Lettre ouverte à Madame LE Maire de Paris

Madame LE Maire,

Il y a, depuis un certain temps, une idée qui vous trotte par la tête et qui vous a sans doute été suggérée par vos alliés de pouvoir, les écologistes qui ont endoctriné la défense de la nature, qui, soit dit entre nous, se défend très bien toute seule comme est en train de le prouver le catastrophique épisode de crues et d’inondations affectant une bonne partie du bassin parisien, de ses entours et leurs populations.

Il s’agit de votre oukase concernant les vieilles autos de plus de vingt ans que vous envisagez d’interdire de séjour dans Paris intra muros à partir du 1er juillet prochain.

Bien que votre appartenance à un parti prétendument socialiste puisse m’inciter à avancer des arguments tel celui vous accusant de favoriser les riches automobilistes et les entreprises, y compris municipales, disposant d’un parc automobile de fonction que leur bonne situation financière permet de renouveler fréquemment ; ou bien celui de la statistique économique qui permet d’affirmer que le marché de la tire d’occasion se porte mieux que celui des véhicules neufs électrifiés ou pas, c’est sur le plan de la démocratie et de la Constitution de la République que j’entends dénoncer votre projet de tyrannie écolo-socialiste.

Propriétaire par héritage d’une « jupette », c’est-à-dire d’une automobile dont l’achat fut favorisé en 1995 par des incitations financières destinées à fournir une clientèle à une industrie automobile française mal gérée et mal en point, me voilà désormais, si votre oukase n’est pas invalidé par le Conseil Constitutionnel (mais j’ai plus confiance en cette institution que dans le Conseil d’Etat …) interdite du droit de circuler librement entre mon habitation secondaire (vous voyez, je suis « riche » …) et ma résidence principale située à Paris.

Pour mémoire, je vous rappelle, Madame LE Maire, que lorsque je m’arrête aux pompes à essence, je paye pour avoir rempli le réservoir de ma vieille « caisse » le même taux de taxes destinées à l’Etat que le conducteur d’une bagnole achetée au dernier salon de l’automobile.

Je vous rappelle aussi que lorsqu’il m’arrive de contrevenir au Code de la Route – et, je le confesse, ça m’arrive quelquefois - le tarif des amendes ne tient pas compte de la vétusté de mon automobile.

Dois-je ajouter qu’aux barrières de péage, il n’y a pas non plus de tarif dégressif ? En outre, je paye mon assurance comme tout le monde et je me soumets au contrôle technique comme l’exige la loi.

Comment se fait-il donc que remplissant mes devoirs d’automobiliste je sois, par votre bon plaisir, privée des droits de libre usage et de libre circulation de mon tacot ?

Madame LE Maire, entraînée sans doute dans des surenchères démagogiques pour justifier et conserver les alliances électorales qui vous permettent de diriger la municipalité de la capitale de la France, vous enfreignez non seulement la Constitution et la devise de la République, mais vous tordez aussi le cou aux élémentaires principes de la démocratie en pratiquant, ou souhaitant pratiquer, une politique discriminatoire.

Tout en vous assurant de mon respect républicain pour le mandat électif que vous exercez, je ne puis, Madame LE Maire, que vous exprimer le mécontentement d’une de vos administrées et la ferme intention d’une citoyenne française de faire valoir et respecter ses droits.

Paris, le 7 juin 2016

Françoise Roche