Comme dit MELENCHON : ça suffit comme çà !

Sauf que nous l’avons dit depuis longtemps, nous, la base, nous les républicains qui avons dit NON au projet de traité constitutionnel européen et, même si on ne nous a rien demandé, NON au traité de LISBONNE qui non seulement a la couleur et le goût du TCE mais qui est le TCE en mini bouteille !

Certains d’entre nous avions même rejoints le PS en crise, entre le OUI officiel de la direction et le NON de certains barons, pour voir de près comment un grand parti politique soi-disant démocratique sortait de ses contradictions ou expirait. Cela pourrit sur pied et ne sent pas la rose, juste l’in-sociale-démocratie de plus en plus réactionnaire.

Pour faire notre devoir d’adhérents, nous avions porté notre choix au moment de la désignation du candidat à la présidentielle sur FABIUS. Mais il s’est dégonflé comme un soufflé mal cuit au point que nous avons fini par croire ce qu’au début nous prenions pour des ragots malveillants : qu’il avait milité pour le NON à la suite d’un pari, tout comme il avait tiré à la courte paille au début de sa carrière politique pour savoir s’il la porterait à gauche ou à droite.

Mais préparer REIMS, non merci ! Nous ne sommes donc pour rien dans l’arrivée du tiercé gagnant : une pouliche amouillante qui préfère la pâture du voisin, une rosse qui ne se sent bien qu’en tirant le carrosse de l’évêque, un hongre qui se prend pour un étalon.

Donc MELENCHON, qui n’avait pas joué ce tiercé-là, a décidé de nous rejoindre.

ENFIN !

Non que nous nous fassions beaucoup d’illusions sur ce que le gauchiste devenu ministre de l’Enseignement professionnel sous Jospin, et toujours sénateur, peut apporter de réelle conviction à notre combat. Il se dit républicain, il se dit laïque, il se dit pour la République sociale. Tout cela est sans doute vrai mais sur un arrière plan vraisemblable de recherche des conditions qui ménagent à la fois sa carrière politique et ses options affichées. Mais ne boudons pas notre plaisir : enfin un responsable du PS qui rompt avec son parti parce qu’il veut faire autre chose que de l’in-sociale-démocratie !

Depuis 2005, nous attendons non pas le sauveur qui nous montrera le chemin, car nous cheminons déjà par des voies diverses vers un avenir qui ne sera pas seulement celui des spéculateurs et des prédateurs, mais un signe nous permettant de nous repérer les uns les autres, de nous reconnaître et de nous fédérer. Le « ça suffit comme ça ! » de MELENCHON est peut-être ce signe.

En quittant le PS pour nous rejoindre, Jean-Luc MELENCHON nous conforte dans ce que nous savions déjà et que, de là où nous sommes, nous disons autour de nous : que la justice sociale et la démocratie ne sont possibles que par la République et dans le respect de ses valeurs laïques.

Les milliards d’êtres humains que nous sommes et la planète sont mis en coupe réglée et même saignés à blanc par la mondialisation et ses spéculateurs avides et méprisants. L’idéologie dominante du tout libéral, de l’intérêt particulier des profiteurs érigé en intérêt général, du chacun pour soi destructeur des lois et de la cohésion sociale, apparaît clairement pour ce qu’elle est : une idéologie destinée à asservir les citoyens et les travailleurs au cynisme des gros actionnaires et à la corruption de leurs nervis.

CA SUFFIT COMME ÇA !

Les cancrelats qui nous pourrissent la vie tout en pensant que leur nombrilisme de starlette nous fascine ont fait leur temps. Merci, Jean-Luc, de nous permettre de le dire non pas tout haut car nous nous égosillons à le répéter, mais avec un porte voix !

Françoise ROCHE & Thierry DRUAIS