Francophone ou fr-on-cophone ?

Il y a quelques jours, c’était la journée internationale de la femme, destinée à dénoncer et condamner les violences dont les femmes sont trop souvent les victimes.

Aujourd’hui, c’est la journée de la francophonie … A entendre toutes les entorses faites dans son pays d’origine à la langue française, on peut se dire que la violer n’est pas le meilleur moyen pour lutter contre les violences faites aux femmes.

Cette manie de féminiser les substantifs masculins en les affublant d’une terminaison en –e, qui perd alors sa caractéristique d’e muet puisque, pour bien montrer à quel point on est « féministe », on souligne cette incongrue finale en la prononçant –eu ! Sans oublier de faire précéder ce monstre langagier par l’article défini ou indéfini au féminin !

Madame la procureur-eu, une professeur-eu.

Comme si les substantifs masculins ne se terminaient jamais par un –e … Un homm-e, ça prend bien un –e à la fin que personne ne s’avise encore de prononcer –eu. Mais ne désespérons pas ; cela nous pend au nez !

La langue française comme toute les langues du monde, ne date pas d’hier et s’est constituée de strates et d’accidents, qui sont survenus et se sont déposées au fil du temps.

Le droit français vient tout récemment de s’enrichir de la notion transgenre … Quand le procureur sera transgenre de quel article fera-t-on précéder ce mot et avec quelle terminaison le déguisera-t-on ? Le ridicule ne tuant pas –c’est dommage car pas mal de « cheffes » recrutées sur profil pourraient alors débarrasser le plancher et laisser leur place à des gens qualifiés – il y aura sûrement une invention qui vaudra bien le –eu si bêtement féministe !

Profitons de cette belle journée de la francophonie pour dire un mot de la prononciation dans le vent. Le Président François HOLLANDE a pris le train, par exemple, devient ainsi, dans la bouche de personnes bien élevées, le Présid-on Fr-on-çois HOLL-ON-DE a pris le tr-an. Il y a aussi la manie de certains présentateurs professionnels (des deux sexes d’ailleurs) de faire du –a la voyelle à tout faire : A-ve RUGGI-A-RI, pour Eve RUGGIERI ; et ceux qui mettent des –ill après toutes les finales : bonne journée-ill… !

Tout cela est odieux. Quand ce sont des journalistes qui parlent ainsi, on se demande ce qu’ils ont appris dans leurs écoles de journalisme. Sûrement pas le respect de la langue française ni celui des oreilles de leurs futurs auditeurs.

SFDB, premier jour du printemps 2017

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