On est toujours le négationniste de quelqu’un

« Atmosphère ! Atmosphère ! Est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ? » Arletty in Hôtel du Nord (1938) de Marcel Carnet

Il y a quelques années, au cours d’une rencontre pour défendre les services publics, j’ai entendu, de mes oreilles entendu, une dame plutôt jeune, prof de quelque chose, dire une énormité à celui qui animait un atelier de je ne sais plus quoi. Cet animateur, « modérateur » pour employer une expression frappée au coin du modernisme, était le tout récent ancien secrétaire général de la FSU* ayant succédé à Michel DESCHAMPS puis au couple infernal Daniel LE BRET / Monique VUAILLAT. Ce « modérateur », alors en quête d’un nouveau destin national, fut, à l’aube de sa nomination à la tête de la FSU, en 2001, l’auteur de la rupture avec le SNETAA* qui, moins de dix ans auparavant, avait créé cette même FSU conjointement avec le SNES* en guise de Requiem pour la défunte FEN* …

Voilà un « modérateur » qui a le sens de l’histoire comme le prouve aussi sa réaction aux propos de la jeune dame prof dont il a été question ci-dessus.

Sans doute s’agissait-il de discuter de la pertinence des programmes de l’Education Nationale, car cette dame a dit quelque chose de ce genre : « Il faut en finir avec l’enseignement de la SHOAH ; ça s’est passé il y a deux tiers de siècle. On peut tourner la page et s’intéresser à autre chose aujourd’hui … »

Monsieur le « modérateur », ex-secrétaire général de la FSU, a opiné, n’a pas moufté ; et moi, j’ai pris mes cliques et mes claques pour ne pas davantage me contaminer au « négationnisme ».

« On peut passer à autre chose … » : il est vrai que six millions de mises à mort pour cause de soi-disant appartenance à une « race inférieure », ça peut être considéré comme une broutille, une broutille, certes malheureuse, mais une broutille quand même ! D’aucuns parlent bien de « détail » pour qualifier certains outils de ce massacre de masse …

Le SNCA e.i.L. Convergence considère qu’un tel propos relève du « négationnisme » au même titre que les assertions d’un FAURISTON. Cet universitaire dévoyé et ses disciples nient l’extermination des Juifs d’Europe. Mais nier l’Holocauste ou dire que s’il a eu lieu ce n’est pas très important, pour le SNCA e.i.L. Convergence, c’est la même chose car cela revient à dire : « Un Juif, mort ou vivant, est-ce vraiment un être humain ? »

Le SNCA e.i.L. Convergence qui, au nom de la Laïcité, ne peut admettre la « racialisation » d’une quelconque croyance religieuse, ne peut non plus admettre qu’une pratique religieuse exclue le pratiquant de la communauté humaine, la seule qui vaille avec la communauté nationale, celle des citoyens.

Par ses actes et par l’expression de sa pensée cohérente et jamais déviante, le SNCA e.i.L. Convergence n’est pas négationniste au sens originel du terme.

Voire …

Voilà-t-il pas qu’en l’espace de deux publications récentes, il est soudain marqué au fer rouge du négationnisme ou, plus précisément, lui-même, pour son hétérodoxie en matière d’économie, et sa secrétaire générale, qui fut prof de géographie, pour son hétérodoxie en climatologie …

Deux énergumènes, inféodés aux intérêts du capitalisme - et des capitalistes qui mettent l’essentiel de leurs magots dans les paradis fiscaux (il y en a des tas, et même à Paris : il suffit d’une boîte à lettres) – dénoncent comme « négationnistes » de la science expérimentale économique ceux qui, économistes atterrés ou non, « expérimentent » au jour le jour les effets dévastateurs du libéralisme laissé la bride sur le cou. Voyez la précarité de l’emploi, la stagnation du pouvoir d’achat de la classe laborieuse, l’augmentation, même au pays de Madame MERKEL, du nombre de pauvres et surtout d’enfants pauvres.

Sur ce sujet, voilà fiché N, au rang du grand « négationnisme » économique, le SNCA e.i.L. Convergence qui termine souvent ses communiqués par « Capitalismus delendus est », ce qui, en français du XXIème siècle après la naissance de Jésus- Christ, veut bien dire : « Il faut détruire le capitalisme » !

L’association altermondialiste ATTAC qui a oublié qu’à l’origine de sa création voulue par Ignacio RAMONET, du Monde Diplomatique, les TT signifiaient Taxe TOBYN – la mise en application de la taxe TOBYN est un des mandats du SNCA e.i.L. Convergence – critique violemment dans sa lettre du 20 septembre 2016 les inventeurs du « négationnisme » économique. Très bien.

Mais, crotte de bique sur le gâteau, ATTAC proteste contre cette mise en accusation de négationnisme économique en récusant que la contestation du libéralisme soit assimilable à la négation de la SHOAH – encore très bien - mais aussi à la négation du réchauffement climatique.

Déjà que Nathalie KOSHUSCO-MORIZET nous traite de connards - il faut bien être le connard de quelqu’un – nous qui ricanons à propos du réchauffement climatique ; alors, quand il s’agit du dérèglement climatique… Soit et bien entendu, nous sommes des connard-e-s, et maintenant, par la grâce du verbe tout puissant d’ATTAC, plus que connards, nous sommes « négationnistes ». Jusqu’où ira cet engouement pour un mot, « négationnisme », qui désigne d’abord et uniquement le refus d’admettre la réalité de six millions de victimes, femmes, hommes de tous âges, enfants, y compris bébés à la mamelle, qui étaient nos contemporains, ceux de nos parents et de nos grands-parents ?

Mais puisque moi, Arsa à l’épaisse fourrure, suis devenue, de conarde avérée une négationniste à la simple lecture de la lettre d’ATTAC, permettez que je grogne un tant soit peu et m’explique.

Cela fait 30 000 à 20 000 ans que le climat de la terre se réchauffe. Il y a 30 -20 000 ans, c’était le pic de la dernière glaciation de nos régions alpestres et sub-alpestres. La glaciation de WÜRM (du nom d’une vallée alpine) a, dans sa période maximum de froid, fait descendre le niveau de la mer à 70-80 m en dessous de son niveau actuel. Cela signifie qu’il a fallu en moyenne – j’insiste sur « moyenne » qui est une notion scientifique alors que « normale » est l’expression d’une opinion - entre 2 et 4 mm d’augmentation annuelle du niveau de la mer pour arriver à nos rivages actuels. Ce réchauffement ne s’est pas produit avec une régularité de métronome ; il y a eu des accélérations, des stagnations, des régressions dans ce processus de réchauffement de la Terre, cette bien mal nommée, puisque sa surface est à 75 % océanique et maritime et que surtout son enveloppe gazeuse, originale, protectrice et vitale, l’atmosphère, aurait plus justement dû lui donner son nom.

Qu’importe. Ce pic de froid correspond au paléolithique supérieur, celui d’Homo sapiens sapiens (nous, Juifs et économistes, cons ou pas, compris), l’inventeur de l’art …

Comme le premier homme, notre ancêtre du moins, est descendu de sa canopée raréfiée pour cause de dérèglement climatique, un gros coup de froid, il y a 3 à 2 millions d’années, et que c’est justement parce qu’il est descendu de son arbre qu’il est devenu HOMME, id est intelligent, j’en conclus que, lorsqu’il fait froid, l’intelligence se donne libre cours et que quand il fait chaud nous devenons des connards comme le dit avec tant d’élégance Madame NKM.

CQFD

Mais, je le confesse, cela n’est qu’une opinion.

Pour en revenir à nos fontes de glaciers, il est archéologiquement prouvé (étude des vasières, des tourbières, des troncs d’arbres coupés, des glaces elles-mêmes dont on prélève des « carottes ») qu’il y a deux mille ans, il faisait plus chaud dans nos régions qu’aujourd’hui. Douze siècles plus tard, autre période de réchauffement : c’est ainsi que la remontée du niveau de la mer a provoqué l’apparition des Pays-Bas, l’ancien littoral plus à l’ouest sur la Mer du Nord s’étant disloqué, donnant naissance à l’archipel des Îles Frisonnes et, en arrière, à des terres submergées que le travail des hommes a transformées en polders.

Au XVIIème siècle, celui du Roi Soleil, l’âge splendide de la littérature française avec LA FONTAINE et LA BRUYERE, CORNEILLE et RACINE, MOLIERE et SAINT-SIMON, Mesdames de LA FAYETTE et SEVIGNE, les populations ont vécus des périodes de famine et de mortalité à répétition à cause du petit âge glaciaire qui dans les Alpes a submergé sous la glace maints hameaux et villages dont les ruines aujourd’hui dégagées par le recul des langues glacières n’intriguent pas les skieurs qui ne les devinent pas sous la neige ni les randonneurs de l’été qui les confondent avec les rochers et les moraines.

Donc, en cette transition des IIème – IIIème millénaires de notre ère, la Terre connaît une phase d’accélération du réchauffement qui, commencé il y a 30 000 ans, a contraint l’humanité à trouver d’autres moyens de subsistance que la prédation de la nature par la chasse, la pêche et la cueillette. Il y a dix mille ans, la révolution néolithique domestiquait les plantes et les animaux dans le croissant fertile, de la vallée du Nil en passant par celles du Tigre et de l’Euphrate jusqu’aux rives méditerranéennes de la Syrie et du Liban. Il y a environ 8000 ans que le Finistère occidental de l’Eurasie, nos contrées, est entré dans l’âge de la « nouvelle pierre », celui de la pierre polie pour la fabrication de serpes pour récolter les céréales et des meules pour écraser le blé. Certains de ces premiers terroirs défrichés pour remplacer par des champs cultivés la brousse et la forêt des chasseurs, sont les lointains ascendants de certaines de nos communes que des gens sans doute moins connards que nous veulent éradiquer de nos habitudes et de notre profonde et intime histoire.

Souhaitons leur bien du plaisir.

Pour en revenir à notre planète TERRE, la bien mal nommée, qu’est-elle donc, sinon un morceau d’étoile qui, séparée de son soleil il y a 4 milliards d’années, se refroidit inexorablement comme un vulgaire tison dans l’âtre de Cendrillon ? Ce morceau d’étoile n’est pas bien loin de son soleil : 8 minutes-lumière tout au plus. Voilà un tison qui serait un morceau de terre cuite s’il n’y avait la précieuse enveloppe gazeuse qui atténue considérablement les effets du rayonnement solaire sur sa surface un peu continentale et beaucoup maritime.

L’atmosphère, puisqu’il faut bien appeler par son nom cette enveloppe gazeuse, protège la surface de la terre et ce qui y vit, végétaux et animaux, des effets néfastes non seulement du rayonnement solaire mais aussi du rayonnement terrestre. Vous qui n’avez pas connu la guerre, celle de 39-45, celle de la défaite, celle de l’occupation, celle des restrictions, vous ne savez pas ce que peut procurer de bien-être une brique chauffée au four de la cuisinière, puis emmitouflée dans plusieurs épaisseurs de papier journal, glissée dans le lit qui ne sera pas glacial quand vous vous y coucherez. Ah ! Cette odeur de papier roussi qui accompagnait le bassinage des draps avec la brique brûlante. Il fallait pourtant faire bien attention à ne pas s’y frotter les pieds car elle cuisait, la garce, malgré les couches de papier et le torchon qui l’enveloppait pour que l’encre d’imprimerie ne salisse pas trop les draps !

Mais au matin, elle était à la température de votre corps, ayant, tout au long de la nuit, diffusé la chaleur emmagasinée lors de son séjour dans le four pour que votre sommeil soit paisible et prémuni contre les froids hivernaux. Par un fait exprès, les guerres coïncident rarement avec un réchauffement climatique.

La Terre, continents et océans, se réchauffe pendant le jour aux rayons du soleil et rayonne vers l’espace, pendant la nuit, la chaleur qu’elle a précédemment emmagasinée : heureusement que l’atmosphère atténue ce rayonnement terrestre et nocturne ! Plus la nuit est limpide, plus la déperdition de chaleur est forte ; de là ces gelées matinales qui barbèlent de blanc les haies et les prairies les matins clairs d’hiver.

L’atmosphère n’est pas homogène ; certains gaz qui la composent sont en quantité fixe, d’autres en quantité variable : ainsi la vapeur d’eau, ainsi le gaz carbonique, que la mode dénomme gaz à effet de serre, qui freinent le rayonnement terrestre. Sans eux, mais avec l’atmosphère, les températures moyennes de nos régions seraient plus proches de celles du paléolithique supérieur, largement en dessous de 0° Celsius que de celles qui ont contraint Abel à devenir pasteur et Caïn à devenir laboureur.

Mon « négationnisme » pour parler comme ATTAC, voire comme NKM et pourquoi pas comme les deux ayatollahs du capitalisme, se borne à dénoncer la notion de dérèglement climatique utilisée pour apeurer et culpabiliser le citoyen tout venant qui, respectueux de la démocratie et de la République, ne veut attenter ni à leurs valeurs ni à leurs principes ; il se double du « Capitalismus delendus est » que j’écris à la fin de presque tous les communiqués que le SNCA e.i.L. Convergence et les SYNDICATS e.i.L. Convergence me demandent d’écrire et de publier.

A vrai dire, les fascistes et les nazis qui ont terrorisé l’Europe et le monde avec la féroce complicité de l’impérialisme et du militarisme nippons à la fin de la première moitié du XXème siècle, utilisaient dans leur folie raciste, anti juive, anti slave, anti chinoise, anti etc., des procédés terribles de coercition qui ont mené à l’extermination de millions d’êtres humains. Je ne prétends pas qu’ATTAC et ses amis gaucho-écolos, que Madame NKM, que même les chevaliers blancs (hum …) du capitalisme, en me traitant à l’avers, au revers et sur la tranche de « négationniste » veuillent m’assimiler à ceux qui ont commis ces monstruosités.

Mais quand même. J’ai du mal à admettre de telles contaminations juste pour faire de l’effet et un jeu de mot.

Pour le réchauffement climatique, attendons encore quelques milliards d’années pour voir où en sera le brandon du soleil que nous sommes.

Pour le capitalisme à détruire dans sa forme la plus pernicieuse de la spéculation, espérons que nous en verrons le sort (capitalismus delendus est) dans un délai un peu moins long …

Pour la négation et la minimisation de la SHOAH, sachez que ni Arsa ni le SNCA e.i.L. Convergence ne se laisseront intimider : nous terroriser pour que nous nous taisions ? Vous n’y pensez pas !

Arsa arsa2.png

* FSU : Fédération Syndicale Unitaire SNETAA : Syndicat Nationale de l’Enseignement Technique et Professionnel, les deux A ayant de signification au fil du temps. SNES : Syndicat National de l’Enseignement Secondaire FEN : Fédération de l’Education Nationale