De la mémoire

            La mémoire est sélective : ainsi, mon amie qui compte 91 printemps et a, comme on dit, toute sa tête, se lamente chaque fois qu’elle ne peut plus retrouver une idée qui lui était venue quelques minutes auparavant et oubliée aussitôt, alors qu’elle a conservé les détails de sa vie longue et variée et en parle avec entrain souvent et regret parfois. Maman, qui avait eu un léger accident cérébral, garda jusqu’au bout son intelligence intuitive et sa culture, mais se plaignait que les mots qu’elle voulait utiliser se dérobassent malencontreusement ; alors, par une périphrase élégante et même démesurée, elle remplaçait le ou les mots manquants ce qui, par un tour de magie improbable, lui donnait l’occasion de les retrouver immédiatement ! C’est cela que j’appelle les tiroirs de la commode de la mémoire.

            En effet, à moins que le cerveau ait souffert d’une lésion qui endommage les neurones stockant ce que nous appelons la mémoire, notre capacité à engranger des souvenirs n’est pas seulement immense, elle est extensible. Depuis notre naissance, et avant même, nous emmagasinons toutes les expériences que nous vivons. Au début, le terrain est quasi vierge et l’enfant que nous sommes expérimente toutes les nouveautés qu’il découvre. Puis les expériences se répètent ; mais il n’empêche que même répétées, elles laissent leurs marques dans notre mémoire sans que nous en ayons conscience. Au fil du temps, ces souvenirs du passé proche ou lointain, occupent de petits coffrets plus ou moins bourrés, qui eux-mêmes emplissent des boîtes qui s’entassent dans les tiroirs, trois, quatre, de la fameuse commode. A 91 ans, ils sont pleins à ras bords, et pour trouver ce que l’on cherche, il arrive que cela prenne un peu de temps : la magie n’a rien à faire dans l’histoire.

            La mémoire, donc.

            Le devoir de mémoire comme on dit de nos jours. Il ne s’agit pas de la mémoire individuelle mais de la mémoire collective, d’un groupe, d’une société, d’une nation … Et là, elle est vraiment sélective !

            L’histoire telle qu’elle est conçue par les chercheurs et ceux qui l’enseignent, ne vient pas de la commode à tiroirs, mais des documents et des monuments laissés par le passé plus ou moins ancien de l’humanité. Les documents écrits ou non, comme les traces de pieds ou de doigts laissées par paléolithiques quand ils venaient dans les grottes y peindre leur vision du monde qui les entourait ; les monuments qui ne sont pas tous des pyramides mais sont aussi les déchets abandonnés par les communautés humaines. Ces documents et ces monuments voire ces objets mobiliers laissés par leurs utilisateurs ne sont pas utilisés de la même façon selon les époques des recherches. L’objectif n’est pas le même, raconter les hauts faits d’un roi ou s’attacher à retrouver la  vie quotidienne du petit peuple sous la féodalité ; les moyens sont eux aussi différents pour explorer le passé, des analyses au carbone 14 à l’exploration des épaves abandonnées dans les fleuves ou dans les mers, de l’archéologie au dépouillement des archives notariales. Que peuvent bien penser ces chercheurs et ces enseignants sur la mémoire collective et ce qu’en font nos contemporains ?

            L’esclavage, qui existe toujours, a été le mode de production généralisé de l’antiquité. Le servage qui a duré jusqu’à l’époque moderne voire contemporaine ne vaut guère mieux. A ces époques récentes, les grandes découvertes des Européens ont créé le nouvel esclavage, celui du Code noir édicté par LOUIS XIV (1685). La condamnation de la traite des Noirs et de l’esclavage comme crime contre l’humanité portée par la loi TAUBIRA (2001) fait partie du différend sur les actes mémoriels qui jalonnent notre histoire récente et opposent les tenants de la mémoire collective à ceux qui récusent les contritions comme hostiles à la dignité nationale. La Shoah, l’assassinat de millions de Juifs par les nazis allemands et les collaborateurs des pays occupées, est minimisée par les révisionnistes et même niée par les négationnistes. Eric ZEMMOUR, le journaleux polémiste qui fait sa campagne présidentielle comme si il était candidat, est entre les deux … Le révisionnisme comme le négationnisme sont condamnés par la loi ; mais qu’importe ! La deuxième vague du colonialisme des XIXème et XXème lié à la révolution industrielle, est aussi la cible des critiques mémorielles pour la condamner ou pour l’exonérer. Cela n’est qu’un aperçu des crispations, car il y en a bien d’autres : l’esclavage dans le monde arabe, le génocide des Tusti au Rwanda (1994), celui presque oublié des Amérindiens, les horreurs du monde d’Extrême-Orient perpétrées jusqu’au XXème siècle, et j’en oublie … sans compter les meurtres terroristes et les actes de guerre commis chaque jour, aujourd’hui même ?

            Pour en revenir à notre beau pays, la commémoration du 17 octobre 1961, soirée de crimes contre les travailleurs algériens qui protestaient contre le couvre-feu que leur imposait le préfet de police de Paris (PAPON, vous connaissez ?) a donné lieu aux habituelles controverses car à l’occasion MACRON a parlé des « crimes … inexcusables pour la République ». Il aurait dû dire « au nom de la République, par des hommes soi-disant mandatés par elle pour commettre des actes que la REPUBLIQUE réprouve ! » Cela aurait été plus conforme à la réalité politique. D’autres pensent qu’il s’agissait d’un crime d’État … Au moins, là, la République eut été sauve !

            En cette année 2021, le 1er juillet était le soixantième anniversaire de la mort de … CELINE ! Louis-Ferdinand CELINE, né DESTOUCHES, en personne, oui Monsieur !

            Antisémite, collabo, honni par les bien-pensants qui répètent ce qu’on leur a appris à répéter. Mais l’un des plus grands écrivains de la langue française, qui a repris la tradition de RABELAIS de triturer, malaxer, recréer l’écriture en en faisant un feu d’artifice jamais vu !

            Trop occupé à écrire son œuvre et à soigner les malades sans le sou qui faisaient appel à lui, il a laissé à la France pseudo-républicaine (la Vème du nom) une somme d’ouvrages dont certains sont interdits d’édition : Bagatelles pour un massacre, Mort à crédit, Voyage au bout de la nuit, Nord, D’un château, l’autre, Rigodon … Il a été condamné pour son rôle de soutien au nazisme et a fait de la prison au Danemark pour la même raison. Est-ce pour cela que le soixantième anniversaire de sa mort n’a pas été célébré officiellement ? Est-ce pour cela que son génie n’est pas avoué publiquement ? Est-ce pour cela que les Français sont condamnés à être ignorants et incultes en étant privés de la reconnaissance évidente d’une œuvre hors paire ? La mémoire est sélective, disions-nous. Pour ce qui est de la mémoire collective, elle l’est par excellence parce qu’elle est bornée, partisane et stupide.

Arsa

La barbe !

            Le téléphone portable ou fixe est envahi de publicité en tout genre : comment avoir une bonne érection jusqu’à l’aménagement de vos greniers ! Les filles et les garçons, quand on les a au bout du fil, ont des accents – ce n’est leur faute – plus ou moins audibles : la misère au service de la pub ! Il faut que le service public des télécommunications soit rétabli pour que des vieilles personnes dans mon genre et d’autres qui ont d’autres soucis ou intérêts en tête ne soient plus importunées à longueur de temps par ces appels intempestifs et totalement inutiles.

            Comment le rétablir ? En renationalisant de qui a été privatisé plus ou moins subrepticement et en nationalisant les moyens nouveaux de télécoms qui prolifèrent sans vergogne. Il est inadmissible d’avoir en France des « zones blanches » ou des antennes installées contre l’avis des habitants qui, à l’occasion, sont privés de celle vieux jeu qui leur donnait toute satisfaction : le progrès, dit-on … Le fric, plutôt !

            Pour renationaliser et nationaliser ces boîtes privées qui dominent la terre et aliènent la jeunesse tout en embêtant les vieux, il faut se débarrasser des politiques voués corps et âme au Capital qui depuis des décennies, en particulier depuis 2005, tiennent la barre et font dériver la démocratie en espérant faire naufrager la République ! Il y a des élections de plus en plus marquées par l’abstention et il y a les manifestations réprimées férocement par les responsables des forces de l’ordre qui ont oublié depuis longtemps qu’elles étaient à l’origine les gardiennes de la paix sociale. Comment faire, alors ?

            Que les citoyens prennent leur responsabilité au sérieux sans se laisser gagner par la morosité désespérée qui les ankylose et leur fait perdre l’idée qu’à eux tous ils sont la Nation souveraine !

            Capitalismus delendus est !

Administration versus. bureaucratie : gare à la confusion !

Devinette :
à qui demande t’on de faire preuve de transparence et de conciliation : à l’administration ou au bureaucrate ?

 Rappelons le contexte : le président de la république, lui-même issu de l’école, annonce  la fin de l’ENA (école nationale) ou son remplacement par un institut (pour les cadres administratifs).

 Cela finalise une loi de transformation de la fonction publique, dans laquelle il met en exergue :

« Que les emplois de responsabilité de la fonction publique sont maintenant ouverts aux personnalités du secteur privé. Ce qui permettra aux décideurs locaux de reprendre la capacité de construire les carrières et de décider de leur équipe. Cela amènera à réduire la capacité du chef de service de décider. Cela s’inscrit, bien entendu dans une transformation où le numérique crée de l’immédiateté et de la transparence permanente. Mais c’est aussi un environnement de défiance. » (discours du 8 avril).

Est il lieu de rappeler que lui-même, comme son ministre de l’éducation, ont d’abord été de bons élèves de l’école privée pendant la plus grande partie de leur scolarité ?

 Bon, il faut donc que l’école nationale (de l’administration) disparaisse. Et, ce seront les responsables du secteur privé qui prendront les places : cela changera t il les individus ?

Dans ce contexte, nombreux sont les avis en faveur du fameux spoil system.

Système qui débarque l’Administration américaine au gré du nouveau pouvoir politique.

Mais très peu se sont exprimés sur la réouverture des hôpitaux, pour faire face à la pandémie. En effet, peu de propositions ont été faites sur la part d’investissement immédiat pour remettre des lits équipés dans, par exemple, des bâtiments administratifs ou militaires, de santé ou de justice eux aussi fermés.

Le point commun entre ces deux constats est à trouver dans l’esprit libéral des propos présidentiels.

En effet, on peut croire qu’un grand nombre de responsables issus de l’ENA ont, plus ou moins, mis ces réformes en place, on voit moins bien ce que des responsables issus du privé y auraient changé.

Toutefois, pourquoi ne pas aller voir ce qui se passe dans le privé, ou dans l’administration d’un ministère avec peu ou pas d’énarques.

Ainsi, observons nos vies modernes marquées par les transformations induites par le numérique, (le président en parle).

 Nous savons tous apprécier la qualité des relations avec l’usager, l’efficacité des services après vente et la bienveillance des procédures informatiques du secteur privé des services.

Nous constatons, dès que nous sommes en prise avec ces liens ou ces applications, que nous nous n’affrontons pas tant une administration qu’une bureaucratie.

 Bureaucratie d’autant plus épuisante qu’elle répond à des impératifs privés : sont ils efficaces pour nous ?

On peut vouloir importer cet état d’esprit dans le Service Public. Ou le ré importer, car cela a déjà été beaucoup documenté dans la culture française.

Il n’y a qu’à relire la littérature autour du thème des « ronds de cuir ». Ces agents d’une bureaucratie publique qui étaient d’abord des affidés du ministre et qui se voyaient comme les obligés de la hiérarchie du ministère.

Les évènements délétères pour la République, dans la première moitié du 20ème siècle, amenèrent à transformer cette bureaucratie obséquieuse pour mettre en place une Administration animée par l’intérêt général, la neutralité des décisions, la loyauté aux valeurs de la République.

 Au fil du temps, mais aussi des conceptions politiques des cadres de cette administration, le glissement sémantique s’est surtout effectué sur le sens du mot « loyauté », devenue loyauté à l’Etat puis loyauté aux responsables du gouvernement.

Donc, les propos du président nous promettent de revenir à cela…mais, c’est déjà notre quotidien privé.

Toutefois, il est de grands ministères où ces cadres, (les « énarques »), ne se sont pas vraiment investis, ne sont pas venus, n’ont pas choisi : cela ne faisant pas parti des meilleurs choix de carrière.

Tel est le cas de l’Education nationale.

En effet, le plus gros des ministères a une administration dont les cadres sont principalement issus d’elle-même.

 Une administration endogène, donc, qui s’auto promeut, qui ne se renouvelle pas. Qui se proroge au plus haut niveau.

Souvent les sous directeurs de l’administration, les inspecteurs généraux eux aussi n’ont pas connu d’autre horizon que l’Education nationale.

 Carrières de l’Administration où l’on retrouve aussi beaucoup de personnels de direction (perdir).

En effet, pour fournir cette administration, ou donner un encadrement aux services des recteurs, ou fournir les GRH, on ouvre des perspectives aux perdir.

Par ailleurs, on constate que plus de 80% des perdir ne bougent pas de leur département, voire de leur secteur, (cela malgré les textes  officiels qui les encouragent à la plus large mobilité géographique).

De ce fait, la mobilité et les promotions de carrière sont organisées par les recteurs et les Directeurs académiques (DASEN).

 Surtout les DASEN et voilà qui boucle une administration endogame, qui s’ auto promeut.

 On comprend mieux le peu d’appétit des énarques.

Or, la valeur et le hasard du concours sont un boulet dans l’auto promotion. De fait, en fonction des époques, le concours  n’était souvent qu’un entretien de carrière.

 Malgré tout, depuis 2006, un véritable concours (constitué par un écrit puis un oral devant un jury) existe.

 Mais, en parallèle, les recrutements locaux et les listes d’aptitude permettent aux hiérarchies (championnes du « pas de vague ») de recruter et de promouvoir à sa guise, sans limite.

Il n’est pas sûr que l’obséquiosité soit un handicap dans cette bureaucratie.

Plus exactement, il s’agit d’être « réservé » ou au moins « discret ». Ce serait même un devoir !

Cela permet d’affirmer que tous les élèves sont scolarisés (…et les enfants ?), tous vont bien (…ou presque !), tous auront le bac (…sauf les décrocheurs, mais sont ils des élèves ?).

De toute façon, le président l’a dit : «  Cela amènera à réduire la capacité du chef de service de décider ». Donc, fin des légendes autour de l’autonomie du chef d’établissement, mais qui dirigera le conseil d’administration des établissements scolaires ?

Surtout quand ils sont en réseau…

Arsa

C’est l’histoire d’un mec…

S’ul pont de l’Alma qui dit avoir été en contact avec un gars et une meuf qui disent avoir été en contact avec un drôle de zig qui aurait été en contact avec un cas contact recensé !!!
et très sérieusement authentifié par un premier test, pas très fiable, puisqu’il en faut un second, sept jours après, qui est beaucoup plus fiable à ce qu’on veut bien nous laisser gober.

Attends, attends… c’est pas finit !

Ce gars, sur le pont de l’Alma, le raconte à d’autres types et d’autres gonzesses et c’est sur ces cas contacts recensés par le bouche-à-oreille et par les cancans d’Amélie (1) que la n’ième vague se propage à la vitesse des postillons qui s’écrasent contre un masque qui nous protège forcément puisqu’il est obligatoire !!!

ATTENTION !

Pas aussi bien que le vaccin Astra-machin-chose, qu’en fait la fine guêpe ou mouche de Matignon va se faire inoculer, soi-disant, pour nous prouver qu’il est le seul capable à nous protéger d’une « forme » de troisième vague de cas contacts qui sévirait dans certains départements de l’hexagone !

C’est du Michel Colucci tout craché, si j’ose dire !

Une histoire sans queue ni tête, et aussi une histoire sans fin ???
Enfin tant qu’il y aura des cas con-tacts capables de gober les mouches !

Une histoire virale ! 🙃

Circulez y a rien à voir !

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(1) Ameli ! Tu as compris ou je te fais un dessin ?

Des trafics illicites comme paravents du capitalisme

Le mouvement des gilets jaunes, pendant de longs mois en 2019, a montré à la France l’état de décrépitude dans lequel est tombé le salariat : le 15 du mois le frigo est vide !

La plus-value de plus en plus importante que les grands patrons prélèvent sur la totalité de la richesse produite par le travail des ouvriers et des employés réduit d’autant la part reversée en salaires ; et les familles se trouvent léser dans le juste prix qui devrait revenir à la rémunération du chef de famille, homme ou femme.

Là-dessus, la « société de consommation » imprime sa marque : les vêtements, les sorties, les vacances d’été et d’hiver promus par la publicité et les journaux télévisés qui répètent à longueur de temps la « norme » de la vie « moderne »…

Les oubliés, de plus en plus nombreux, prennent cet oubli à leur façon ; les uns se mobilisent dans ces associations pour réparer les injustices trop flagrantes et y laissent leurs illusions et leur jeunesse, les autres courbent la tête, certains estiment que la République est bonne à abattre puisque elle ne tient pas ses promesses, certains autres se démerdent !

De ceux-là ce texte entend traiter.

Ce qui manque c’est le pognon. Comment s’en procurer ?

Le deal de la drogue est semble-t-il le moyen le plus à portée pour des jeunes gens entreprenants avec une hiérarchie qui s’est mise en place en fonction des besoins.

Des gamins qui font le gué dans les quartiers aux trafiquants en grosses voitures qui fournissent les substances illicites par des moyens détournés, le scénario est connu et cela procure des gains dépassant l’entendement. Mais les véritables magnas de la drogue, comme d’ailleurs des fraudes touchant les armes, les médicaments, les parfums, les cigarettes, les produits frelatés en tout genre, ne font pas partie du tableau. Ils font leur business comme les grands capitalistes qu’ils côtoient dans les quartiers huppés des capitales et des villégiatures prisées du monde entier.

La drogue et le trafic illicite comme cache-sexe de l’appauvrissement orchestré par le capitalisme mondialisé sont en fait des moyens pour extorquer encore plus de fric au salariat privé dans une part de plus en plus grande des moyens de survie.

Les forces de polices mobilisées contre ces trafics donnent l’impression que les politiques agissent dans l’intérêt du bas peuple alors qu’ils prémunissent les grands fortunes du crime contre la vindicte pourtant bien légitime des travailleurs.

A quand le coup de balai d’Héraclès pour faire tomber ces turpitudes ?

Capitalismus delendus est.

Vous avez dit « Terrorisme d’état(s) »… mon cher cousin ?

Comment se manifeste-t-il dans les faits ?

Vous prenez des mesures en conseil des ministres, assisté par un comité d’experts triés sur le volet, pour pouvoir ouvrir un parapluie au cas où !

Vous faites légitimer les mesures ensuite par les deux chambres avec la complicité de certains et l’absentéisme chronique des dépités, afin de faire « taire » toutes les formes de contestations nuisant aux intérêts principaux de ceux qui gouvernent, légitimement ?

Ou « Illégitimement ? » : p’têt ben qu’oui, p’têt ben qu’non… car avec moins de 25 % d’électeurs inscrits, au second tour… de passe-passe, et avec l’aide de ceux qui rêvent de l’héritage du trône, c’est gonflé de le prétendre ! Non ?

Tout cela bien sûr, pour tenter de cacher une forêt derrière un « arbre » où un « virus » !

Le complot n’est pas là où l’on essaye de nous le faire croire !

On ne gouverne qu’avec les moyens que nous donnent ou pas… un peuple qui est souverain, même si on ne lui reconnait pas sa souveraineté !

Désolé, mais j’avais la guitare qui me démangeait…
alors je me suis gratté un petit peu !

Aux pays des candides (air connu)

Comme dans tous les pays où se retrouvent au second tour d’une élection dite « démocratique », deux candidats ayant atteints la majorité absolue lors d’un premier tour où le taux d’abstention frise les soixante pour cent !

Les candides, ne s’étonnent nullement que ce soit le candidat arrivé second qui remporte le jackpot, alors que l’autre se retrouve plus que dépourvu de sièges à l’Assemblée nationale, quand la bise fut venue !

Les candides ont cette capacité à ne voir et entendre que ce qu’ils veulent voir et entendre,

Leur champion dépasse à peine les 20 pour cent de Français inscrits sur les listes, mais ils ne sont pas étonnés, que nenni, lors du grand soir dans les « merdias audiovisuels et de papyrus »

que leur Candidat qu’ils portent aux nues soit l’heureux élu à la majorité absolue (disent-ils), il faut que tu saches, qu’il est leur unique planche à billets de salut et que tous les autres se retrouvent « Gros-Jean comme devant ! »

Enfin c’est ce que pensent, dur comme fer, tous les candides !

Vingt pour cent de Français sont heureux, et reconnaissants pour toutes les réformes que leur « champion » met en œuvre pour eux et se désintéressent de tous ces autres bougres, ces moins que rien, ces vauriens, ces sans dents, ces incompétents, ces forts de la gueule, ces puent la merde… tous ces empêcheurs de tourner en rond autour de leur Président.

À tous ceux qui se sont abstenus, aux déçus du second tour (les candides vous pouvez sortir), ne voyez-vous pas que si vous n’entrez pas en résistance le Pays des candides et de leur candidat risque de perdurer !


Manants, serfs, rustres, Jacquouilles… vous risquez, nous risquons, encore et encore… de nous faire plumer sans que rien ne change au pays de(s) Candi(d)e !Ma sœur Candide, mon frère Candide… ne sens-tu rien poindre à l’horizon ?

Raymond MAGDELAINE (Webmestre)

À ceux qui me fuient comme la Peste !

Je voudrais dire à ceux qui ont peur de ce virus, que s’écarter ostensiblement de moi, comme l’a fait instinctivement, hier, une jeune maman avec son petit garçon dans une poussette :

« QUE MA TRANCHE D’AGE N’EST PAS CELLE DES PESTIFÉRÉS ! »

Certes… j’ai 74 ans et suis donc dans CETTE TRANCHE d’âge ou le virus à fait et va continuer à faire le plus de victimes, certes, certes…

Cela ne fait pas pour autant de moi un pestiféré, c’est-à-dire une personne dangereuse qui pourrait vous transmettre une maladie MORTELLE !

Je comprends que vous puissiez avoir des craintes pour vous et votre enfant petit madame, mais enfin, soyez un tant soit peu lucide, lisez les résultats de cette (pseudo) pandémie, qui n’a TUÉ que les plus vieux et les plus fragiles d’entres les nôtres, cet à dire, en clair :

VOS GRANDS-PARENTS OU VOS PARENTS LES PLUS ÂGÉS !

La peur est salutaire lorsqu’il y à un danger IMMINENT qui nous menace, c’est indéniable !

Avoir peur de quelque chose qui n’est dangereux que pour ceux dont le système immunitaire, naturel, ne remplit plus ses fonctions est IRRATIONNEL.

A septante-quatre ans, je VOUDRAIS te rassurer, toi qui vas peut-être croiser ma route au cours de ce confinement IRRATIONNEL, mon système immunitaire se porte bien merci, mais si tu a peur de moi, sache que PERSONNE N’EST PORTEUR DE LA PESTE NOIRE !

La peste noire qui a fait beaucoup de victime à cause de la PEUR qu’elle A PROVOQUÉE, a été remplacée aujourd’hui, par une autre forme PLUS INSIDIEUSE de peste noire, qu’on appelle le MENSONGE D’ÉTAT, distillé par des COLS BLANCS TIRÉS À QUATRE ÉPINGLES qui ont d’autres idées derrière la tête que celles de nous PROTÉGER !

LES PESTIFÉRÉS NE SONT PAS LÀ OÙ NOUS POURRIONS LE CROIRE !

Raymond MAGDELAINE (Webmestre)

Une ignominie trop souvent passée sous silence

ou

le gâchis du STO

Les années 2014-2015 ont permis d’honorer solennellement, à l’occasion du 70éme anniversaire des débarquements de Normandie et de Provence (1944) puis de l’ouverture des camps de concentration, de déportation et d’extermination nazis (1945), les victimes de la guerre et de l’idéologie nazie, combattants, civils, déportés, minorités exterminées au nom du racisme et de l’eugénisme de l’Allemagne hitlérienne dont les féaux de toutes nationalités ont soutenu et entretenu la folie meurtrière. Parmi ces vils ennemis de la dignité et des Droits de l’Homme, il y a les fossoyeurs de la République Française, Philippe PETAIN, le Maréchal félon, aux mains rouges du sang des victimes de Verdun puis du régime de Vichy, et ses sbires.

Comme le SNCA e.i.L. Convergence a eu l’occasion de le dire à l’occasion du débat sur l’identité nationale, la Nation, pour prétendre à être reconnue comme telle, doit être consciente des heurs et malheurs de son histoire et, sans justifier les crimes qu’elle a commis ou couverts, les assumer.

C’est pourquoi, par le biais du blog d’Arsa, Etc. pour la République, le SNCA e.i.L. Convergence tient à donner la parole à un survivant d’une ignominie pétainiste qui à mis au service de l’ennemi, entre 1940 et 1944, 600000 jeunes Français requis autoritairement pour travailler à l’effort de guerre du IIIème Reich allemand contre la démocratie, l’humanisme et la civilisation.

Il arrive cependant qu’ici ou là, un monument rappelle que les requis du STO ont été eux aussi des victimes de l’hitlérisme et du pétainisme. C’est le cas dans la ville de Montargis, dans le Loiret où une stèle leur a été dressée. Que celles et ceux qui ont pris cette initiative voient dans le témoignage qui suit une sorte de remerciement.

Claude est né à Paris dans le 13ème. Il est de la classe 42. Il est le dernier né d’une fratrie de six enfants. Ayant fait son apprentissage chez Delahaye, constructeur de voitures de luxe et de camions, et CAP en poche, il est embauché par la firme et travaille comme tourneur à des pièces destinées pour certaines aux moteurs qui équipent les engins des sapeurs pompiers. Ce beau garçon aux yeux bleus, sportif à ses heures – il aime le  vélo et  l’aviron – a 17 ans quand la Seconde Guerre Mondiale éclate en Europe et 18 au moment de la débâcle. Il embarque dans un autobus avec son vélo et toute la famille sauf le papa qui travaille à la Monnaie et n’a pas voulu  laisser à l’abandon et au pillage les richesses de cette institution. Destination : un petit coin du Cantal où Claude a passé des vacances en colonie quelques années auparavant. Les évènements se précipitent ; la défaite porte au pouvoir le Maréchal Pétain qui conclut avec l’envahisseur l’armistice du 22 juin 1940.

Muni d’un laisser passer pour franchir la ligne de démarcation qui désormais sépare la zone occupée par les armées du IIIème Reich de la zone réputée libre sous administration pétainiste, il revient à Paris à bicyclette et reprend son travail d’ouvrier qualifié.

Comme la première guerre mondiale, la seconde est une guerre de matériel. C’est d’ailleurs à l’efficacité, au moins momentanée, de ses chars et de ses avions qu’Hitler doit d’avoir remporter la Blitzkrieg contre la France. Mais pour lui, la guerre n’est pas finie : l’Angleterre tient tête aux bombardements de la Luftwaffe. Et réplique en bombardant des points névralgiques de la production industrielle allemande.

Certes, l’année suivante, Hitler en envahissant l’Union Soviétique peut considérer que sa puissance matérielle en équipements militaires motorisés lui donne toujours la supériorité sur l’adversaire jusqu’à l’arrivée du Général Hiver qui cloue au sol et dans la neige ses blindés.

Le IIIème Reich ne peut être au four et au moulin : pendant que ses troupes font la conquête de l’Europe et l’occupent, les hommes qui les composent ne sont pas à la production de matériel de guerre. C’est pourquoi, dans la zone occupée de la France qui  abrite les deux tiers de la population et la majorité des équipements industriels, l’administration allemande instaure pour commencer une « politique particulièrement brutale d’accaparement et de pillage »*. Cette politique draine vers l’Allemagne les matières premières et les sources d’énergie qu’utilisait l’appareil de production de la France et y entraîne des faillites, des fermetures d’usines et le chômage, en particulier des travailleurs étrangers. Il y a donc, parallèlement à ce déménagement de l’équipement français, une campagne de recrutement de main d’œuvre destinée à remplacer dans les usines allemandes celle qui manque pour cause de conquête, d’occupation et d’asservissement de l’Europe : le IIIème Reich recrute des volontaires pour travailler à l’effort de guerre allemand en Allemagne même. Mais les migrants auxquels sont promis de bons salaires ne doivent pas séjourner trop longtemps ; ils doivent avoir seize ans au moins et n’être accompagnés ni de leurs femmes ni de leurs enfants. Ce volontariat, qui n’empêche pas le recours à la contrainte ne donne pas les résultats escomptés. La propagande de « la Relève » fondée sur le volontariat pour permettre de libérer des prisonniers de guerre et remplacer les premiers volontaires rentrés en France à la fin de leur contrat, est contrebattue par les récits des mauvaises conditions de vie et de travail que font les 90000 ouvriers et ouvrières revenus d’Allemagne sur les 142 000 volontaires qui y sont partis de 1940 au printemps 1942.

Témoignage bouleversant de Claude !

Etc. pour la République ;

« Claude, vous avez vingt ans au printemps 1942. Comment, à cette date, ressentez-vous la situation du jeune ouvrier qualifié que vous êtes ? »

Claude

« Le jour même de mes vingt ans a lieu une alerte sur Paris. Je suis affecté à la sécurité civile. Muni de mon brassard, je quitte l’usine avec trois copains. En cours de route on discute. Chez Delahaye, il n’y a pas eu de départ mais on sait que dans d’autres entreprises des gars ont dû partir. Comment faire pour échapper à ça ? Après tout, guerre ou pas guerre, on a toujours besoin sur place de pompiers. On a donc décidé que pour diminuer les risques, le mieux était de s’engager chez les sapeurs pompiers de Paris. Après, je suis rentré chez mes parents. »

Il est vrai qu’en cette année 1942, Fritz SAUCKEL, plénipotentiaire à l’emploi de la main d’œuvre (GBA) pour toute l’Europe et directement aux ordres de HITLER, se démène pour faire partir le plus possible de travailleurs français, qualifiés de préférence, en particulier des métallurgistes, vers les usines allemandes. Le pouvoir pétainiste avec désormais Pierre LAVAL aux commandes, est ouvertement pro allemand et collaborationniste. Ainsi, la loi du 4 septembre 1942 prévoit que les Français de 18 à 50 ans, y compris les femmes célibataires de 21 à 35 ans, peuvent être « assujettis à effectuer tous travaux que le gouvernement jugera utile dans l’intérêt supérieur de la Nation ». La mise à la disposition de l’occupant de la force vive de la France, sa main d’œuvre qualifiée y compris, présentée comme un devoir de sauvegarde nationale, voilà qui à travers le cynisme de la formulation en dit long sur l’inspiration idéologique et morale de la collaboration !

 Malgré des dissensions internes et de pauvres finasseries avec l’Occupant qui depuis la fin 42 contrôle tout le territoire français métropolitain, le STO, Service du Travail Obligatoire, est instauré par la loi du 16 février 1943. Pendant un temps, il avait été prévu de le  dénommer Service Obligatoire du Travail ou SOT ; même si le ridicule ne tue pas, cette appellation aurait tout de même fait ricaner in petto toute la population ! Donc, le STO est désormais la règle dont la population  prend la mesure : tous les jeunes hommes peuvent en pâtir.

Certes, il y a des exemptés, à commencer par les pères de famille ayant trois enfants à charge ou les anciens prisonniers de guerre revenus grâce à « la Relève » … L’administration française doit faire un compte exact des travailleurs français « assujettis » aussi bien en zone occupée qu’en zone libre … Il faut noter, et c’est une remarque qui vaut pour toute l’Europe sous la botte nazie, que les administrations nationales sont sollicitées par l’occupant qui n’a pas la capacité de tout maîtriser. Ces administrations sont plus ou moins co-opérantes. Disons que l’administration française très bien organisée et solidement implantée a assuré la « continuité de l’Etat » sans beaucoup d’états d’âme. Il y eut heureusement, pour l’honneur de la France, des cas individuels de Résistance passive et active, souvent liés aux circonstances qui dans un pays vaincu, occupé et pillé ne sont pas légion.

Etc. pour la République

«Votre décision d’échapper au STO qui ne porte pas encore ce nom a-t-elle des motivation politiques ? »

Claude

« On ne peut pas dire ça. Simplement, on ne veut pas partir là-bas comme c’est arrivé à certains collègues dans d’autres usines. »

Etc. pour la République

 « Vous vous êtes donc engagé chez les sapeurs pompiers Mais ça n’a pas empêché votre réquisition. Expliquez-nous. »

Claude

« J’ai été mobilisé le 15 novembre 1942. J’étais affecté à l’entretien du matériel et à la sécurité. Peu de temps avant ma démobilisation, j’ai su que c’était fini. Il y a eu une visite médicale de la classe 42. On m’a dit que tous les pompiers étaient en bonne santé ; ce qui signifiait que j’étais bon pour le STO …Peu après, en juillet 1943, j’ai été démobilisé. »

Etc. pour la République

« Effectivement, à ce moment-là, le STO existe officiellement. Pouvez-vous nous parler de votre départ ? »

Claude :

« J’ai reçu une convocation des autorités françaises avec le lieu où je devais me rendre – c’était la gare de l’Est –  la date et l’heure ainsi que le lieu de destination : SAINT-VALENTIN, en Autriche, près de LINZ. A vrai dire je ne me souviens pas de l’heure exacte ; ce devait être à la mi-journée … C’était un train spécial, exclusivement réservé aux requis qu’encadraient des Allemands. Mais c’était un train ordinaire, des voitures de 3ème classe …

Etc. pour la République

«  Et le voyage ? L’ambiance ? … »

Claude

«  Plutôt une bonne ambiance, quoique … Nous avons voyagé sûrement plus de 24 heures avec une étape à Munich. Avant, il y a eu des arrêts techniques : les locomotives marchaient à la vapeur ! De Munich, nous avons été acheminés à SAINT-VALENTIN, près de LINZ. Dans un hangar, on nous a lu des listes pour nous répartir selon les centres de production où nous étions affectés et les baraquements où nous étions logés et qui se trouvaient à l’extérieur de la ville. L’usine était à 3 km de là. »

L’usine, bien dissimulée, fabrique des chars-tigres, une des armes fétiches du régime nazi, puis des chars-panthères.

Etc. pour la République

« Parlez nous de votre emploi du temps et de votre travail. »

Claude

« Service de jour ou service de nuit, c’est douze heures de travail d’affilé. On part du camp pour l’usine une petite heure avant le début du travail car on fait à pied les 3 km qui séparent les baraquements de l’usine. Et l’inverse douze heures plus tard. Théoriquement, on a un jour de congé par semaine ; mais il m’est arrivé, parce que le Meister, le chef, m’avait dans le nez, de faire sept semaines de travail sans un seul jour de congé ! Personnellement je ne travaille pas directement à la fabrication des chars ; je façonne des pièces pour remplacer celles qui sont défaillantes sur les machines-outils utilisées pour cette production de guerre. »

Au début Claude fait la forte tête ; il rechigne au travail qu’on attend de lui et refuse même de le faire. Résultat : au mitard ! Quand il sort du cachot, il se met au travail.

Etc. pour la République

« Pourquoi cette résignation ? »

Claude

« Il faut manger. Nous touchons un salaire si nous travaillons. Avec ce salaire nous payons notre nourriture : pas de salaire, pas de repas … On revient vite dans ce cas à des solutions qui au moins vous garantissent la survie ! »

Quand Claude est parti pour SAINT-VALENTIN, et même depuis son engagement chez les pompiers, la situation militaire et politique avait déjà bien changée.

Dès la fin de 1942, le vent a tourné : les Américains en guerre depuis un an commencent à être opérationnels, les Soviétiques sont sur le point d’entamer leur contre-offensive, les Britanniques résistent et ripostent brillamment. Quant aux  Forces Françaises Libres, elles servent d’appoint non négligeable en Afrique du Nord. Du coup, les nazis perdent le contrôle des mers qui bordent l’Europe à l’ouest et au sud ce qui annonce, dans cette guerre de matériel, qu’ils n’auront pas le dernier mot.

La politique du STO se ressent de cette situation militaire qui s’inverse. L’Organisation TODT** qui travaille à construire le mur de l’Atlantique, de la Norvège à la frontière espagnole, destiné à empêcher un éventuel débarquement des forces alliées (elles ont déjà débarquées en Afrique du Nord, en Sicile et en Italie du Sud) est privée par la brutalité de SAUCKEL d’une partie de sa main d’œuvre ; cette même brutalité indispose le Haut Commandement Militaire en France (MBF) qui ne veut pas que sur le sol français la production destinée à l’effort de guerre allemand soit désorganisée par des prélèvements intempestifs de travailleurs. Le nouveau ministre de l’industrie, Albrecht SPEER, est d’ailleurs de cet avis ; pourquoi faire venir sur le territoire du Reich tant de main d’œuvre étrangère alors que ses sites industriels sont systématiquement bombardés ? Autant la conserver sur place pour qu’elle contribue à l’effort de guerre allemand sans courir autant de risques.  Finalement SAUCKEL est limogé mais sans que les dégâts du STO cessent : la France de Vichy de 1940 à 1944 a livré 600000 requis à l’ennemi (contre 1200000 Polonais et 2000000 de Soviétiques prélevés directement sur les territoires conquis).

Etc. pour la République 

 « N’y a-t-il que des requis français dans ce camp ? »

Claude 

« Pour l’essentiel, ce sont des requis français. Mais il y a aussi des volontaires et des déportés qui viennent du camp de MAUTHAUSEN reconnaissables à leurs tenues. Nous, on a des bleus qu’on laisse au vestiaire avant de retourner aux baraquements. A l’usine il y a des vestiaires et des sanitaires. De bonne qualité d’ailleurs … Au camp on couche dans des lits superposés ; il y a un lavabo dans les chambrées et les latrines sont à l’extérieur … »

Etc. pour la République

« Y a-t-il des frictions entre les requis et les volontaires ? »

Claude

« Non, pas vraiment. On travaille tous dans les mêmes conditions et on est aussi logé à la même enseigne ! Donc pas question d’attirer l’attention du Meister avec ses punitions ! Car les punitions sont dures. Il n’y a pas que le cachot … Par exemple, un gars avait braconné un chevreuil ; ça améliorait l’ordinaire. Des fouilles dans son vestiaire ont permis de retrouver des poils de la bête. Le type a été emmené et on ne l’a jamais revu. Dans l’ensemble, on était plutôt solidaire. Un jour ma paye a été volée ; eh bien, les copains ont fait la quête au point que j’ai reçu plus que ce qu’on m’avait volé ! Plusieurs semaines après on a retrouvé le portefeuille en faisant la vidange des latrines ! Mais on n’a pas retrouvé le voleur même si on se doutait de qui avait fait le coup.»

Etc. pour la République

« Faites-vous tout de même la grève du zèle tout en évitant le cachot ? »

Claude

« Personnellement non. D’ailleurs je ne suis pas à la fabrication des pièces ; j’entretiens et répare les machines. »

Etc. pour la République : « Pour vous, ouvrier mécanicien qualifié, comment se présente la situation de la production qui doit sortir de l’usine dans ces années 43-44 ? »

Claude :

« Je ne peux dire qu’il y a ralentissement. Mais il est vrai que le regard des Allemands change. Au début c’est le mépris permanent. Mais ensuite, ils manifestent leur admiration pour notre savoir faire et la qualité de notre travail. C’est plus un rapport de travailleurs à travailleurs que de maîtres à serviteurs soumis comme au début. »

Etc. pour la République 

«  Vous êtes donc un travailleur requis, un ilote livré par son Etat à un Etat ennemi. Vous êtes cependant rémunéré. Vous pouvez parler de cette rémunération ? Avez-vous un peu de temps libre ? »

Claude 

« On est payé avec de l’argent allemand. Je ne me souviens plus des sommes. Mais avec ça on paye la nourriture. J’ai même pu envoyer un peu d’argent à ma famille … C’est parce que j’avais de l’argent que je suis un jour allé à Vienne. J’ai aussi été voir de loin le camp de concentration de Mauthausen qui était dans le voisinage de LINZ »

La contre-offensive soviétique, l’offensive des alliés occidentaux consécutive aux débarquements en Italie, en Normandie, en Provence, en Grèce, la capacité d’intervention militaire des authentiques Fronts Nationaux de patriotes résistants européens, la défection de vassaux du nazisme en Europe centrale, font reculer la Wehrmacht et ses auxiliaires criminels. Au début de l’année 1945, les troupes allemandes ont été presqu’entièrement refoulées sur le seul territoire du Reich né de l’Anschluss de l’Autriche et de l’annexion de la Tchécoslovaquie en 1938.

Etc. pour la République : «  Avez-vous dans votre camp un écho de ce renversement de situation qui, après la libération de la France (juin-décembre 1944), fait de vous non plus des requis mais des prisonniers ? »

Claude 

« On n’a pas d’information. Surtout qu’on ne reçoit plus de courrier de nos familles. Mais cette absence de courrier indique qu’il y a des changements. A vrai dire, le changement on le découvre vraiment au printemps 1945 quand l’usine est bombardée. Tout ce qu’il reste de matériel, et nous avec, est déménagé plus à l’ouest, dans les environs de  SALZBURG. »

Etc. pour la République

« On vous remet au travail ? Comment se présente votre nouvel hébergement ? »

Claude

« De toute façon, l’usine où on est travaille déjà pour fournir les combustibles aux V1 et aux V2. Quant au matériel déménagé de SAINT-VALENTIN, il n’est pas réinstallé ; alors on ne fait rien. Enfin, on peut toujours aller boire une bière au patelin d’à côté ! On est logé dans une partie de hangar dont l’autre partie sert à stocker des armes et des vêtements pour l’armée. Alors on se sert en profitant de la désorganisation générale ! J’ai récupéré une grosse veste en mouton retourné. Très belle, mais  très lourde ! »

Etc. pour la République

«  En somme, la production de guerre allemande s’arrête avant même votre libération !  Et la « quille » proprement dite ?

Claude :

«  Un beau jour les Américains étaient là ! Ils nous ont dit qu’il fallait aller jusqu’à un aérodrome voisin à quinze-vingt kilomètres de là. Avec trois copains, on a fauché une camionnette et on est parti de nuit. Mais il n’y avait pas assez d’essence. On s’est ravitaillé clandestinement à des bivouacs américains … La tête qu’ils ont dû faire en se réveillant ! Après ça a été très vite. Deux ou trois jours après mon arrivée à cet aérodrome, j’ai été embarqué sur un DC4 – c’était mon baptême de l’air ! – qui a atterri  près de Lille ; de là j’ai pris le train pour Paris. Mon beau frère qui savait que les requis rapatriés d’Autriche arrivaient à la gare du Nord venait tous les jours attendre le train d’où je descendrais un jour. Et un jour, j’étais là ! »

Etc. pour la République

« Avec votre retour en France la page du STO était-elle définitivement tournée ? »

Claude :

« Mon engagement chez les pompiers avait été interrompu par ma réquisition. J’ai donc dû terminer cet engagement jusqu’à la fin de l’année 1945 ! »

Etc. pour la République.

« Vous y repensez ? »

Claude :

« Toutes ces années perdues … Un gâchis. Mais je ne me suis pas appesanti là-dessus après mon retour. J’ai gardé le contact avec certains copains pendant quelque temps. Mais j’ai repris ma vie d’avant. Je n’ai pas volontairement ni vraiment tourné la page. La vie s’en est chargée depuis si longtemps … »

Ils continuent encore et encore… Hélas !

* In Bernd Zielinski, Staatskollaboration, cité par Patrice Arnaud, Histoire des Français requis en Allemagne nazie 1942-1945

** Pour ne pas le démoraliser, la famille de Claude ne l’informe pas que son père a été grièvement blessé en se faisant renverser boulevard Saint-Marcel par une voiture de l’organisation TODT. Il mourra quelques mois après le retour de son fils.

Arsa

Hommage

Le soleil reflète sa gaité dans l’eau de la rivière où naguère tu canotais ; tu as accompagné ta mère et les enfants jusqu’à ce coin de terre. Puis tu es reparti à bicyclette vers Paris, ton usine et la guerre.

Avec des camarades, tu échafaudes des projets pour éviter les serres de l’occupant, et tu t’enrôles dans les pompiers.

Tu es grand, tu es beau, tu es en pleine santé, tu as vingt ans, tu es la proie rêvée pour le travail obligatoire.

Tu es un des huit cent mille Français requis pour le STO, le Service du Travail Obligatoire, par le nazisme et Vichy.

Trois ans et demi de ta jeunesse à travailler dans une usine d’armement d’Autriche : brimades, vexations, punitions pour la main d’œuvre forcée qui remplace les combattants allemands dominant l’Europe…

Trois ans et demi privé des tiens et de leurs nouvelles…

A l’été 1945, les Américains te rapatrient en France : ton baptême de l’air… et ta réincorporation dans les pompiers où tu finis le temps interrompu en 1942 !

Tu n’as pas reparlé du STO durant ta longue vie jusqu’à une causerie de hasard en 2016 ; l’internement des prisonniers, la déportation, l’abominable Shoah pendant ce long intervalle de temps ont peu à peu été dévoilés. Mais le STO validé par des lois françaises ?

Merci Claude pour ta parole !

Claude, tu meurs et tu as parlé…  Tu as témoigné sur cet énorme gâchis commandité par l’État Français !

Pars en paix Claude, et merci pour ta parole.

Arsa