OBAMA et la République

Quelle unanimité ! Pleurs, pleurs, pleurs de joie ! Hosanna !

Le 4 novembre 2008 est le jour de la rédemption des Etats-Unis : ces vilains, ces méchants, ces menteurs sont devenus, re-devenus, les purs tels que les voulaient les Pères Fondateurs.

Le 4 novembre ? Les Américains des Etats-Unis en élisant un noir à la Présidence de leur pays ont lavé la tache, que d’aucuns croyaient indélébile, de l’esclavage.

Les Américains ont élus un noir ? Pas tout à fait : c’est un métis, moitié noir, moitié blanc … Ou l’inverse. Encore huit ans, et peut-être sera-ce un vrai black qui sera installé dans le salon ovale. Ou un vrai blanc.

Est-il métis ? Oui, il l’est. Mais BERLUSCONI, cette dérision politique qui n’honore ni son pays ni l’Europe, a trouvé la formule : OBAMA est bronzé, un latino en quelque sorte, un (im-)pur produit méditerranéen !

D’autres, qui sont particulièrement chatouilleux sur l’utilisation des mots noir, black, métis, nègre et negro, ont découvert le palliatif – certains diraient « cache-sexe » - de toutes ces errances sémantiques : OBAMA est un Afro-Américain, fils d’un Kenyan et d’une citoyenne, blanche, des Etats-Unis.

Donc, il n’est pas descendant d’esclaves du deep south et, par conséquent, la tache indélébile sus évoquée est bien toujours là ! De toute façon, elle est historique et cela est un fait ; et les faits ne sont pas solubles dans les cartouches des imprimantes des journaleux qui nous abreuvent à plein entonnoir de leurs délires sur la couleur de la peau d’OBAMA.

Le racisme a encore de beaux jours devant lui !

Alors que la mondialisation, c’est-à-dire le capitalisme à l’état brut, met la population du monde qui se compte en milliards dans l’impasse de la récession, donc du manque d’emplois, et de la misère, les grattages du nombril d’OBAMA pour savoir s’il est rose ou marron ne sont pas dérisoires : ils sont obscènes.

OBAMA n’est pas le sauveur du monde, blanc ou multicolore. Il a été élu par ses concitoyens pour succéder au singe, même pas savant mais directement télérelié à Dieu, qui a nom BUSH II et qui laisse à son successeur et au monde le soin de se démerder avec son héritage : et le passif de cet héritage l’emporte largement sur l’actif !

  • La crise financière provoquée par la spéculation
  • La spéculation qui obère aux deux bouts de la production économique la rémunération du travail et les disponibilités de l’investissement
  • La spéculation qui détruit, pour ses aises et ses plus grands profits, les législations nationales et l’esprit civique
  • La spéculation qui crée de la monnaie fictive et en tire, sous le couvert du crédit, des traites surusuraires sur le travail et la vie quotidienne des citoyens et des travailleurs.
  • La spéculation qui dorlote, qui pelote même, les communautarismes, corollaires de l’individualisme, du plus simplet au plus fou et au plus criminel
  • Les communautarismes qui justifient tous les égoïsmes, toutes les haines et tous les meurtres
  • Les sales guerres pétrolières et leurs théories de tyrannies au Moyen Orient et en Afrique
  • La dégradation de l’environnement par les déjections et les prédations des super-nantis
  • La dette nationale la plus extravagante remboursable sur le dos des travailleurs non seulement des Etats-Unis mais aussi et surtout sur celui du reste du monde.

(la liste n’est malheureusement pas exhaustive).

BUSH II a eu des prédécesseurs ; il a des imitateurs ; le singe est singé, ce qui nous éloigne tristement d’homo sapiens sapiens …pour nous rapprocher non moins tristement d’homo imitator speculator.

Mais OBAMA va nous faire du cinéma en technicolor et nous allons rêver…

OBAMA n’est pas un républicain. Pardi, c’est un démocrate !

Je répète, il n’est pas républicain, pas plus que ne l’est son adversaire malheureux et fair play.

Pour les Américains, et cela est lié directement à l’histoire des Etats-Unis, de leur création et de leur indépendance, être républicain c’est refuser la monarchie, celle du roi d’Angleterre, dont ils avaient subi l’oppression.

Pour un citoyen français, République a plus que ce sens là. En effet, en 1792, il y a rejet de la monarchie, non seulement parce qu’elle opprime mais, aussi et surtout, parce qu’elle trahit la Nation. Seuls les citoyens, ceux-là même qui sont, par leur unité et leur fusion, la Nation, sont en capacité de ne pas la trahir ; elle est leur bien à eux tous, à eux le Peuple : elle est la Res Publica, elle est la République, la chose du Peuple, la Laïcité même.

Lorsque les Etats-Unis auront un président « républicain », lorsque l’on dira d’un tel qu’il est le Président de la « République » des Etats-Unis d’Amérique, alors seulement et quels que soient la couleur de la peau et le sexe de l’élu, il y aura la mutation « historique » des Etats-Unis.

Pour l’heure, les formes que prennent les célébrations de la victoire électorale d’OBAMA, victoire incontestable, bienfaisante et rafraîchissante, ont un arrière goût de racisme ranci qui laisse augurer que des amateurs de racisme plus virulent seront vite, s’ils ne le sont déjà, en embuscade.

Pour l’heure aussi, devant les ruines que la mondialisation spéculatrice répand sur la planète et son humanité, n’attendons pas qu’un sauveur charismatique vienne nous tirer d’affaire :la République nous impose de nous sauver en la sauvant.

Ours.jpgArsa

Commentaires

1. Le 2008, samedi 15 novembre, 17:46 par Militant d'en bas

Il aura fallu attendre une récession mondiale (originaire des USA, en plus), une guerre contre un pseudo axe du mal, des mensonges éhontés, pour y entraîner les autres pays, un effondrement du système capitaliste qui engendre une misère noire grandissante de l’Amérique d’en bas, un rêve américain chimérique… pour qu’enfin soit élu, au pays de l’abject Ku Klux Klan, au pays de l’expérimentation de la bombe atomique sur Hiroshima et Nagasaki, au pays qui a spolié les Amérindiens de leurs terres et de leurs coutumes, un président noir issu  (indirectement) de ses anciens esclaves.


À quand, un (xx)ème président issu du peuple Amérindien, un sioux, un apache, un mohican, un inuit… ?

Militant d’en bas