des progrès. Quels progrès ? Elle permet aux officiels de la représentation nationale de se faire peur, ou de faire semblant de se faire peur, à chaque élection partielle ; que le Front National perd. C’est Jean-Marie, pas sa fiffille, qui a fait le maximum de voix en 2012, par la grâce de l’imbécillité politique de JOSPIN, jamais franc du collier, qui a fini par se prendre tout seul les pieds dans le tapis. Elle gagne quoi, LA PEN, aux partielles ? Rien. Même pas Villeneuve-sur-Lot après CAHUSAC…

Ô la rhétorique de Cécile ALDUY est pleine de mots ronflants : structures mythologiques, crédibilité pragmatique, fondamentaux historiques, espace sémiotique, légitimité d’action, compétence pratique, expertise théorique, stratégie oratoire, distinction et normalisation du discours, bataille sémantique, cohérence anthropologique, cosmologie, millénarisme, messianisme, mode de reproduction du même, et tutti quanti …

C’est saoulant ; et c’est exactement de la promotion du lepénisme.

Sans l’identifier comme telle, Madame ALDUY note la propension au recyclage – moi je dis à la récup de brocanteuse de vide-greniers – de Marine LA PEN : de Jeanne d’Arc à Badinter, de République à Laïcité, de France à Histoire, objets de la mythologie frontiste mais qui ne sont dans la bouche de la Marine que « parole, parole, parole » : c’est moi qui le dit ; pas l’universitaire franco-américaine.

Quand elle se risque au « national-populisme » on comprend mieux à quoi elle veut en venir : il s’agit de discréditer la « « communauté imaginaire » (autre nom de la nation, selon le professeur de relations internationales Benedict Anderson) », au profit du communautarisme. Certes, il s’inscrit en creux dans l’analyse prétentieuse qu’elle en fait ; mais ce qu’elle critique, c’est la Nation dont parle Marine LA PEN qui la confond avec la communauté, complètement imaginaire elle, des vrais Français, des Français de souche ******. Or la Nation ce n’est pas imaginaire : c’est en 1789 ce qui se crée, irrémédiablement, et cela les politiciens de tous bords y compris l’extrême droite des LE PEN, père et fille, ne l’ont manifestement pas encore compris, quand les sujets du roi de droit divin deviennent des citoyens et souverains chacun et tous ensemble.

Madame LA PEN aurait du succès (voir plus haut combien il est relatif) parce qu’elle se serait saisie des thèmes économiques de la mondialisation et de la déstructuration de l’économie française pour en faire ses choux gras. Mais pourquoi reprocher à la reine de la récup ce qui est en première page du même Monde du 9 juillet, « Salaires bloqués et primes en baisse : les fonctionnaires aux régime sec ? »

Le SNCA e.i.L. Convergence parle de ces choses là, de l’indignité d’un régime politique asservi aux intérêts prioritaires des marchés financiers dont l’Union Européenne est le porte-voix et les Etats-Unis, du moins OBAMA l’espère-t-il, les bénéficiaires, surtout leurs grands capitalistes et financiers.

Est-ce pour autant que le SNCA e.i.L. Convergence donne dans l’incantation de la décadence présente et l’apologie du retour à l’âge d’or d’une histoire pour le coup complètement an-historique ?

Cécile AUTUY, qui à aucun moment ne dénonce l’imposture d’un parti fasciste (elle dit réactionnaire) qui s’affuble par dérision sans aucun doute d’un nom lui tout à fait antifasciste, pratique l’oxymore « discours anxiogène qui pourtant rassure car il valide un sentiment de déclassement individuel et le transcende en destin collectif *******» autant que l’évidence d’un programme qui n’a pas changé, celui de la manière forte et de la xénophobie, toujours prêt à pactiser avec ceux qui parlent plus fort encore, comme PETAIN rendant hommage à l’ignominie nazie et se faisant le vassal d’HITLER à Montoire.

NB- En annexe à la production de Cécile ALDUY, il y a un petit article, d’elle ou de quelqu’un d’autre, intitulé « la rhétorique diabolique des Le Pen » qui brille par la même prétention et l’équivalente vacuité du principal article. Il s’achève évoquant la fille de son père par cette affirmation aussi sotte que définitive : « elle parvient à incarner le changement alors que son programme a été écrit il y a plus de trente ans. »

Ainsi donc ce n’est pas le contenu du programme qui en ferait la valeur et la portée, mais son âge ! Plus il serait récent, mieux ça vaudrait !

Ineptie ; ineptie profonde ; ineptie confondante …

Alors les Immortels Principes de 89 ? Alors la Charte d’Amiens ? Alors le programme du CNR ?

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* Stanford University

** Vu le charabia de sa prose elle mérite bien d’être ainsi qualifiée !

*** Un tic langagier que j’emprunte à Leglandu.

**** Elle a de vraies lacunes : elle dit d’Antonio GRAMSCI qu’il était … socialiste !

***** Ce qui est tout à fait scandaleux

****** Une fois, une seule fois, et gentiment d’ailleurs, je me suis entendue dire que j’étais une « Française de souche » ; ça m’a fait un drôle d’effet, car de Française de souche à bête comme une souche, il n’y a pas loin …

******* C’est la rédaction qui souligne.

2013, samedi 6 juillet

Il faut assumer sa signature !

Arsa a signé, il y a quelques jours, et avec un brin de scepticisme, une pétition pour inciter nos élus à voter la fin du cumul des mandats. Ce scepticisme a plusieurs causes.

La première est que cette pétition est présentée sur internet par une de ces nouvelles officines qui se chargent de diffuser vos pétitions quelles qu’elles soient, de la pétition pour valoriser l’énergie potentielle des crottes de chiens qui encombrent les trottoirs (et nos semelles …) à celle pour la taxidermisation de Mandela dès l’annonce de son décès officiel et définitif, en passant par des tas d’autres, y compris celles portant sur la fin du cumul des mandats : très éclectique comme on voit !

La deuxième raison, c’est que cette pétition est diffusée pour le compte d’une ( ?) association « Parité et les Marianne de la Diversité » ou de deux ( ?), « Parité » et « Les Marianne de la Diversité », ce qui revient presque au même puisque ce qui gêne un tantinet Arsa, c’est la multiplication de MARIANNE – innocemment (ce n’est qu’une ourse savante !), elle croit que Marianne n’a qu’un visage, celui de la République – et, aussi, cette « Diversité », pourtant singulière, qui a comme un relent de communautarisme… Ce qui expliquerait « les Marianne » alors qu’il n’y a que LA REPUBLIQUE UNE ET INDIVISIBLE.

La troisième raison est le sujet même de la pétition visant à mettre fin « au cumul des mandats » sur quoi porte d’ailleurs la signature d’Arsa. Ce qui l’énerve très souvent, c’est d’entendre les « mandatés », du plus haut gradé en fait de mandat au plus subalterne (qui imite bien entendu, sans réfléchir, les « tics » du premier, l’imbécile !) parler de leur « métier » ! Etre élu, serait un métier : et l’élection serait une sorte d’examen, voire de concours de qualification pour exercer, disons, au niveau des municipalités, un CAP d’ adjoint au maire, au niveau des départements, un BEP, pardon ce qui le remplace et plutôt avec abaissement du niveau, de vice président de conseil général, un BTS de Président de Région, un CAPES de député, une réussite à l’X pour un sénateur et une agrégation pour le chef suprême de nos armés et de l’Etat …

Pour en revenir à nos moutons, c’est-à-dire à nos élus cumulards, Arsa pense benoîtement que s’ils gagnent leur pain à la sueur de la réussite de leurs campagnes électorales, il est navrant qu’ils soient obligés, contrevenant ainsi à la loi, d’exercer plusieurs métiers à la fois, pour mettre un peu de margarine dans leur brouet de chénopodes. Il est vrai que quand le métier est un mandat d’un certain niveau, la margarine peut être remplacée par du beurre fin et les chénopodes par des ortolans !

Ce qui explique avec vraisemblance l’aptitude de ces pauvres gens à rafler tout ce qui s’obtient par élection pour arrondir les fins de mois et le patrimoine familial.

Entendons-nous bien ; Arsa n’est pas du genre à dire « tous pourris ! » Mais elle constate que depuis pas mal de temps, une caste s’est constituée, mêlant les majoritaires d’hier et les minoritaires de demain, qui, par le cumul des mandats, ont tous de fort belles situations, qu’ils estiment dues à leur seul mérite alors qu’elles tiennent à leurs réseaux d’amis d’un bord ou l’autre, voire à des clientèles qui touchent les menus morceaux tombant de leurs escarcelles (une subvention par ci, un emploi plus ou moins fictif par là). Et tout cela sous le voile pudique, purifiant et généreux du suffrage universel !

Il y a certainement des gens de grande qualité intellectuelle et morale parmi ces élus cumulards. Mais, pris dans l’engrenage du système qu’ils contribuent à faire marcher, ils mesurent bientôt leur morale à l’aune de celle de leurs collègues, au parfum depuis plus longtemps qu’eux ; et quand s’émousse l’exigence morale, automatiquement se mettent en veilleuse les aptitudes critiques de l’intelligence.

De plus, il faut faire la part de l’humain dans ces milieux politiques d’ « élus démocratiquement » : il y a le même taux de cons (et de connes ! Surtout pas de discrimination !) que dans tous les autres groupes sociaux, de quelque profession qu’ils soient et quelque religion qu’ils pratiquent.

Donc, nos « élus démocratiques » cumulards doivent être rappelés à l’ordre par des pétitions comme celle qu’Arsa vient de signer.

Il serait bon toutefois qu’elle soit plus regardante quand elle distribue ce genre d’autographe : des communautaristes déguisés en républicains, des fascistes déguisés en gauchistes (ils achètent leurs fringues dans les mêmes ventes privés), des réacs déguisés en libertaires (voir COHN-BENDIT émargeant toujours au CA de la fac de Nanterre), des libéraux déguisés en staliniens, et inversement, des NAtionalistes déguisés en ZocialIstes, c’est devenu monnaie courante de nos jours où foisonnent les réseaux sociaux ! Et ça vous tend à foison des pétitions à signer …

On peut être une ourse savante, ma chère Arsa, et pas moins bête !

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2013, samedi 15 juin

Extinction des feux

Certes, il est fort probable que la télévision publique grecque, à l’instar d’autres télévisions publiques européennes, ne brille pas par la qualité de ses productions envisagées dans leur ensemble. Comme toutes les autres, elle est soumise à la pensée unique qui est celle des marchés financiers qui, par ailleurs, asservissent tous les Etats-Nations de la planète avant de les assassiner pour de bon. Toutefois, parce que les journalistes, s’ils tiennent d’un côté à leur boulot qui les fait vivre, et leurs familles avec eux, sont aussi, par le choix du métier qu’ils exercent, hantés quelque part par la notion que la liberté d’expression et la liberté tout court de tout un chacun passe par la liberté d’information, la télévision grecque doit, de temps à autre, livrer à ses téléspectateurs et auditeurs des bribes d’analyse, des lambeaux de commentaire, des haillons de témoignage qui sont autant d’affirmations que la démocratie existe et qu’elle n’est pas un vain mot.

Terminé ! Dans le pays où, sous une forme qui peut laisser perplexes les démocrates d’aujourd’hui, la démocratie est tout de même née il y a plus de 2500 ans (deux millénaires et demi, ce n’est pas rien …), les écrans sont devenus noirs : « NO SIGNAL » !

Que si, le signal est là ! Que l’égorgement de la Démocratie, de la République, de l’Humanisme se perpètre sous nos yeux aveuglés par la soudaine obscurité des écrans !

Comme nous, la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal et quelques autres, la Grèce est immolée, comme jadis, dans le mythe de la guerre de Troie, le fut Iphigénie, la fille d’Agamemnon et de Clytemnestre, la sœur d’Electre et d’Oreste, fameux membres de la non moins fameuse et criminogène famille des Atrides, pour que les dieux, touchés par les larmes puis le sang de la jeune et triste victime, laissassent les vents favorables gonfler les voiles des embarcations achéennes.

La Grèce, subjuguée comme nous tous par l’euro, ce Deutschemark à peine déguisé et qui a à voir avec l’économie grecque comme un morceau de viande proposé en nourriture à un lapin, est, de plus, obligée de s’acquitter de sa dette envers les marchés financiers, dette en euros, bien entendu, et générée par la distorsion initiale entre un type d’économie et une monnaie qui n’en tient pas compte.

Il y a 70 ans, l’Europe était sous la botte allemande et nazie, même si sur le front soviétique et sur celui de la méditerranée occidentale la donne avait changée.

A l’issue de la terrible seconde guerre mondiale, beaucoup de pays étaient exsangues ; parmi eux et plus que les autres, la Grèce qui y a perdu 11 % de sa population : des hommes, des femmes, des adultes, des vieillards, des jeunes gens, des enfants, des nourrissons … La Grèce est le pays qui a été, démographiquement parlant, le plus touché par la guerre et l’occupation ; plus que la Pologne et l’Allemagne elle-même.

Pourtant, les Grecs n’ont jamais touché le moindre dommage de guerre, étant entendu que le Plan Marshall n’a rien à voir avec le règlement d’une quelconque dette de guerre. En 1945, l’Allemagne était dans l’incapacité de payer quoi que ce soit ; a fortiori quand la guerre froide l’a coupée en deux. La réunification pouvait être le coup d’envoi d’une amorce de paiement de dommages de guerre aux pays qui avaient le plus souffert. Mais chacun se souvient que l’écart de développement économique entre l’ex-RDA et l’ex-RFA obligea cette dernière à faire un gigantesque effort pour atténuer les disparités entre les deux corps de l’Allemagne réunifiée.

Peut-on dire que les pays dévastés par la guerre et l’occupation germano-nazies ont payé en partie leur propre redressement puis, enfin, la réunification allemande ?

L’Allemagne, par ailleurs, aurait-elle vocation à être divisée ? Si elle ne l’est plus territorialement, elle l’est socialement ; car si une société fonctionne à deux vitesses – et une économie également – c’est bien celle de l’Allemagne.

Serait-ce que la Grèce qui n’a rien demandé quant aux éventuels dommages de guerre auxquels sa population a droit depuis 70 ans, devrait aussi se serrer la ceinture pour que l’Allemagne écartelée entre ses catégories sociales hétérogènes puisse gérer cette nouvelle coupure au mieux des intérêts de sa population et de ses classes dirigeantes ?

Celles-ci défendent becs et ongles les marchés financiers.

Arsa rappelle que ceux-là se nourrissent à deux sources principales : le blanchiment de l’argent sale, celui des trafics illicites et de la fraude fiscale, et la ponction sur la rémunération du travail. Cette ponction se fait par les impôts et les taxes diverses prélevés par les états ; mais également par les fonds de pension qui compensent, là où la solidarité des formes institutionnelles de la sécurité sociale (retraite, santé) ne fonctionne pas vraiment, les incertitudes de la vieillesse.

Les Allemands n’ont pas développé, après guerre, un système de retraite par répartition ; ils sont aujourd’hui, avec une population de plus en plus vieillissante, accrochés aux fonds de pension.

Donc la Grèce doit rembourser sa dette souveraine - ir-remboursable car elle fait des petits sans arrêt – pour que les retraités allemands d’aujourd’hui et de demain n’aient pas de mauvaise surprise.

C’est la raison pour laquelle les téléspectateurs grecs ont eu celle de leur écran noir. Ne serait-il pas temps, au lieu de pratiquer la fuite en avant, que les accrocs au remboursement de la dette à tout prix, surtout quand il est payé par les autres, se posent la question de la pertinence ou non de leur propre système économique et social ?

Il y faudrait sans doute un électrochoc.

Par exemple qu’un état de la zone euro

1. récupère unilatéralement son droit régalien à battre monnaie, ou de façon plus moderne, à faire marcher la planche à billets ;

2. décide de ne pas rembourser sa soi-disant dette souveraine

Cela n’est ni « populiste » ni utopique : en 1933, un président américain l’a fait.

En attendant, le gouvernement allemand pourrait prendre à sa charge le remboursement d’une partie de la dette grecque ; ainsi les écrans grecs reprendraient de la couleur et Derrick, infatigable, continuerait sa carrière hellénique.

Arsa
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2013, lundi 3 juin

Quartiers d’orange et de citron

D’un point de vue strictement syndical, la question du gender apparaît comme une diversion du gouvernement, disons de type sociétal, pour éviter d’avoir à dire qu’en matière économique et sociale, Monsieur Hollande et son gouvernement pratiquent le sarkhozisme, c'est-à-dire le libéralisme économique ou capitalisme, autrement dit, par les temps qui courent, la soumission servile à la finance interlope.

Une fois cela posé, le gender est un mot anglais et en fait de « genre » tout à fait neutre !

Aussi, de grâce, Messieurs et Dames du gouvernement, causez français !

Le ministre de l’Education Nationale y trouvera peut-être un cap différent de celui qu’il semble suivre : faire de l’Ecole (de la République) un lieu de conflits tellement insolubles que le mieux est de la vendre « à la découpe » aux territoires les mieux offrant !

Puisque gender est un substantif neutre et que sa traduction en fait un substantif masculin, il serait peut-être temps de rendre les armes. Que ma part d’orange ou que ma part de citron l’emporte en telle circonstance de mes rencontres que suscitent la vie, en quoi cela vous regarde-t-il, Madame TAUBIRA et Monsieur PEILLON ?

Si mes parts d’orange et de citron ont trouvé justifiée la mise en pratique de la promesse électorale faite par l’actuel Président de la République du mariage pour tous, cela ne m’empêche pas de considérer que le mariage, sacralisé en Occident autour des XIème-XIIème siècles pour défendre les droits des femmes et des enfants et, de ce fait, stabiliser les rapports sociaux et la société elle-même, après ce très longtemps, est devenu une institution précarisée et, de plus en plus souvent, tout à fait détournée de son sens premier.

Je suis bien d’accord : pour faire un enfant il faut un papa (toujours la priorité au genre masculin !) et une maman (position seconde que l’Islam rigoriste affiche en faisant marcher l’épouse – ou l’une de celles du harem - quatre pas au moins derrière le mari).

Encore que, les expériences menées sur certains batraciens par Jean ROSTAND, cet éminent et complètement oublié savant biologiste, aient montré que la parthénogenèse n’avait rien d’impossible. Cette hypothétique parthénogenèse peuplait le métro que j’empruntais, jeune et imaginative étudiante, pour me rendre à la Sorbonne, d’une foultitude de BRIGITTE BARDOT : des jeunes, des vieilles, des bébés, des petites filles : un cauchemar !

Soyons plus pragmatiques : pour faire un enfant, il faut un ovule et un spermatozoïde. Deux ovules en présence : nada !

Deux spermatozoïdes : nada, tout pareil !

Que faire ? Acheter le spermatozoïde ou l’ovule manquant !

Et nous revoilà dans l’économie de marché ! Les mariages « arrangés » n’en furent-ils pas l’avant-garde multiséculaire ?

Voilà la bonne et vraie question engendrée par le gender !

La vie sexuelle, à voile, à vapeur, à cheval, à pied ou en voiture, du moment qu’elle ne met pas en cause un être mineur ou fragile et désarmé, ne regarde que nous, que chacun de nous, dans la sphère privée de nos vies intimes et de nos affections.

C’est cela le revers de la Laïcité, l’avers en étant l’intérêt général.

A ceux qui prétendent utiliser le gadget du gender – qu’ils soient pour ou contre – la même réponse : « Occupez-vous de vos fesses, et laissez nous nous occuper des nôtres ! »

Mais plus spécialement, à ceux qui, au nom de la laïcité, veulent introduire le gender comme mode de gouvernement, rappelons que la Laïcité, c’est d’abord exercer le droit et le devoir régaliens que la République a donnés à l’Etat : instruire, éduquer, former TOUS les jeunes vivant sur le territoire national, quel que soit leur genèse, au lieu d’en refourguer la responsabilité à des régions dont le mode de fonctionnement n’a jamais été évalué et dont la plus claire réalité est le disparate et la prodigalité démagogique.

Vous voulez régler son compte au gender ? Luttez, jusqu’au triomphe, contre l’emprise totalitaire de l’économie de marché qui fait argent de vos ovaires et de vos testicules !

Vous voulez promouvoir le gender ? Chassez d’abord les marchands du temple qui spéculent sur nos testicules et nos ovaires !

Alors, dans l’harmonie enfin retrouvée, chacun se rendra à l’évidence : ce n’était qu’un genre que le gender voulait se donner !

Quoi ? De la roupie de sansonnet !

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2013, samedi 27 avril

Divine dette !

Nous savons depuis longtemps que les marchés financiers s’approvisionnent en pépettes en encourageant le capitalisme actionnarial à prélever une part de plus en plus grande de la valeur ajoutée par le travail, ce qui revient à diminuer globalement la rémunération de ce travail. Bien entendu, les gros capitalistes actionnariaux ne se font pas prier pour spéculer via les marchés financiers afin d’arrondir leur pelote spoliatrice du travail.

Nous savons, par ailleurs, que ces gros prédateurs de valeur ajoutée ont la fâcheuse habitude de soustraire une partie de leurs indécents revenus au fisc en en planquant une bonne part dans de fabuleux paradis fiscaux à partir desquels, histoire de blanchir leur fraude fiscale tout en arrondissant plus encore la susdite pelote spoliatrice, ils injectent le produit de cette fraude dans le circuit des marchés financiers

Nous savons également, par les informations filtrant, de temps à autre, sur le fonctionnement des maffias, que les parrains de ces immorales entreprises, songeant à l’avenir de la famille, forment leurs rejetons de la deuxième et de la troisième générations à des tâches « nobles » leur permettant de s’infiltrer dans les secteurs de la finance officielle, du droit, voire de l’administration et de la politique.

L’affaire CAHUSAC résume ces comportements :

1. un cardiologue qui trouve dans la chirurgie esthétique des rentrées d’argent d’autant plus confortables qu’avec les implants de cheveux, il est plus facile de travailler au noir qu’en faisant des pontages ;

2. un richard qui évite de payer ce qu’il considère comme des impôts excessifs sur ses revenus en fraudant son pays ;

3. un mec qui, sans passer par la voie du militantisme, devient l’élu d’un grand parti politique et, quand celui-ci gagne les élections nationales, devient membre du gouvernement, en charge du budget et, qui plus est, pour équilibrer celui-ci, de la lutte contre la fraude fiscale : un vrai conte de fée … carabosse !

Un voleur, un fraudeur, un imposteur, un menteur, un truqueur, un traître, un sale bonhomme, quoi !

D’où la question qui brûlent les lèvres de tout un chacun : à quoi servent les marchés financiers ? A fournir aux états les liquidités immédiates nécessaires à leur fonctionnement, remboursables avec intérêts grâce à l’argent des contribuables qui n’entre dans les caisses que peu à peu.

Lesquels contribuables gagnent leur vie de plus en plus difficilement : salaires bloqués, précarité, chômage, dislocation de la médecine publique et de l’assurance sociale … Rappelons, ou constatons, que le surcroît de valeur ajoutée que captent les capitalistes ne sert pas à investir, donc à créer de nouveaux moyens de production et les emplois qui découleraient de cet investissement.

Les impôts ne rapportent donc pas gros de ce côté-là … De plus, les fraudeurs en tarissent une autre bonne part (en France la fraude fiscale représente un manque à gagner pour la République de 40 à 50 milliards d’euros par an).

Mais les marchés financiers qui blanchissent tout l’argent dégueulasse et frauduleux de la planète, compensent, pour un temps, ce manque à gagner des Etats, en leur prêtant, pour le lessiver plus blanc que blanc, cet argent du vol, de la fraude, de la drogue, du trafic d’armes et autres saloperies. En retour, les Etats pressurent le petit peuple en détruisant les services publics et en augmentant les impôts indirects ; grâce à quoi, ils remboursent – ils rembourseront, promis, juré, craché- la divine dette ! Plus les intérêts faramineux qu’elle réclame !

Le mouvement perpétuel de la divine dette discrédite les Etats qui montrent à quel point ils sont incapables de s’opposer à la dragée haute que leur tiennent les marchés financiers : la dragée haute de la corruption !

Ce mouvement perpétuel de la divine dette - et corruptrice ! - paupérise les peuples et disloque les équilibres sociaux ; il finance, sur le dos des travailleurs et des citoyens, les appétits voraces, et pourtant combien inutiles au bien commun, des fraudeurs et des malfaisants de tout poil.

Arsa, avec le schéma qui suit, a tenté de résumer visuellement les circuits qui spolient 7 milliards de Terriens au bénéfice de quelques millions d’individus dont la cupidité est égale à la bêtise : comment, en effet, peuvent-ils croire que cela durera éternellement ?

Il suffit qu’un état dise NON, et concrétise ce NON par quelques mesures de bon sens, pour que le château de cartes des spéculateurs, fraudeurs, spoliateurs s’écroule.

Pour qu’un état dise NON, il suffit que le Peuple lui impose de le dire.

Le peuple a dit NON en 2005 ; certes, en France, qui ne compte que quelques petites dizaines de millions d’électeurs …

NON resté inaudible pour ceux qui voulaient entendre OUI et dont l’oreille ne captait pas les ondes sonores propagées par le NON. Et parce que, aussi, certains responsables politiques favorables au NON sont restés l’arme aux pieds devant la déconfiture de leurs copains minoritaires partisans du oui, oui, béni oui oui …

Tous, ils ont trahi ; ne les laissons pas recommencer.

Le Peuple, celui des citoyens, celui des travailleurs, n’a pas besoin de tuteurs pour renverser la divine dette. Au contraire, les tuteurs la soutiennent : sans eux, elle s’écroule comme un vieux lierre qui a fait son temps.

Vive le printemps !

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2013, samedi 13 avril

La Sarkhollandie

Triste semaine que celle qui s’achève ! Outre que l’adage populaire « en avril ne te découvre pas d’un fil » est tout à fait vérifié, comme en témoignent les rhumes, les angines, les gastros et autre queue de grippe qui ne désarment pas en ce printemps maussade, elle a apporté son lot de deuils : THATCHER la Gâteuse* a cassé sa pipe ainsi que le chameau** que notre chef des armées avait reçu en cadeau lors de sa triomphale inspection des troupes françaises combattant au MALI, il y a quelques semaines.

Il est vrai qu’entre temps, les centaines de milliers d’euros, bientôt transformés en dizaines de millions, de CAHUSAC, planqués à l’étranger mais soumis à une itinérance sans fin et harassante, d’un paradis fiscal à l’autre, avaient plongés les Français, y compris les soutiens du roi de Hollande, dans une perplexité voisine de l’hébétude.

Quoi, la fraude fiscale enlève chaque année aux caisses de l’Etat, 40, voire 50 milliards d’euros, et nous, les gagne-petit, on doit faire jeûne - ou ramadan, car la culture multireligieuse, donc laïque (sic), de notre beau pays implique qu’on n’épargne personne-, on doit se serrer la ceinture à laquelle il faut faire de nouveaux trous vu le rétrécissement de notre tour de taille***, on doit payer de plus en plus cher pour préserver notre santé puisque ni l’Etat ni la sécu n’ont plus assez d’argent pour assumer leurs obligations dans ce domaine, on doit travailler plus longtemps, pour avoir une retraite de misère puisque notre activité professionnelle, de plus en plus longue, est marquée par le chômage, le temps partiel, les CDD, les petits boulots, en veux-tu en voilà : on doit toujours payer !

Et pourquoi ? Pour rembourser la dette souveraine, la dette de l’Etat, énorme comme un pachyderme gonflable ! Et à qui ? Aux marchés financiers qui blanchissent et recyclent l’argent de la fraude fiscale !

On comprend pourquoi la maffia de la fraude fiscale met certains de ses meilleurs ( ?) éléments aux commandes du ministère des finances …

Depuis 2000, l’Etat en France aurait donc perdu par cette infâme collusion entre les fraudeurs et les financiers interlopes, de 500 à 600 milliards ?

En GRECE, à CHYPRE, au PORTUGAL, en ESPAGNE, en ITALIE, etc., c’est la même chose !

CHIRAC, SARKO ont laissé faire ; et HOLLANDE fait comme eux. Il est devenu le toutou d’Angela MERKEL qui le tient en laisse avec la règle d’(h)OR(reur), avec la baisse obligatoire du déficit public arbitrairement fixée par la Commission de Bruxelles, avec le nez de cette même Commission dans les affaires budgétaires de la France, avec le pacte de la stabilité … Parce ce que l’Allemagne de MERKEL y trouve son compte.

Voire … L’euro est, en fait, l’ancien deutschemark et colle à la structure industrielle de l’économie allemande tournée vers les produits manufacturés haut de gamme. Cela ne gêne pas ses exportations destinées à une clientèle internationale relativement friquée. En contrepartie de quoi, la fracture sociale se creuse de plus en plus : une part grandissante de la population allemande est paupérisée, mal logée, mal instruite, mal soignée, tandis que ses structures sociales restent archaïques avec, entre autre, une faible participation des femmes à la vie active.

L’ALLEMAGNE n’a jamais payé les dettes de guerre que l’horrible page nazie de son histoire lui léguait. A la Libération de l’Europe, elle était elle-même exsangue**** ; ensuite se fut la partition RDA-RFA ; puis la coûteuse réunification des années 1990 qui l’exemptèrent de payer la facture.

Il n’est pas question de désigner l’ALLEMAGNE chrétienne-démocrate de MERKEL comme la seule responsable de la crise actuelle. Sauf que, pour préserver son présent en imposant l’euro trop fort au reste de l’UE, en minant les souverainetés des états-membres par les pactes en tout genre dont sont embarrassés leurs constitutions nationales, en paupérisant toutes les populations d’Europe et la sienne également, en accentuant les inégalités sociales dans toute l’Europe, l’Allemagne se prépare des lendemains désenchantés.

Comme THATCHER la Gaga* a durablement désenchanté les sujets de sa Gracieuse Majesté.

Quel chef d’Etat, quel chef de gouvernement, osera rompre avec cette servitude imposée pour garantir la prééminence des intérêts financiers mondialisés qui accroissent leur richesse et leur force par l’exploitation du travail et le recyclage de la fraude ?

La situation actuelle de la SARKHOLLANDIE laisse peu de place à l’espoir que ce soit de sa caste politique que vienne l’initiative d’une telle rupture. Elle se chamaille, à l’initiative du Président, sur ce qu’il faut livrer du contenu de sa fortune à la connaissance des citoyens, et qui de ses membres doit se livrer à ce striptease de tirelire …

Le roi de SARKHOLLANDIE veut une « République exemplaire ».

Sujet mal posé.

La République EST exemplaire : c’est pourquoi il faut la promouvoir toujours et partout.

Mais vous, ses serviteurs « qui pillez la maison », qui défigurez la République, qui en faites un épouvantail, vous êtes le mauvais exemple incarné.

Ne payons pas la dette : cela ruinera les fraudeurs.

Revenons à l’euro-franc, à 1/3 de la valeur du deutschemark.

Finissons-en avec la SARKHOLLANDIE.

Et vous, Angela, au lieu d’être la THACHERIN de votre peuple sortez de l’euro et foutez la paix à l’EUROPE !

Elle essuiera alors, et définitivement, l’ardoise.

* On dit Alzheimer pour faire comme si on comprenait tout du fonctionnement cérébral ; mais quand nos grand-tantes disaient de l’une d’entre elles, ou d’un de leurs époux, qu’elle/il était « retombé-e en enfance », ce que les garnements traduisaient immédiatement par gaga, non seulement elles disaient les choses sans fioriture, mais, de plus, elles assumaient la nécessité de prendre soin de cette pauvre personne.

** Et dire que le roi de Hollande n’a même pas eu sa part du couscous !

*** Encore que la mal bouffe liée à la baisse du pouvoir d’achat entraîne l’obésité … Il faut de toute façon faire de nouveaux trous à la ceinture !

**** Le pays le plus en difficulté fut la GRECE dont 11 % de la population soumise à l’occupation nazie a disparu pendant la seconde guerre mondiale.

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2013, jeudi 3 janvier

L’arche DE (la)NOË

De nuit, de jour, les bennes à ordures défilent dans les rues de Paris : les bennes à ramasser les bouteilles en verre, les bennes à ramasser les emballages en papier, les bennes à ramasser les ordures ménagères non compostées, les bennes à ramasser les « monstres », les bennes à ramasser les sacs poubelles plastiques placées au coin de la rue, … Il n’y a pas encore de benne à ramasser la connerie humaine, mais elle est sans doute à l’essai dans les services municipaux de (dela)NOË où il y a de quoi faire !

Quand ce ne sont pas les bennes qui circulent, ce sont les arroseuses-nettoyeuses qui occupent le terrain, surtout quand il pleut : un vrai ruissellement de Grandes Eaux !

Pourtant, en ces jours d’après la fin du monde manquée, Paris est particulièrement cra-cra et désordonnée ; des crottes de chiens partout, des pisses de bonhommes qui s’écoulent sur les trottoirs, des canettes vides qui roulent, des mégots plein les caniveaux, des bouteilles cassées, des sacs en plastoche, des vieux bouts de papier, des confetti sans objet, des préservatifs hors service, même des feuilles mortes tellement piétinées qu’elles collent à la chaussée ; et, bien entendu, les poubelles de toutes les couleurs du tri raisonné, débordantes de leurs précieuses ordures sélectionnées qui attendent, des heures durant, le passage de la benne idoine.

Comment tant de saleté peut-elle aller de pair avec un tel déploiement de machines à faire propre ?

Deux réponses :

• l’inefficacité par bêtise de la politique municipale parisienne en matière de voierie et d’hygiène publique dont on sait que les alliés verts de la social-démocratie en place l’inspirent fortement.

• Les PPP* qui sont en charge de l’application de cette politique : dans les quartiers où ils sévissent, c’est encore plus sale qu’ailleurs !

Tout à l’heure, sous mon nez, un respectable monsieur a mis le pied dans un trou du trottoir et, tel un pantin désarticulé, a fait un valdingue de plusieurs mètres ; certes, il n’a point chu ; mais les contorsions qu’il a dû faire pour retrouver son équilibre lui vaudront des courbatures pendant plusieurs jours. Or il y a des trous, beaucoup de trous, dans les trottoirs et dans l’asphalte parisiens ; des trous de deux sortes : ceux qui sont creusés par l’usure et ceux qui sont creusés par les entreprises de BTP, les seconds se distinguant des premiers par la ceinture de tôles grises et vertes, en général de guingois, qui, censée signaler un danger, l’augmente. Le point commun de ces trous, volontaires et involontaires, c’est qu’il s’écoule un temps fou avant qu’ils soient comblés.

Et les voitures ventouse ! Les « auto’lib », les véhicules d’aide aux personnes handicapées qui, au lieu de stationner sur les aires de parking louées à cet effet, se garent dans les rues, les cabines et les machines de BTP qui restent en place, même quand le chantier ne fonctionne pas, les véhicules et les grues de tournage de films qui n’ont plus besoin d’autorisation – ou si peu – pour boucher la circulation ; sans compter les bagnoles qui remontent à contre-sens les couloirs réservés aux bus, les livreurs en double file, les grosses bagnoles garées en épi sur le créneau juste bon à accueillir une Smart, etc., etc.

Le vél’lib dont la flotte disparaît pour moitié chaque année et qu’il faut donc remplacer pour le plus grand bénéfice de JCDecaux, utilise des centaines et des centaines de mètres de stationnement avec ses petites bornes à fric. Et plus les mètres s’allongent, moins le piéton est rassuré : en plus des trous qu’il faut éviter, des poubelles qu’il faut contourner, des crottes de chien qu’il faut subodorer pour ne pas mettre le pied en plein dedans, il est impératif de raser les murs pour ne pas être bousculer, ou pire, injurier, par un vél’libiste qui prend la lib’erté de circuler sur les trottoirs, de remonter les sens interdits, même quand aucun signalement ne le permet, qui passe au feu rouge en considérant d’autorité que les piétons qui avaient la velléité de traverser ne sont pas prioritaires, etc.

Pauvre piéton, chargé d’ans ou de marmaille ou de sacs à provisions, son calvaire atteint son paroxysme justement là où l’édile a prévu de rendre son parcours plus confortable. Vous savez, face au passage piétonnier, cette légère dépression du trottoir qui mène le promeneur, la poussette ou le fauteuil roulant sur son bord de telle sorte que la déclivité met le caniveau et la chaussée à quelques petits et insignifiants centimètres en contrebas du dit trottoir … Las, las, las ! Une fois sur deux, les eaux du caniveau refluent sur ce slip piétonnier n’offrant qu’une alternative : ou contourner la mare stagnante et traverser à la limite du passage prévu et protégé, ou patauger dans la flotte ! Monsieur Decaux serait bien inspiré de placer à proximité de ces passages peu guéables des bott’lib, en caoutchouc de préférence, et avec jet désinfectant intérieur sinon extérieur.

La ville que sillonne l’arche De(la)NOË (qui fluctuat nec mergitur depuis deux mandats, déjà) ressemble, avec ses micro-crues de trottoir à une mini Venise francilienne qui s’enlise dans la fange, avec ses auto’lib et vél’lib à une ruche qu’on a enfumée et dont les abeilles, affolées, se démènent en tous sens, avec ses machines motorisées à récurer sans succès une saleté persistante (je vous dis pas les odeurs à peine voilées par celle du gazoil…), à une planète poubelle sur laquelle débarquent de vrombissants extraterrestres. C’est peut-être cela le lendemain de la fin du monde ; (dela)NOË, aidé de sa petite bande de rameurs verts, dans une fulgurante vision futuriste, met sous nos yeux la virtualité de l’urbanisme de demain, la Ville conçue pour faire gagner beaucoup d’argent à quelques-uns tout en laissant les autres, les plus nombreux, se démerder, au sens propre comme au sens figuré.

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* Partenariat Public Privé

2012, samedi 29 décembre

Y en a qui f’rait mieux d’se taire …

Dans le XIIIème arrondissement de PARIS où est installé le siège de l’organisation pour laquelle milite Arsa, paraît un mensuel, Le 13 du mois, bien fait, indépendant et tourné vers les sujets qui concernent l’arrondissement et intéressent sa population.

Récemment, une « affaire » a éclaté, impliquant une élue EELV du XIIIème. Bien entendu, le 13 du mois en a parlé et cela n’a pas plu à la dame qui a d’ailleurs depuis remis ses mandats électifs. Cette dame n’est pas inconnue du blog d’Arsa qui l’a épinglée, il y a quelques semaines, sous le titre « Evasion fiscale et trafic de drogue ».

La dame, mécontente, a fait signifier par huissier sa réponse à l’article du 13 du mois, intitulé « les secrets de Florence ». Cette réponse a été publiée par l’organe de presse incriminé ; et cette réponse vaut son pesant de pois chiches !

L’article mettait en doute, sur la foi de témoignages d’anciens collaborateurs de Florence, ses connaissances et sa compétence en matière de gestion municipale ; et Florence de s’étonner et de s’indigner qu’on ne lui ait pas fait ces reproches plus tôt !

M’est avis que le contenu de sa réponse à 13 du mois parle de lui-même.

Chagrinée qu’il ait été question d’elle comme d’une « petite adjointe d’arrondissement », elle écrit : « Il suffit de consulter mes interventions sur le site de la Mairie du 13ème pour que chacun se fasse une idée plus claire de mon implication que ce soit sur les questions d’urbanisme, de lutte contre les pollutions, de préservation de la biodiversité etc. »

Nous sommes édifiés : cette grande dame politique ne fait ni dans l’action, ni dans la réalité, ni encore moins sur le terrain : elle fait dans le virtuel ! La route, ouverte par les élus, grands et minuscules, d’EELV, traverse les sphères informatiques de la grandiose toile internautique et se fout éperdument des petits chemins, ruelles et autres venelles du XIIIème !*

Cette vision prométhéenne pour ne pas dire, antithétiquement, olympienne, est d’ailleurs mise en évidence par d’autres paragraphes du courrier de madame Florence L. Ne dit-elle pas que de son « poste d’adjointe au développement durable » elle a eu l’honneur de lutter « contre le changement climatique » ce qui, selon elle, n’est « en rien, secondaire mais prioritaire au regard des enjeux de politique municipale ».

Primo : c’est quoi le « développement durâââble » ? Mon expérience de prof de géo me faisait penser que le développement d’une société, c’était, grâce à la croissance, c'est-à-dire grâce à l’augmentation et à la diversification des richesses produites par le travail des hommes (y compris les sex toys…dont une entreprise de production compterait la verdoyante parmi ses actionnaires), la possibilité pour cette société non seulement de diversifier ses propres structures mais aussi d’améliorer les conditions d’existence d’un plus grand nombre de ses membres. Vu la crise, vu la dette, vu le point de vue des verdoyants sur la « croissance », il semble que le développement durâââble soit amené à marquer le pas, et durablement !

Deuxio : c’est quoi cette prétention à faire du XIIIème et de sa « petite adjointe d’arrondissement » les pionniers de la lutte contre le réchauffement climatique ? Sait-elle au moins, cette petite dame élue (et démissionnaire !) ce que c’est que le climat ? Que le « réchauffement climatique » dure depuis trente mille ans ? Que du vivant de Néron, il faisait plus chaud en Gaule qu’aujourd’hui en France ? Etc. Etc.

A moins que …

Devant la mairie du XIIIème, en ces temps de fêtes et de sapins de Noël, il n’y a justement pas de sapin : il y a des palmiers, comme à Perpignan et dans les oasis de Libye !

Futée, la Florence Lamblin, qui, de la fenêtre de son bureau de « petite adjointe d’arrondissement » a vu pousser un beau matin des palmiers Place d’Italie ! Elle a choisi le bon créneau !

Après cette diatribe récidiviste, Arsa attend, de pied ferme, les huissiers de Madame LAMBBLIN.

* Il est vrai que le XIIIème partage avec le Vème le privilège d’avoir sur son territoire le boulevard devenu le plus mortifère de Paris depuis qu’il a été réaménagé sous la houlette des verdoyants auxquels le Maire de Paris a laissé la bride sur le cou. Que ce boulevard-cimetière porte le nom du premier saint patron de Lutèce ne change rien à l’affaire.

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2012, mardi 4 décembre

Le larbinat journalistique

Mesdames Caroline MICHEL et Nicole PERICAUT, que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam, et dont je lis sans doute pour la première fois la prose, ont publié, le 3 décembre 2012, sur Internet, pour le compte du Nouvel Observateur, un petit article sur la reprise du site de Florange (en totalité ? Juste les deux hauts fourneaux survivants de l’ex-sidérurgie française ? La précision du fait excède sans doute les quelques lignes que ces dames ont écrites à quatre mains, à moins que l’un des deux noms soit le pseudonyme de l’autre …).

Ainsi, Monsieur Bernard SERIN, président du Football Club de METZ, ingénieur et patron sidérurgiste, serait le mystérieux repreneur annoncé par MONTEBOURG, le ministre aux chouettes marinières.

Le scoop ! Qu’un sidérurgiste s’intéresse à des hauts fourneaux et à ce qui va avec, qu’un patron ayant sa façade sociale bien implantée en Lorraine, s’intéresse à la sidérurgie lorraine, voilà qui relève non seulement de l’extraordinaire, mais de l’invraisemblable et même du merveilleux ! C’est Saint-Nicolas et sa hotte, trois jours avant sa fête ! Autant dire que Vincent PEILLON, ministre de l’Education Nationale, s’intéressant à la morale laïque est un O(p)PNI* !

Va pour le scoop de Mesdames Machin.

Mais elles font aussi dans l’idéologique. Là aussi, en quelques mots - le site de Florange « sur lequel a plané la menace d’une nationalisation temporaire » - la messe du libéralisme économique est dite.

Moi, Arsa, vieille de la vieille gard e, qui pensais que le Nouvel Obs était un canard de gauche ! Certes une bonne partie de la gauche a viré à la gôche ; mais quand même ! Heureusement que depuis longtemps je ne lis plus tout ça !

Donc, la nationalisation, même temporaire, serait une menace ? Une menace pour qui ? Pour les amis de Madame PARISOT ? Pour ceux de François CHEREQUE dont les amis de la précédente dame pleurent le départ ? Pour François HOLLANDE qui proclame sa fierté d’être de la social-démocratie, c'est-à-dire la droite de la gôche, autant dire de la droite toujours complexée ?

Dieux de l’Olympe, les seuls auxquels vont mes dévotions, est-il possible d’écrire de pareilles niaiseries de gôôôche ?

Mais de la nationalisation des outils de travail du prolétariat mondial, j’en veux ! Mais de l’expropriation des biens usurpés par l’actionnariat financier qui régente le monde, l’affame et l’empoisonne, j’en veux ! Mais de la socialisation des moyens de production rendus aux travailleurs, j’en veux !

Ce que je ne veux pas, ce que je ne veux plus, c’est du journalisme de gôche, larbin du capitalisme.

Vous êtes, Mesdames Machin, de ce larbinat ; mais c’est pas vo’te faute : faut bien élever les gniards et faire bouillir la marmite. Soit.

Faut aussi pas baver sur la femme au travail …

Eh bien, je bave ! Parce que le travail, ce n’est pas pour le bien être de Madame Machin ou de Monsieur Truc-Chose ; c’est fait pour faire vivre 7 milliards de Terriens qu’asphyxie le capital interlope de la mondialisation dont vous léchez les bottes, histoire de pas mourir de faim, vous, et d’avoir une belle carte de visite. Le journalisme, devenu le vecteur de la désinformation, ce n’est plus du journalisme, c’est de la collaboration au sens de 1942, si vous voyez ce que je veux dire.

Certes, Nicole et Caroline ne sont pas les seules ; ni le Nouvel Obs ; ni la France. Mais ce n’est pas plus rassurant pour autant.

Arsa qui vous tire la langue Ours.jpg

* Objet (presque) pensant non identifié.

2012, vendredi 30 novembre

Le coût du travail : une arnaque et une spoliation durable.

La politique économique et sociale mondiale, orientée par des groupes financiers au service du très gros actionnariat, est obsédée par le coût du travail qu’elle tente de réduire au maximum, et avec quel succès !

Il y a 40 ans, alors que la population mondiale n’avait pas encore franchi le seuil des 4 milliards d’êtres humains (aujourd’hui, 7 milliards), la valeur ajoutée par le travail était répartie de la façon suivante : 20 % rémunéraient le capital et ses investissements, 80% rémunéraient le travail.

Aujourd’hui, le capital mondialisé s’approprie presque le tiers de cette valeur ajoutée n’en laissant que moins de 70% au travail : si cela n’est pas une diminution du coût du travail (plus de 10 points en moins en même pas un demi siècle), qu’est-ce que c’est ?

Il y a donc eu, proportionnellement, amputation de la masse salariale distribuée. Cette amputation se fait par le biais du chômage, de l’emploi précaire, ou mal rémunéré des femmes et des enfants. La part capitalisée n’est pas destinée prioritairement à l’investissement ; elle est de plus en plus utilisée à des fins spéculatives. La non réinjection de la valeur ajoutée dans l’investissement pénalise l’emploi ; le cercle vicieux de la pression sur l’emploi et sur la masse salariale grandit davantage.

La vraie question n’est donc pas l’emploi mais sa juste rétribution par une part plus importante de la valeur ajoutée destinée à rémunérer le travail. Alors, le pouvoir d’achat global augmentant, la demande en biens à consommer augmentant également, le capital s’investira davantage dans la production et moins dans la spéculation. Du coup, le nombre d’emplois s’accroîtra lui aussi et ces emplois seront plus stables qu’ils ne le sont aujourd’hui.

La crise, la fameuse crise, est une invention du capitalisme mondialisé et spéculatif : spolier le travail de sa juste rémunération, en abaissant son coût par l’appropriation capitaliste d’une part toujours plus grande de la valeur ajoutée qu’il a pourtant produite, et en n’utilisant que partiellement cette appropriation pour investir, est la forme « moderne » de l’asservissement des travailleurs, de leur exploitation.

La lutte des classes n’est ni une utopie, ni un archaïsme : elle est menée, aujourd’hui, contre la population de la Terre, par quelques millions d’individus cherchant à amplifier la part de valeur ajoutée qu’ils rapinent sur le travail.

C’est de cela qu’il faut prendre conscience, c’est cela qu’il faut dénoncer, c’est pour combattre cela qu’il faut prendre la contre offensive : l’émancipation du monde au travail l’exige

Arsa à rebrousse poil Ours.jpg

2012, lundi 26 novembre

Lettre ouverte

Micheline B. âgée de 90 ans pourrait couler des jours heureux à la maison de retraite Saint-Vincent (l’EHPAD) dans le Vaucluse où elle est hébergée pour se rapprocher de l’une de ses filles.

Oui, mais voilà, elle est originaire de la Gironde et dépend, pour le versement de l’aide personnalisée d’autonomie (l’APA) du Conseil Général de ce même département, qui devrait lui verser depuis le 24 février 2012, comme signifié par l’arrêté en date du 16 mars 2012.

Depuis cette date elle attend… elle attend le bon plaisir du Conseil Général de Gironde qui s’obstine à vouloir verser cette aide à l’EHPAD, alors que dans un courrier du 10 avril elle demande le versement sur son compte courant puisqu’elle en est l’unique bénéficiaire !

Aucune réponse à sa demande, malgré l’article L 232-15 qui stipule : « L’allocation personnalisée d’autonomie peut, après accord du bénéficiaire, être versée directement aux services d’aide à domicile, notamment ceux mentionnés à l’article L. 129-1 du Code du travail, ou aux établissements mentionnés au 6° du I de l’article L. 312-1 du présent code et au 2° de l’article L. 6111-2 du code de la santé publique utilisé par le bénéficiaire de l’allocation. ».

Donc sans avoir pris au préalable l’avis de la bénéficiaire de cette APA, sans tenir compte de sa demande, sans tenir compte d’un échange de courrier avec l’EHPAD et son gendre pour faire valoir le droit à la personne âgée, le Conseil Général persiste et depuis maintenant 9 mois, n’a encore pas versé le moindre centime !

Les démarches téléphoniques de son gendre, du directeur de l’EHPAD, celles du Médiateur de la République, celles du Défenseur des droits, n’ont rien changé !

Les courriers envoyés le 1er octobre à Monsieur le Président du conseil général de Gironde, avec copie à la Présidence de la République, à Madame la Ministre des Affaires sociales et de la Santé, celle envoyée le 5 novembre à Mme la Ministre déléguée en charge des Personnes âgées et de l’autonomie, sont restés sans effet… mais surtout sans réponse

Micheline B, a le sentiment d’être ou plutôt de ne plus être considérée comme une personne ou une citoyenne à part entière, elle se sent complètement démunie face à un système qui est censé la protéger et l’aider et qui l’ignore (pour ne pas dire la méprise) complètement, dans une République qui devrait être égalitaire !

Comprenne qui voudra ?

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