Les vieux, à la niche !

Sur les coups de minuit, le journal télévisé du dimanche soir de la 3 reçoit un-e invité-e qui commente avec le présentateur les évènements de la journée. Hier, Francis LETELLIER recevait une dame socialiste, plus ou moins porte-parole du parti et dont j’ai complètement oublié le nom : jeune et jolie.

L’évènement, c’était les élections législatives en Espagne et l’excellent résultat de « Podemos ». Donnant son opinion, la dame commence par dire que la situation en Espagne n’est pas la même qu’en France. Elle a en partie raison, l’Espagne n’est pas structurée de la même façon et c’est une démocratie relativement jeune ; mais elle a en partie tort, les deux pays subissent depuis des décennies une politique économique et sociale d’austérité fondée sur les exigences du libéralisme, i.e. le capitalisme actionnarial et spéculatif.

Le journaliste lui demande si les responsables politiques en France, en particulier la gauche et la soi-disant gauche de la gauche, peuvent s’inspirer de ce qui se passe en Espagne. A quoi la dame répond par une énormité ; la préoccupation principale des Français s’inscrirait, selon elle, dans la suite logique de la COP 21 et serait le souci de préserver l’environnement et tout le bla bla qui va avec.

Les téléspectateurs qui n’étaient pas encore profondément endormis ont dû sursauter : eux qui pensaient que le principal souci des Français était le piteux état de l’emploi et de leur pouvoir d’achat !

Ensuite, comme de juste, vint la question sur l’état d’esprit comparé des électeurs espagnols qui se sont très mobilisés le 20 décembre et des électeurs français qui restent majoritairement abstentionnistes comme l’ont montré les élections régionales au début du mois. Dans les deux cas, toujours selon la dame, qui un peu auparavant avait dit de Bernard TAPIE qu’à 70 ans passés il était un has been, les électeurs ont besoin de nouvelles têtes, d’un personnel politique rajeuni ; elle ne le dit pas mais le pense si fort que d’office les téléspectateurs encore éveillés se disent : « comme elle, comme NVB, comme Fleur PELLERIN, comme Emmanuel MACRON … »

Et si par hasard, cette dame qui fait du jeunisme sans le savoir et pratique sans vergogne la gérontophobie, confondait l’âge d’une personne et l’état d’usure de sa pensée politique ?

La pensée de Jean JAURES, né il y a 156 ans et mort assassiné il y a 101 ans, est certainement plus novatrice que celles de cette dame et du parti aux origines duquel il y a pourtant cette pensée qu’ils ont trahie depuis longtemps. Mesdames et Messieurs les fringants quadragénaires qui vous bercez de l’illusion que l’avenir est à vous parce que vos artères ne sont pas encore sclérosées, vous arrive-t-il de percevoir un bref instant que votre conception de l’organisation de la Cité est des plus éculée ? Pour organiser le futur de la vie dans la Cité, les lieux communs de la pensée unique ne font pas, ne font plus l’affaire. Certes, il y faut des principes parfois énoncés depuis fort longtemps ; mais que valent les principes sans la conviction qui leur donne toute leur énergie et leur efficacité ?

Votre conviction à vous, Madame …, est que trouver ou ne pas trouver du travail quand on est jeune, ou qu’on n’est plus un quadra aux dents plus ou moins longues, ne peut être une préoccupation majeure ; ni que la faible épaisseur du porte-monnaie peut gâcher la vie quotidienne … Votre âge, votre carrière politique ôtent ces aspérités de votre chemin.

Vous avez de la chance, Madame … ; mais, toute jeune et jolie que vous soyez, vous n’êtes pas du tout l’avenir de la France !

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