Plaidoyer pour Nadine

Médiapart, à l’occasion d’une discussion que ce media en ligne organisait après les tueries du 13 novembre 2015, a ouvert, en libre accès, son site, pendant quelques heures, mardi 17. C’est ainsi que j’ai pu lire la lettre ouverte qu’un professeur d’histoire-géo adressait à Nadine MORANO. Cette lettre datait d’un certain temps et relevait, avec sagacité, esprit, beaucoup de références historiques et géographiques indubitables et un brin de méchanceté, les absurdités que l’ancien ministre de SARKO a débitées récemment sur la race blanche et la culture judéo-chrétienne qui, selon elle, caractérisent la France. Mon presque collègue imputait à l’inculture de Nadine et, par diverses expressions, au fait qu’elle n’est pas fufute, les âneries qu’elle avait proférées.

Soit. Elle est nulle et n’a pas inventé la poudre (moi non plus d’ailleurs…)

Je voudrais toutefois apporter un rectificatif à la tonalité de cette lettre et au jugement qui en découle concernant Madame MORANO.

Elle était interrogée par des journalistes sur un évènement précis auquel elle avait participé.

Se trouvant gare de l’Est à Paris, soit venant de Lorraine, soit s’apprêtant à y repartir, elle a croisé dans le hall ou sur les quais, un être à l’identité incertaine, un individu revêtu de la burqa intégrale dont le port interdit au premier regard de déterminer de quel sexe relève la personne ainsi affublée, et qui est interdit par la loi. Son sang n’a fait qu’une tour et, ni une ni deux, la voilà s’enquérant auprès de la police en service pour quelle raison cette burqa circule impunément.

Serait-ce, Monsieur le Professeur, que la loi est faite pour être violée ? Est-ce parce qu’il la viole dans une telle circonstance de nez à nez avec une burqa anonyme et qu’il la laisse continuer son chemin qu’un quidam s’exempte d’islamophobie et qu’un de ses congénères qui ne la viole pas et proteste contre un tel délit devient ipso facto un horrible raciste ?

Les journaleux qui interrogeaient la dame sur ce fait divers, lui ont ensuite posé d’insidieuses questions et, en tablant sur sa bêtise, l’ont poussée dans ses derniers retranchements jusqu’à lui faire dire des conneries.

Certes, Nadine MORANO s’expose à de telles manœuvres par son appartenance militante et publique à un parti politique. Pour autant, ces manœuvres en sont-elles plus acceptables ? Il est facile d’en rire.

Mais qui est plus républicain que l’autre ? Celui qui s’insurge contre la transgression de la loi ou celui qui s’en accommode ? La MORANO est une bécasse, vraisemblablement raciste sur les bords, en quoi elle est semblable à bien des Françaises et des Français. En est-elle moins une citoyenne de la République ? En est-elle moins républicaine ? Pour elle, en tout cas, le port de la burqa est une « provocation à la République ». Et elle a raison.

Sans rancune, Monsieur le professeur ?

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