Les victoires de SARKOZY

A la veille de rendre son tablier de président de l’Union Européenne, le SARKO que les Français partagent, hors l’alcôve nuptiale, avec la benoîte CLARA, a manifesté sa frénésie génétique bien connue et a accumulé les « victoires » : sur le réchauffement climatique, sur la relance économique en Europe et sur le traité de LISBONNE.

Le réchauffement climatique fera l’objet d’une future contribution à et cætera pour la République.

Pour l’heure, les victoires de notre Président sur la question de la relance économique et le Traité de LISBONNE, retiendront seules notre attention.

Qu’est-ce que le traité de LISBONNE ? Un digest du projet de Traité constitutionnel européen auquel les Français et les Néerlandais avaient dit NON par référendum et que, toujours par référendum, les Irlandais, sous sa forme abrégée, ont rejeté naguère. Victoire sarkozienne : les Irlandais revoteront au printemps prochain pour se déjuger de ce qu’ils ont dit au printemps dernier.

Ce projet de traité constitutionnel et ce traité de LISBONNE, recalés l’un et l’autre par la voix du Peuple reprennent, sans en rien retrancher, le credo du libéralisme : l’argent roi, la spéculation qui le divinise, la concurrence « libre et non faussée » qui crée, par une inversion sémantique soigneusement préméditée, les ententes, les cartels et les monopoles. Il y a d’autres choses dans ces « traités », découlant directement de leurs prémisses. Mais, pour cette fois, nous nous en tiendrons à ces seules prémisses.

Le plan de relance économique est sensé contrecarrer la « crise » et ses désastreuses conséquences : les faillites, les mises à pieds, la précarité qu’elle amplifie, le chômage, la misère et le désespoir. Telle une peste, la « crise » se répand partout, jetant à bas les idoles de la société de consommation, la bagnole et l’énergie, détruisant aussi le tissu de l’économie productive et désespérant les travailleurs et leurs familles. C’est contre cette peste qu’il faut réagir. Or que font SARKO et ses partenaires européens plus ou moins coopératifs ? Ils prétendent relancer l’économie en procédant à la refondation du capitalisme. Autrement dit, ils veulent remettre en selle l’économie de marché, c'est-à-dire le capitalisme débridé.

Comment s’y prend le Président ? Il fournit l’argent par milliards d’euros aux banques pour qu’elles aident les trésoreries des entreprises et leurs investissements. Que vont faire réellement les banques ? Elles vont, avec l’argent des contribuables, reconstituer les trésors de guerre amassés en surtaxant leurs clients et dilapidés dans la spéculation, non pas pour rembourser leurs dettes et financer l’économie productive, mais pour flamber tout ce pognon à la première occasion spéculative venue, histoire de se refaire !

Quant aux entreprises survivantes auxquelles les banques concéderont un peu de ce pécule sorti de nos poches, elles referont ce qu’elles ont fait ; elles spéculeront elles aussi, réduisant au minimum la part de l’investissement et la création d’emplois. D’ailleurs, les rares emplois nouveaux seront mal payés, la précarité amplifiée accentuant encore plus la pression sur les salaires que nous a value la mondialisation, id est l’économie de marché, id est le libéralisme économique, id est le capitalisme !

La relance, c’est-à-dire la refondation sarkoziste du capitalisme, consiste à recommencer le jeu spéculatif criminel que les nantis ont pratiqué avec avidité en spoliant le travail et la vie quotidienne des travailleurs. Le pouvoir d’achat va encore s’affaiblir, mais l’argent ne sera pas perdu pour tout le monde. Les parachutes dorés, les stock options, les traders plus que moins couverts par leurs employeurs ont encore de beaux jours pour s’épanouir.

SARKOZY peut se frotter les mains : il a fait un tabac à la tête de l’Union Européenne, il a été désigné par des cireurs de pompes chef d’état de l’année, il parcourt la France et le monde au pas de charge afin d’y décharger son trop plein de cynisme. Demain, ou après-demain, sur sa tombe, fleurie par ses veuves éplorées, on lira sur une plaque tarabiscotée et du plus mauvais goût « A leur ami, les capitalistes reconnaissants ».

Ergo, censeo capitalismum esse delendum.

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